Ich bin Charlotte, Doug Wright, Thierry Lopez

 

Il est Charlotte, travesti traversant le nazisme et le communisme, les bombardements et les humiliations, le mur et les interrogatoires, les aventures et les rencontres.

Il est Charlotte, une histoire vraie une enquête une actualité une humanité.

Il est Thierry Lopez, une découverte, un éblouissement, un comédien surdoué.

Il n’est pas seulement Charlotte, mais vingt autres personnages qui dressent autour de Charlotte le récit de sa vie, font et défont sa réputation, ses définitions.

Il est un corps gainé de noir, un corps sensuel, un corps transformé.

Dès l’enfance, et dès la première image bleue de nuit – car la beauté de cette mise en scène, le langage des lumières, font de chaque moment un tableau vivant dont Charlotte est le motif central –son corps éclot à la lumière, un corps sur talons aiguille, une ambiguïté qui nous conquiert instantanément.

Lorsque sa voix s’élève s’entendent des voix, des récits, des identités, l’Histoire s’écrit à travers le corps de cet homme devenu femme. Il est tant d’histoires, il est tant l’Histoire qu’il est véritablement un Musée puisque ce musée a existé, protégeant les meubles, la musique, les marginaux, un musée qui fut un refuge, un cabaret et le grenier du monde, un musée qui est la mémoire, des Juifs, des homosexuels, le musée de tous les autres.

Ich bin Charlotte, il est le gardien, si intense que les tempêtes fasciste et communiste ne le renversent pas.

Ich bin Charlotte, il est une « sorte d’impossibilité », qui trouve cependant les mots et le corps pour exister comme homosexuel sous le IIIe Reich et le communisme.

Il défie les catégories, sa jupe noire tournoie, il refuse de porter arme et uniforme, bête à abattre il marche avec grâce sur les ruines, fils d’un père nazi il devint Charlotte en bas résille et short lamé.

Ich bin Charlotte, il est la vie même, alors que le mur s’élève, contraignant les homosexuels à la plus grande clandestinité, il ouvre son musée, recouvre les vitres de noir, créé le lieu secret.

Ich bin Charotte, ombres et lumières, en équilibre sur ses talons aiguilles, entre le bien et le mal, la collaboration et la survie, les bégaiements de l’histoire.

Ich bin Charlotte.

Qui est Charlotte ?

À quelle histoire voulez-vous croire ?

 

 

 

ICH BIN CHARLOTTE
De Doug Wright
Avec Thierry Lopez
Adaptation Marianne Groves
Mise En Scène Steve Suissa
Théâtre de poche, 75 Boulevard du Montparnasse, 75006 Paris

 

Auteur: Perrine Le Querrec

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