Americana

Le chanteur si british des Kinks livre sa vision particulière des Etats Unis. Un disque étonnant.

Ray Davies est un génie. Un héros de la pop anglaise. Un mélodiste hors pair. Un élégant qui aime les mots d’auteur. Leader des Kinks, il est resté un artiste agile qui ne passe pas son temps à recycler sa gloire passée. Au contraire: cette année, à 73 ans, il sort un disque de country.

Evidemment il ne fait pas comme les autres. Il ne se laisse pas avoir par les lumières de l’Amérique. Son ironie va vite reprendre le dessus pour dépeindre l’Amérique qu’il aime et qu’il déteste. Il avait déjà parlé de ce rapport ambigu dans un livre et désormais, il a fait de cette fascination, un disque brouillon mais smart à souhait.

Il y a des moments ou il papote et d’autres où il joue sereinement avec les Jayhawks. Le légendaire groupe de country indé a bien voulu jouer pour le vieil Anglais revenu de tout. Le savoir faire des musiciens américains fait donc le boulot: de la bonne country entrainante.

Mais ce sont surtout les textes qui éveillent la curiosité. Le désenchantement et l’humour de Davies sont une source de joie pour tout auditeur qui connait un peu l’univers des Kinks. La voix n’est plus aussi assurée mais la verve et la poésie ont résisté au temps et aux malheurs.

Il triture donc, dans d’excellentes conditions, le réve américain pendant une heure. C’est un peu long. Cela semble parfois répétitif. Mais il y a un art de l’ironie qui fait toute la différence et oblige notre indulgence. Au pays du King, le kinks est roi!

Legacy recordings – 2017

Auteur: Pierre Loosdregt

Partager cette chronique sur

Submit a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

? * Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.

IP Blocking Protection is enabled by IP Address Blocker from LionScripts.com.