The spy gone north

Histoire vraie et vrai film de cinéma surtout, The Spy gone North prouve bien que la Corée du Sud est le premier dealer de véritables spectacles populaires.

Cela fait bien une dizaine d’années que l’on constate que c’est là bas que les talents éclosent et que les blockbusters ne sont pas des machines à fric ou des objets frustrants. La vigueur de la série B et du film de genre de la Corée du Sud est incroyable. Elle rassure les cinéphiles qui ne peuvent plus supporter la frigide attitude d’Hollywood.

C’est donc en Asie que l’on trouve les meilleurs cinéastes, les projets les plus fous et les polars les plus hardcore. Désormais, les Coréens montrent qu’ils ont tout compris à l’art du film d’espionnage.

De la duplicité, il y en a. Des trahisons aussi. On pourrait même trouver le film très long à démarrer. Il faut dire que le réalisateur a le culot de coller à la réalité. Il raconte un récit inspiré de Black Venus, un espion sud coréen qui a su convaincre les sommets de la dicture du Nord.

Au début des années 90, la Corée du Nord fait trembler le Monde avec son hypothétique programme nucléaire. Le sud a des suées et envoie donc un ancien militaire qui se fait passer pour un homme d’affaires… On devine alors les coulisses de la politique dans cette zone chaude de la planète.

Ca fait peur mais le cinéaste a surtout la très bonne idée de fuir petit à petit le contexte géo stratégique. Le film met en place lentement des personnages. Ce sont eux qui vont nous faire vivre ce moment sombre de l’histoire des deux Corées.

Et les ambiguités de chaque parti vont ensuite faire le reste… c’est à dire un grand film d’espionnage, virtuose malgré quelques passages un peu touffus. La reconstitution minutieuse s’efface pour des héros forts, passionnants et ambivalents.

Il y a du Hitchcock dans sa mise en scène. Il y a de l’emphase qui ne tourne pas à la démonstration. La narration historique tourne au conflit plus intime. Le classicisme finit par bousculer le spectateur. The Spy gone north est une surprise qui cache bien son intensité et fera le bonheur de tous les amateurs de bons thrillers!

Avec Hwang Jeong-min, Sungmin, Jo Jin-woong et Joo Ji-Hoon – metropolitan filmexport – 7 novembre 2018 – 2h20

Auteur: Pierre Loosdregt

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