Art-scène, Exposition

Diana Lixemberg, American Images, MEP-Paris

Un après-midi libre devant moi, l’envie d’aller voir une exposition tranquille, loin de la foule. Exit, donc, l’exposition Martin Parr au Jeu de Paume qui affiche complet. Pourquoi pas aller à la MEP, charmant lieu d’exposition du quartier St Paul, en plein cœur historique de Paris ? Bonne pioche car l’exposition Diana Lixemberg est remarquable !

Je n’avais jamais entendu parler de cette photographe sexagénaire d’origine batave installée depuis plus de quarante ans aux USA et me réjouis d’avoir découvert son travail.

L’exposition mêle des portraits de célébrités (Iggy Pop, Whitney Houston, Prince, Biggie, Tupac etc.) et de parfait·es inconnu·es, qui tous sont aussi beaux, aussi sensibles, aussi respectueux du modèle les uns que les autres. La photographe cherche manifestement à valoriser une personne, qu’elle soit connue ou pas n’y change rien. Et, surtout, elle parvient à saisir une profondeur chez ses modèles, à en dresser un portrait qui dépasse les apparences. D’ailleurs, Diana Lixemberg travaille à la chambre photographique 4×5 pouces, sur trépied, ce qui requiert patience et coopération du modèle et accroit la précision des photographies. Et elle sait se faire apprécier car elle ne triche pas.

A côté des portraits décalés de célébrités, Diana Lixemberg donne à voir la face cachée de l’Amérique entre bordels et quartiers défavorisés. Mais ce n’est jamais glauque ni misérabiliste. Diana Lixemberg n’exploite pas la misère, elle rend hommage à des individus qui n’ont pas forcément gagné à la loterie de la vie. Lorsqu’elle se rend dans un centre d’accueil pour sans-abris, elle prend en photo les résidents en extérieur, elle les sort de leur condition.

Ce que j’ai trouvé très beau, c’est la façon dont Diana Lixemberg tombe amoureuse de ses modèles, au point de transformer ce qui devait n’être au départ qu’une commande temporaire en un travail au long cours, en un grand projet documentaire et social.

Ainsi, son reportage photographique sur un quartier de Los Angeles après les émeutes de 1992 se transforme en une série documentaire de plus de trente ans (“Imperial Courts« ) ! On y voit un quartier défavorisé et la force de ses habitants qui reconnaissent la bienveillance de la photographe qu’ils finissent par surnommer The Lady picture.

Dans la même veine, j’ai aussi beaucoup aimé la série “The Last Days of Shishmaref” (encore une série au long cours !) qui montre une communauté en Alaska littéralement menacée de destruction par le bouleversement climatique.

Ce qui est constant, c’est qu’avec Diana Lixemberg, que l’on soit célèbre ou pas, tout le monde est beau !

Jusqu’au 24 mai 2026
Maison Européenne de la Photographie Paris
, Paris IVème
TP 13€

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