La voie de l’écuyer, Académie équestre de Versailles, sous la Direction de Bartabas, Opus 2020

(c) A. Poupeney

Je ne connais pas le monde du cheval et nourris presque de la méfiance pour ce milieu qui me semble parfois excluant et autoritaire.

Mais la curiosité et, avouons-le, un brin de fascination, m’ont donné envie d’aller voir ce spectacle avec ma fille de six ans.

« La tradition est la déformation d’un message à travers les multiples maillons de la chaîne. Il arrive un moment où il faut revenir à l’origine ». C’est avec cette citation de Pierre Boulez puis une séance de kyūdō – trois archères tirent des flèches dans des gestes lents et solennels – que débute la reprise de l’académie équestre de Versailles, dirigée par Bartabas.

Le contraste de l’enceinte : la sobriété de la pierre, du sable, du bois brut structurant les gradins et balcons, la majesté des miroirs immenses et des lustres aussi légers qu’imposants.

Les portes s’ouvrent, les chevaux entrent…

Les tableaux se succèdent, entrecoupés du passage d’un cavalier sur un magnifique cheval noir se déplaçant gracieusement, où la musique cède place à des citations sur l’art équestre et la science de l’écuyer. Il est question de dialogue en tête-à-tête avec le cheval, d’humilité, d’abnégation, de répartition harmonieuse du poids, d’équilibre, de sentiments, de cœur.

Et en effet, l’on n’est point ici pour assister à une démonstration de force ou à de spectaculaires prouesses techniques. Le spectacle qui s’offre à nos sens est bien plus subtil.

Tout y est sobre et majestueux : les costumes, le lieu, l’apparat des chevaux, la musique.

Le contraste encore entre la maîtrise et la rigueur qu’impose la discipline et la légèreté et la joyeuse liberté.

Quel tendre tableau que ces jeunes poulains gambadant librement, se caressant les uns contre les autres, se roulant dans le sable.

Le spectacle, accessible à tous publics, semble imposer le respect : par miracle, nous n’avons pas aperçu un seul smartphone s’éclairer ou se brandir.

Personnellement j’ai regretté un peu l’omniprésent fond musical ; j’aurais voulu mieux « sentir » la présence des animaux, leur odeur, le son des sabots sur le sable, le cliquetis des mors, le bruit du souffle exprimé par les nasaux.

Qu’importe, on savoure tout de même cette délicieuse parenthèse de reconnexion au sensible.

Bref, allez-y, c’est une thérapie de laquelle on revient comme d’une balade en forêt.

Quant à ce qu’en a pensé ma fille : « c’était trop bien ! »

A l’issue de la représentation, nous sommes invités à visiter les écuries.

A partir du 17 février 2020
« La voie de l’écuyer »,
Académie équestre de Versailles, Versailles
Les samedis à 18h et les dimanches à 15h.
Tarifs : 16 à 25€.
Réservation obligatoire.
www.bartabas.fr

Auteur: Annie H.

Partager cette chronique sur

Submit a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

? * Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.