Cinéma

La conspiration du Caire, Tarik Saleh, Memento films

Dans une Egypte au bord de la guerre civile, le politique et la religion s'affrontent. Un thriller malin qui mérite largement son prix du scénario à Cannes.

Dans une Egypte au bord de la guerre civile, le politique et la religion s’affrontent. Un thriller malin qui mérite largement son prix du scénario à Cannes.

De rebondissements en révélations, le film vous embarque jusqu’à un final vertigineux qui en dit long sur l’état du pays. Mais le réalisateur est d’une habileté redoutable. Tarik Saleh est intelligent et il va lui aussi nous manipuler.

Tant mieux: cela fait souvent du bon cinéma. Tout commence sur une rivière où un père et son fils pêchent pour nourrir leur famille. Le fils, Adam, est accepté à l’université islamique de Al Azhar au Caire, prestigieux phare de l’Islam. 

Le jeune homme découvre la ville, les us et coutumes mais aussi tous les courants qui secouent la religion. Il sympathise avec un jeune homme qui sera tué par des hommes armés de couteaux.

Durant l’enquête, l’étudiant rencontre un colonel qui travaille pour la sûreté de l’État. Sympathique, le militaire a en réalité une mission très précise: faire plier l’indépendance de l’université et faire élire un imam proche des idées de la présidence.

Et comme notre innocent héros, nous plongeons dans les coulisses du pouvoir où l’hypocrisie règne et les faux semblants se multiplient. Au milieu de ce repère de requins, il y a ce petit poisson pour qui on a peur. 

Le réalisateur colle sa caméra derrière cette victime d’un complot qui va bien entendu nous faire perdre pied. On se rend compte des dangers mais le scénario nous cache quelques surprises. 

Comme le personnage central, on se retrouve dans une atmosphère étouffante et les rues du Caire deviennent le labyrinthe d’une lutte d’influences scandaleuse et dévorante. Grâce au montage, les comédiens et même la musique, La Conspiration du Caire est un thriller effrayant qui coupe vraiment le souffle. 

Efficace, politique et ludique, ce film est un acte fort et loin de tout manichéisme. Du cinéma. A voir au cinéma. Et vivre des vertiges d’ailleurs!

Sortie le 26 octobre 2022
Titre original: Boy from Heaven
Avec Tawfeek Barhom , Fares Fares , Mohammad Bakri
Memento – 1h59

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