Cinéma

Belfast, Kenneth Branagh, Universal Pictures France

Belfast et sa guerre de religions. Un sujet difficile et traité avec une légèreté presque indécente par un cinéaste inégal mais tellement amoureux de son art !

On peut finalement beaucoup pardonner à Kenneth Branagh. Il a énormément de défauts mais il a une passion sans limite pour son art et cela se voit à l’écran. Il a eu des ratés. Il erre à Hollywood comme un Yesman assez sage. Mais il continue coûte que coûte à défendre son cinéma plein, énorme et généreux.

Il n’y a pas (ou peu) de cynisme chez ce cinéaste connu pour son admiration pour Shakespeare. Il lui emprunte l’emphase depuis son tout premier film, Henry V. Et depuis il déroule une carrière hésitante mais menée avec une fougue qui force le respect.

Il ne faut donc pas compter sur lui pour vous raconter frontalement le drame de l’Irlande du Nord. Branagh est un romanesque et un romantique. Il va donc s’en tenir à ses souvenirs et les sublimer dans un film d’une tendresse presque hors de propos par apport au conflit nord irlandais. Certains vont hurler devant tant de naïveté mais, dans notre époque, ce point de vue est assez vivifiant.

Car le réalisateur de Peter’s Friends s’applique à suivre Buddy, jeune garçon de huit ans, amoureux de la première de sa classe et complice de ses grands-parents, face au début de la guerre entre protestants et catholiques. C’est un enfant et Branagh restera à sa hauteur.

Ajoutons à cela un magnifique noir et blanc et nous fuirons ainsi les violences et les horreurs des troubles de Belfast. Face à l’histoire s’installe une chronique familiale douce, stéréotypée mais transcendée par une mise en scène qui colle aux idées d’un enfant qui va bientôt perdre son innocence.

Ici, c’est l’intime fantasmé plutôt que la grosse démonstration, mais toujours résiste ce goût pour l’image qui en dit plus que le simple scénario. Et toute la différence se fait ici ! Cette croyance semble absolue chez Branagh, visiblement heureux de se raconter. C’est un film terriblement sincère, vrai derrière ses artifices, et qui donne l’espérance là où il ne semble régner que le chaos. Ça fait du bien. Vraiment !

02 mars 2022
Kenneth Branagh
98mn
Universal Pictures France

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