Feeding seahorses by Hand

Bille Marten appartient à la nouvelle génération de chanteuses qui d’abord apparaissent sur Youtube avant d’intéresser les maisons de disques.

Plus de clics et tu peux être sûr que tu finiras par intéresser un producteur à la recherche de nouveauté. La demoiselle, précoce et douée, a le même destin que Tash Sultana et quelques autres.

La musique et la vidéo étaient pour elle un échapattoire. Son talent s’est répandu sur tous les réseaux. Mais surtout la blonde Billie Marten cache de profondes blessures. Elle souffre de dépression et d’anxiété.

Cela n’empêche: elle a signé avec une grosse compagnie qui lui fait confiance. C’est déjà donc son second album après un premier essai en 2016.

A vingt ans, elle fait preuve d’une grande maturité. Les chansons sont âpres dans ses propos mais dans la forme, c’est très agréable. Elle nous berce sur des refrains délicats.

Sa voix frissonne et donne une belle sensation de confidences. Partie du Yorkshire pour Londres, la jeune femme n’a rien perdu de son charme. Son disque aurait presque la nonchalance d’un jazz urbain mais humble.

C’est ce que l’on aime dans cet album: elle prend son temps. Le succès pourrait attendre. Elle s’attarde sur des rythmes qui ne vont pas trop vite. Elle continue de croire aux vertus d’une guitare sèche, aidée par des petits sons intrigants.

Autant de mélancolie à 20 ans, c’est peut être pas si sain mais ce qu’elle en fait force le respect.



RCA – 2019


Auteur: Pierre Loosdregt

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