Bright

Bright, le premier blockbuster de Netflix s’est fait détruire par la presse américaine. Dans l’inconscient, le film de David Ayer a tout pour être l’ennemi du cinéma. Mais il est juste l’ennemi du bon goût! Rien de plus.

Car le nouveau film de David Ayer est assez laid. On ne va pas parler de son héros orque qui n’est pas très beau. Non, on va effectivement critiquer la photo du film, jaune pisse et on a le triste sentiment de voir un cinéaste incapable de filmer Los Angeles et ses crimes.

Michael Mann a marqué son art avec sa facon naturaliste de filmer la violence urbaine et son décor. Beaucoup de réalisateurs veulent faire la même chose sans aucun talent. Et le style de David Ayer s’est beaucoup détérioré depuis qu’il a essayé de faire un film de super héros, Suicide Squad. Pourtant il fut l’auteur de quelques polars secs et californiens.

Ici il rapproche donc l’heroic fantasy au polar. Les orques, les elfes et autres personnages légendaires partagent notre quotidien. Il y a longtemps, on s’est mis royalement sur la tronche mais depuis la dispartion du Dark Lord, la paix est relative et la coexistence entre les races se fait malgré tout.

Car les problèmes sociaux sont les mêmes. Les Elfes sont des riches et les orques, de grosses racailles à grosses dents. Au milieu, il y a un flic taciturne obligé de faire équipe avec le premier flic agent de police avant tout!

Sa vie n’est pas simple. Et elle va se compliquer le soir où il met la main sur une baguette magique et une elfe apeurée. Les ripoux veulent lui faire la peau. Un trio d’elfes albinos veulent lui faire un peau. Un gang veut lui faire la peau. les fédéraux de la magie veulent lui faire la peau. Bref, bright veut dire brillant, mais ce flic passe une sombre soirée.

Les ambitions de Ayer sont évidentes. Un gros buddy movie avec une touche fantastique. Une Arme fatale cruelle et uchronique. Un navet sans humour mais rigolo. Car Ayer imite en réalité une série B de 1987 où les monstres étaient des aliens: Futur Immédiat Los Angeles.

Bright est donc le miroir déformé du Los Angeles actuel. Mais c’est à peu près tout ce qu’il y a à voir dans ce polar répétitif et sans grande imagination. L’enjeu industriel semble plus important que l’identité artistique du film. Will Smith s’ennuie. Les méchants orques sont ridicules. La violence est mal placée. Noomi Rapace continue de s’enterrer dans des séries B qui ne sont pas à la hauteur de son talent. L’action est prévisible. Ce n’est pas un gros navet honteux. Mais juste un film paresseux qui gache une drôle d’idée. Si la liberté des séries impressionne à la télévision, ce n’est pas encore le cas des blockbusters produits par la télévision. Netflix n’a pas encore sorti son grand film populaire. Petit écran, petites ambitions!

Avec Will Smith, Joel Edgerton, Noomi Rapace et Edgar Ramirez – 1h50 – Netflix – 2017

Auteur: Pierre Loosdregt

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