Contre toute attente

Avant Sharon Stone, avant Glenn Close, l’objet de désir ultime au cinéma c’était…Jeff Bridges. L’interprète du Big Lebowski n’a jamais été aussi beau que dans Contre toute attente, polar lent mais haletant.

L’histoire: on peut se demander si le scénario complexe et absurde du Big Lebowski des frères Coen ne serait pas un clin d’oeil à l’intrigue tortueuse de Contre toute attente, remake de La Griffe du Passé, film noir de 1947 avec Robert Mitchum. Cette fois ci, c’est un vieux jouer de football mis sur la touche qui se voit payer pour rechercher une jeune femme au fin fond du Mexique. Bien entendu il en tombe amoureux et c’est le début des ennuis pour cet homme blessé…

Le réalisateur: Taylor Hackford est le yes man par excellence à Hollywood. Il est compétent. Ses films sont souvent bien faits. Il n’a pas peur de diriger des stars et ne manque pas d’ambition. Il réalise Contre toute attente juste après son premier succès populaire, le cultissime Officier et Gentleman. Passionné par la musique, on lui doit aussi le très eighties Soleil de Nuit et surtout il se rappellera à notre bon plaisir avec la bio de Ray Charles en 2005. Signe particulier du bonhomme: ses films sont souvent trop longs et ce n’est pas toujours justifié!

L’anecdote: Taylor Hackford a souvent célébré la musique dans ses films. Cela a une place importante dans l’oeuvre du réalisateur de Hail Hail Rock’nroll, documentaire sur Chuck Berry. Contre toute attente n’a pas laissé une grande trace dans l’histoire du cinéma mais a délivré l’un des premiers tubes sirupeux de Phil Collins, échappé de Genesis et futur roi du pop rock.

Les acteurs: Bon bah voilà, il y a juste un duel sous le soleil californien qui vaut son pesant d’or. D’un coté, il y a le beau Jeff Bridges, mauvais garçon barbu mais grand sentimental. Face à lui, il y a le machiavélique James Woods, vénéneux à souhaits, en admiration devant Richard Widmark qui fait ici sa dernière apparition au cinéma.

Pourquoi on aime: Los Angeles est peut être l’enjeu de ce film qui joue entre polar et romance de manière maladroite. Hackford n’est pas un grand cinéaste mais sa description de la ville californienne est franchement fascinante entre les clubs de foot, les collines sauvages ou Sunset boulevard, lieu plus sauvage qu’il n’y parait. La ville porte toutes les ambiguités d’un monde qui ne tourne qu’autour de l’argent et du pouvoir. Dans sa partie noire, le film est passionnant et vieillit bien grâce à ses acteurs. Pour la partie sentimentale, ca se gate un peu avec des scènes stéréotypes, faussement érotiques et pas toujours crédibles. Mais le mélange ne manque pas de saveurs et c’est souvent un régal à revoir!

Auteur: Pierre Loosdregt

Partager cette chronique sur

Submit a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

? * Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.

IP Blocking Protection is enabled by IP Address Blocker from LionScripts.com.