L’heure de la sortie

Depuis le Village des damnés, on le sait : il faut se méfier des enfants. Un réalisateur français a retenu cette leçon pour un joli film de genre comme on en fait rarement chez nous.

C’est la bonne nouvelle de L’Heure de la sortie. Voilà une œuvre qui n’a pas peur de se frotter aux genres. De la science fiction. De l’épouvante. En tout cas, Sébastien Marnier, repéré avec Irréprochable, se fait un malin plaisir à nous baigner dans les eaux troubles du malaise et du doute. Il extrapole sur notre époque. L’écologie et la paranoïa deviennent des sources d’un récit plus que lucide!

Du cinéma donc ! Un professeur, un poil aigri, enseigne dans une institution bourgeoise après le suicide d’un collègue. Il dirige une classe de troisième où les enfants sont surdoués. Six d’entre eux se comportent de manière étrange…

C’est parti pour une lente descente aux enfers où notre brave fonctionnaire va se retrouver face à des actes illisibles ou carrément dangereux. On n’en dit pas plus : Sébastien Marnier fait monter la sauce avec beaucoup de délicatesse.

Il a le sens de l’image et du détail. Les gamins lorgnent vers un nihilisme. Ils se comportent comme une secte et à une époque où chacun justifie sa vérité, avec violence: ce point est d’une lourde et effrayante actualité.

Mais ce n’est pas une œuvre démonstrative. C’est la seconde bonne nouvelle du film. Le cinéaste dépeint le corps enseignant avec cet art de la suggestion. Tout comme les enfants. Les seconds rôles ont alors de l’importance. La musique aussi. Le décor aussi. Très vite, L’heure de la sortie ressemble à une franche réussite.

On n’est peut-être un peu déçu par une fin trop cinglante mais on est bluffé par l’interprétation menée par un Laurent Lafitte simplement exceptionnel. Lui-même finit par nous inquiéter. Ce sont tous les non-dits du film qui fabriquent une tension quasi cataclysmique. Le film questionne le spectateur et ne lui laisse aucun répit. Maitrisé, le film sonne peut être le retour du film de genre à la française !

Avec Laurent Lafitte, Emmanuelle Bercot, Pascal Greggory et Grégory Montel – Haut et court – 9 Janvier 2019 – 1h40

Auteur: Pierre Loosdregt

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