Golem le tueur de Londres

Ha les mystères de la distribution! Pour des comédies françaises réalisées comme des téléfilms, de grands films étrangers n’ont le droit qu’à la VOD. La preuve avec ce polar incroyable qui vous met la tête à l’envers.

C’est bel et bien l’ambition de Juan Carlos Medina, auteur d’un petit film de genre espagnol, Insensibles, remarqué et remarquable. Là bas, le film de genre a été compris et digéré par toute une génération qui s’amuse bien, ce qui n’est pas vraiment le cas chez nous! Mais bon arrêtons de nous morfondre, puisque nous sommes en face d’un très bon polar.

Medina se fait son “From Hell” rien qu’à lui. Il s’émancipe de la légende de Jack L’Eventreur pour simplement réinventer le style gothique, la violence craspec et la narration éclatée. Le héros de ce film est balancé dans une intrigue floue et inquiétante.

L’inspecteur Kildare reprend une enquête qui inquiète la ville de Londres. En 1880, la capitale gadoueuse et industrielle est le théâtre d’un odieux meurtrier. Une véritable légende urbaine nait autrour des assassinats ignobles et notre pauvre inspecteur doit vite éteindre l’incendie qui met le feu à la population.

Il rencontre de nombreux témoins et le film se construit autour de différents points de vue. Petit à petit, le thriller se met en place et la méthode de Medina devient une puissante arme pour nous passionner sur un théme ultra rabaché: la découverte et la neutralisation d’un serial killer.

Les images sont belles. La musique nous captive. L’atmosphère de la ville est bouillonante. Avec peu de moyens, Medina réussit un tour de force épatant. On est ravi d’être dans les bas fonds de Londres. Les acteurs sont impressionnants. Bill Nighy, remplace Alan Rickman, trop vite parti, pour jouer un policier perdu dans des enjeux politiques et des mensonges incroyables. Olivia Cooke joue une femme qui rêve d’émancipation dans un monde de brutes. Tout le monde est à sa place pour un thriller historique mais surtout labyrinthique.

Constamment le réalisateur remet en cause ce qu’il a montré juste avant. Il joue avec le temps. Il jongle avec nos émotions et on se fait avoir. Le seul regret c’est de ne pas voir ca sur grand écran!

Avec Olivia Cooke, Bill Nighy, Douglas Booth et Daniel Mays – 2017

Auteur: Pierre Loosdregt

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