Peasant

Excentrique et britannique, Richard Dawson est bel et bien Anglais. Son sixième disque prouve encore que de l’autre coté de la Manche, on a le droit d’être original! Une bonne raison de regretter le Brexit!

On espère que Richard Dawson réussira un jour à sortir des frontières du Royaume Uni. Ce gars rondouillard de Newcastle est un artiste qui doit absolument être connu ailleurs: il nous console avec le flegme anglais et leurs douces envies d’absurdité. Peasant, son nouvel album, est une aventure. Une vraie de vraie.

Elle commence avec une chanson sous la forme d’une conversation entre deux cuivres. Et l’aventure prend de l’ampleur avec Ogre, un titre de sept minutes qui se la joue troubadour et kermesse. Une réussite que confirme Soldier où Richard Dawson montre qu’il joue bien de la guitare avec des cordes en nylon. L’entrée en matière a en tout cas tout pour réveiller notre curiosité.

La voix est parfois hésitante mais elle ne cache jamais le courage et l’ambition de ce drôle de géotrouvetout de la folk anglaise. Dans la disonnance, il trouve néanmoins un équilibre grace à des paroles denses et des arrangements beaucoup plus justes. Weaver impressionne par ce style artisanal mais derrière très téméraire.

Prostitute souligne l’importance des paroles. Chez lui, c’est un instrument et les limites de la voix peuvent ainsi devenir un atout. Il rappelle un peu le Peter Gabriel des premiers albums de Genesis. Il se donne un air de barde loufoque, imprégné les traditions qui remontent à plusieurs siècles!

C’est Tom Waits qui tenterait une imitation d’Assurantourix dans Astérix! C’est le pays de l’approximation sauf que c’est joliment travaillé. Shapeshifter est totalement abordable même si le musicien semble se saborder lui même. Il aime jouer sur le fil du rasoir, sur des petits riens qui vont tout de même faire la différence. Un blues détraqué, voilà ce qu’il y a dans ce disque étonnant!

Scientist est un banquet festif ou un joyeuse partouze avant gardiste. C’est gargantuesque tout simplement. Son genre “a peu près” révèle un incroyable chanteur déroutant mais d’une générosité à toute épreuve. Il nous en impose mais jamais il nous fait fuir. Même le début chaotique de Hob nous emmène vers une certaine douceur, même un mysticisme étrange.

Beggar vient conclure avec sept nouvelles minutes d’inventions plus ou moins déroutantes puis No-One termine cette aventure assez folle sur une note encore d’espièglerie. Joyeux bouffon, habile conteur, musicien avant gardiste, Richard Dawson est typiquement british… s’il vous plait ne partez pas!!!!

domino – 2017

Auteur: Pierre Loosdregt

Partager cette chronique sur

Submit a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

? * Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.

IP Blocking Protection is enabled by IP Address Blocker from LionScripts.com.