Captured Live!

Votre serviteur a quarante ans et en 1976, un fou furieux de la guitare faisait une sortie remarquée et remarquable.

Tout jeune quadra a pris dans la tronche la vague grunge et le déferlement heavy des années 90. Ca fait peut être rêver les petits hardos d’aujourd’hui. Mais au début des années 90, on a vu le succès incroyable de Nirvana, Pearl Jam, Guns’n’roses, Rage Against the Machine, Soudngarden, Metallica ou encore Faith No More. Il ne fallait pas être frileux des oreilles à cette époque.

En tout cas, une génération a profité de tous ses chevelus pour découvrir derrière tous ses disques furieux, les ancêtres de cette musique bruyante. Il y a bien entendu Hendrix mais d’autres “guitar-hero” comme le sympathique Johnny Winter. Toute personne qui découvre Captured Live! sera estomaqué par la performance de ce musicien hors pair, sorte de corbeau décoloré adepte de la reprise en accéléré!

Un déluge de décibels vous tombe sur le coin de l’oreille. Une guitare se fatigue à réciter tout le blues en quelques minutes. Johnny Winter est une homme pressé et brillant !

Les premières secondes de cet album live de Johnny Winter sont abasourdissantes. On se pose sérieusement la question: combien de mains grattent le manche de la six cordes de Johnny Winter ? Cet albinos aux cheveux longs a tout du grand sorcier du blues.

A cette époque, il est sacrément dépendant aux produits les plus toxiques et prohibés. Cela explique en partie cette envie folle de cuisiner et avaler du blues à toute vitesse. A coté, ZZ top ou Lynyrd Skynyrd sont des débutants. Tout juste bons à chatouiller Jeux Interdits à la guitare. Bony Moronie de Johnny Winter est une déferlante électrique qui n’a pas d’équivalent.

Au bout des 7 minutes de Bony Moronie, vous êtes à genoux, essoufflés devant l’esbroufe génial de Johnny Winter. La suite de l’album va dans ce sens. Tout amateur de rock sera fasciné par ce guitar-hero pas assez célébré à notre goût. D’ailleurs l’artiste ne freine jamais ses envies: Roll with me, exemple de blues pour stadium surchauffé enchaine avec un Rock’n’roll people écrit pour lui par un certain John Lennon. Le binoclard fut lui aussi envouté par la magie moite et brute de Johnny Winter, souvent secondé par son frangin, Ed.

Les chansons s’allongent mais conservent cette satanée attitude, pleine de sueurs, d’électricité et de plaisir. Les démons du rock hurlent à travers l’instrument de Winter. Ils charment à mort et n’hésitent pas à jouir. C’est du rock démoniaque issu de la rencontre mythique entre Robert Johnson et le diable au fin fond du sud des Etats Unis.

Ce live capture en effet ce blues rock de légende. Depuis, ils furent nombreux à tricoter des riffs acrobatiques. Mais personne n’a eu la folie et la fièvre de Johnny Winter. Revenons à nos moutons: les six chansons de ce live résument tout simplement tout ce que l’on peut apprécier dans le blues rock. Il y a la performance et le coeur. Winter et ses potes exécutent des titres de Bobby Womack et de Bob Dylan avec une énergie brutale et lyrique. Ca va vite et comme un tour de magie, on se demande comment il fait pour se réapproprier de tels monstres sacrés.

Avec son frère Edgar, ils se sont faits un nom dans le milieu cependant ce marathonien de la six cordes n’a jamais eu la véritable reconnaissance de son vivant. On profite de la chaleur de l’été pour que vous transpiriez un peu à reproduire les joutes électriques de cet incroyable guitariste.

Columbia – 1976

Auteur: Pierre Loosdregt

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