Douleur et Gloire

Pedro Almodovar se livre. Le filtre est plus mince que jamais. Il retrouve Antonio Banderas, double malicieux du cinéaste. Les retrouvailles sont sincères mais un peu vaines.

Que c’est beau, un film d’Almodovar! Comme un Woody Allen, c’est un rendez vous. Dont on ressort rempli et heureux. Raffiné, le cinéaste parle de lui pour toucher à l’universel. Ses coquetteries cachent une profondeur qui fait aimer son cinéma et le septième art du manière générale.

Douleur et Gloire n’échappe pas à la régle. Les décors sont chiadés. Les femmes sont fanstasmées. Le scénario se vend au dieu cinéma. Les entourloupes de Almodovar sont finalement louables car tout est tourné vers cet art qui a fait d’Almodovar, une référence internationale. Les jeux de miroir ont été sa marque de fabrique.

Cette fois, il se regarde frontalement. La seule astuce: il retrouve son complice d’Attache Moi, Antonio Banderas. Le comédien jubile à se faire la tête de Pedro. Il embrasse tous ses angoisses et toutes ses drôles d’habitudes.

Salvador Mallo est donc un réalisateur sans idée et sans scénario. Il n’est que douleurs. Il vit avec ses médicaments, sa secrétaire et sa bonne. Il doit pourtant sortir de sa retraite lorsque son plus grand succès doit être célébré par la cinémathéque. Le passé refait surface…

Et notre homme est submergé, entre un comédien faché, des habitudes toxiques, un ancien amant et surtout des souvenirs prenants de sa maman. Et au milieu de tout cela, il y a le cinéma. Cette passion dévorante. Ce recul nécessaire. Cette clef de voute à l’existence dans le cas du héros et du véritable Almodovar.

Douleur et Gloire est un film sur le cinéma, véritable colonne vertébrale d’un anxieux défaitiste un peu misanthrope. C’est le bilan de santé d’Almodovar. Le cinéma construit et nourrit les souvenirs. Il s’en inspire. Pour Almodovar, c’est une grande lessiveuse de sentiments.

C’est donc très beau. Mais peut être un poil convenu. Le couplet personnel sur la mère ressemble à une redite de certains de ses films précédents. Il n’y a pas de surprise. Mais il ne faut pas bouder son plaisir quand un grand comédien retrouve un grand cinéaste, il y a forcément un fascinant spectable à admirer! Ce n’est pas douloureux, ne vous inquiétez pas!

Avec Antonio Banderas, Asier Etxeandia, Leonardo Sbaraglia et Penelope Cruz – Pathé – 17 mai 2019 – 1h50

Auteur: Pierre Loosdregt

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