Le Flic de Beverly Hills 2

Youpi revoilà l’été et nos films so eighties et très stéréotypés: on commence fort avec un vrai film qui doit être réhabilité! Bienvenue au pays des filtres, de la beauferie et des valeurs bizarroïdes de Tony Scott!

L’histoire: roi de la tchatche, le policier de Détroit Axel Foley reprend la route pour Los Angeles lorsqu’il apprend que son ami le commissaire Bogomil s’est fait tirer dessus. Une fois de plus, il va mettre à mal le rêve californien.

Le réalisateur: frère de Ridley, Tony vient de réaliser deux films très différents en 1987. On lui doit Prédateurs avec des vampires dandy et érotisés mais on vient de se prendre dans la tronche, Top Gun et ses filtres impayables sur le sourire sublime de Tom Cruise. Hollywood apprécie donc son coté flamboyant pour les besoins de la suite du Flic des Beverly Hills. Par la suite, Scott prouvera qu’il est un grand faiseur, un fou furieux de l’image, le papa du style épileptique qui fera les beaux jours du cinéma de Michael Bay et autre crétin d’Hollywood.

L’anecdote: Le très british Tony Scott arrive donc à Hollywood et tombe sous le charme de la sculpturale Brigitte Nielsen, grande icone blonde des années 80, qui compose le rôle de la tueuse sans pitié. Le problème entre les deux amants a un nom: Sylvester Stallone. Donc il y a de la vanne dans le film autour de la star de Rambo. Après les succès très mitigés des mythiques Rocky IV et Cobra, le couple star est mal en point et Scott est littéralement amoureux de la comédienne, assez limitée, il faut l’avouer.

Le casting: Eddie Murphy est au top de sa carrière. Il est puant et désagréable. On préfère donc parler de l’incroyable trio qui forme le jeune Judge Reinhold, le taciturne John Ashton et le classieux Ronny Cox. Le premier a les meilleurs répliques. Le second a un sens de la comédie qui se révèle des années après. Le troisième est juste le meilleur second couteau des années 80. Ce qu’il va prouver dans Robocop en 1987. On remarquera aussi la présence de Dean Stockwell, hologramme de la série Code Quantum et surtout lauréat de deux prix d’interprétation au festival de Cannes, en 1959 et en 1962. On croise du beau monde à Beverly Hills.

Pourquoi on aime: Le premier épisode était un film noir classique transformé en comédie pour star du one man show. On sentait à quel point le polar se pliait sous le charisme de Eddie Murphy. Avec son style visuel appuyé, Tony Scott impose une vision du film noir où le compromis avec la star est moins évidente. Toutes les scènes sans Murphy sont plus dures et imposent une dissonance avec le reste comique du film. C’est une oeuvre bipolaire. Scott prouve qu’il est de son époque en trouvant l’inspiration dans le cinéma de HongKong et de John Woo. C’est un film assez violent, et proche de l’univers de Scott. On fut surpris à l’époque par cette violence. Maintenant c’est plus cohérent dans la filmographie du petit frère turbulent de Ridley Scott. Comme dans ses autres films, il y a une morne représentation de la société. Disloqué. Perverti. Corrompu. Mais on devine déjà un gout pour l’expérimentation. Ce n’est pas une oeuvre d’art, juste une série B vénère, bien dans ses baskets, à l’aise dans les années Reagan.

1987

Auteur: Pierre Loosdregt

Partager cette chronique sur

Submit a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

? * Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.

IP Blocking Protection is enabled by IP Address Blocker from LionScripts.com.