Grey area

Je vous le dis mes frères (et mes soeurs): le rap a désormais une vraie nationalité. Tout se passe en Angleterre. La preuve avec une MC qui a de l’intelligence et des idées.

Les Américains bombent le torse. Ils en font des tonnes. Ils ont toutes les raisons de s’inquiéter. Le trop est bien souvent l’ennemi du bien et le rap américain devient de plus en plus caricatural, et ce n’est pas en France que cela se passe bien pour le genre.

Bien au contraire. Plus mélomane, l’Anglais assure la résistance aux conventions et au mauvais gout. Après Loyle Carner et son flow détendu, voici Little Simz, petite bonne femme qui a la bonne idée d’être mélomane.

Son rap va à l’essentiel. Il emprunte pas mal à ses ainés. Ceux qui furent nourris de funk et de groove. Sa musique cache une douce mélancolie que l’on ne connait plus.

On ne va pas mettre cela sur sa féminité, mais Little Simz caresse l’auditeur dans le sens du poil. Ca ne veut pas dire que c’est banal. Bien au contraire. L’urgence de son écriture peut s’accompagner de violons, de guitares et pas seulement de gros beats qui défoncent tout sur son passage.

Elle gagne en efficacité. Comme sa pochette en noir et blanc, la demoiselle soigne l’ambiance. Avec ses moyens, elle arrive à s’imposer et surtout surprendre. Ca faisait longtemps que ce n’était pas arriver dans la musique la plus industrielle de la planète! Cette petite Anglaise fait la leçon à ses compères, prouve que la mélodie a son importance et nous offre un très beau disque! Rien à dire: tout à écouter!

Auteur: Pierre Loosdregt

Partager cette chronique sur

Submit a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

? * Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.

IP Blocking Protection is enabled by IP Address Blocker from LionScripts.com.