Coralie Akiyama
Sep02

Coralie Akiyama

1)   Parle-nous un peu de toi et de ton parcours Je vis depuis plus de 10 ans au Japon, mon pays d’adoption. Je suis née à Montpellier, une ville à laquelle je suis très attachée et où j’espère revenir un jour. Mon parcours est une fuite. C’est une malheureuse mais belle échappée au cours de laquelle j’ai beaucoup appris. 2)  Tu as commencé à écrire à quel âge ? Le déclic ? Vers 16 ans. Le déclic a été le sentiment d’être en danger. J’écrivais pour me recueillir, me retrouver et préserver mon intégrité. J’essayais de mettre des mots sur une souffrance diffuse et partagée, des mécanismes que je ne comprenais pas. Mon professeur de lettres en hypokhâgne énonçait souvent cette formule : « la maladie, c’est du mal à dire ». C’est le nénuphar du poumon de Chloé dans « L’écume des jours » de Boris Vian. Symboliquement, et même parfois physiquement, le corps exprime ce qui ne l’a pas été par des mots. Dans « Mars », le jeune auteur suisse Fritz Zorn issu d’une famille bourgeoise de la Rive Dorée de Zurich écrit alors qu’il se sait condamné par un cancer qu’il attribue en partie à son éducation. 3)  Avant ton roman, tu as publié autre chose ? Non, « Féérie pour de vrai » est le premier ouvrage que j’ai publié. 4)  Quels livres lis-tu ? Tes ouvrages préférés? « Mort à crédit » de Céline, «La Métamorphose» de Kafka, « Les Nourritures terrestres » de Gide, et l’oeuvre de Boris Vian. Parmi mes lectures récentes, j’ai particulièrement aimé « Rage Mue » de Jean Palomba. 5)  Pourquoi avoir choisi les éditions Moires ? Pour la diversité des genres, des formes, et la place qui est faite aux écritures émergentes. L’éditrice Virginie Paultes est une personne toute frêle, nourrie de passion pour des textes à lire, à écouter ou jouer. Elle les publie au coup de coeur, parfois contre une logique de rentabilité. Je trouve la démarche courageuse. Cette authenticité se ressent dans les choix éditoriaux. 6)  Ton livre ne ressemble à aucun autre : moitié réaliste moitié fantastique. C’est un choix ou ça t’est venu comme ça ? J’ai voulu écrire de la manière la plus libre possible. Les frontières entre le possible et l’impossible y sont poreuses comme dans un rêve, j’aime cette élasticité. Le fantastique et la dérision sont des moyens de mettre le monde à distance. Sans cette distance, je n’aurais pas été capable d’aller jusqu’au bout de la « Féérie ». 7)  On y sent nettement l’influence des mangas japonais ou je me trompe ? Oui, on me dit souvent que l’influence se ressent dans la narration. J’affectionne particulièrement les anti-héros des mangas japonais. Un lecteur...

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