Musique

Les voix australes : Tropical fuck storm, Folk Bitch trio, Now would be a Good Time, Courtney Barnett

Bon depuis plusieurs jours nous vivons dans des conditions extrêmes. Koh Lanta à côté, c’est un bac à sable. La France brûle et nous, nous sommes de la cire au soleil. On n’a rien à envier à des pays habitués à des trucs chelous, des vies dangereuses ou des environnements néfastes.

La Bourgogne est devenue la Tasmanie. Mettez un kangourou dans votre jardin et hop vous verrez : vous vivez dans les mêmes conditions qu’en Australie, le pays où tous les animaux veulent vous tuer, y compris la mignonne grenouille verte à large bouche.

Voilà à l’occasion de jeter une oreille sur la production musicale locale. Il n’y a pas que AC/DC, INXS et Midnight Oil. Les artistes survivent dans des contrées dangereuses, sous un cagnard infernal, et certains y trouvent une inspiration sympathique, elle aussi décalée et atypique.



On sera donc sensible à un groupe australien venu de Melbourne : Tropical fuck storm. Un nom qui résume bien notre situation dans notre hexagone si poli et gentil. Eux, ce n’est pas le cas. Ils ont dans leur musique, une sauvagerie plaisante à l’oreille.

Comme un crocodile affamé, le groupe désarticule un blues spontané ou un rock qui ne renierait pas l’ami Tom Waits. C’est une musique de fin de soirée, lorsque les rêves et les cauchemars se donnent rendez vous.

C’est une vraie petite enquête que mène le groupe dans ce quatrième album nommé Fairyland Codex. Les musiciens se promènent dans des contrées mystérieuses et reviennent avec des sons assez arty mais qui fascinent. A l’image de leur jolie pochette.

Le disque est un piège car on y revient pour y trouver des indices. On ne sait pas si c’est du lard ou du cochon. Sont-ils prétentieux. Ou simplement des descendants de Zappa ? On ne sait pas trop mais le soleil leur a vraiment tapé sur la tête !

Venu de Melbourne, le groupe a un fameux concurrent en ville avec un trio au nom tout aussi agréable : Folk Bitch trio. Elle ne cherche pas un duel avec Tropical Fuck Storm mais ce groupe féminin a de sacrés armes pour réaliser de belles ritournelles qui pourraient scotcher une audience plus large que l’Australie.

Nous ne sommes plus dans le brillant foutraque mais dans la douce harmonie et une folk réinventée. Les trois musiciennes se connaissent depuis le lycée et c’est bien ce que l’on entend dans leur premier effort: de la connivence et de l’amitié. Now would be a Good Time est un album qui vous promène dans de belles mélodies, des voix incroyables et vous ferait croire que la vie est bien douce.

Heureusement les demoiselles ne manquent pas d’ironie. Leurs arrangements sont vintage mais leur art conserve quelque chose de très contemporain. Elles n’ont donc pas peur de se placer derrière les Crosby Stills Nash & Young et vénérer Brian Wilson ou Joni Mitchell. Dans un pays où la nature est prête à vous dévorer, où les origines sont pénitentiaires pour la plupart des habitants, où les tempêtes et les chaleurs sont dévastatrices, où tous les sports se basent sur les techniques du bourre pif, on tombe sur un objet fait uniquement de nuances et de grâce. Une élégante contradiction qui fait aussi le charme de ce pays plus que mélomane.

D’ailleurs une autre artiste australienne avait montré la voie: la sauvage Courtney Barnett. Le succès lui est tombé dessus et ça lui a coupé un peu la parole. Cela faisait cinq ans qu’elle n’avait rien écrit. C’est justement son écriture spontanée et sa musicalité directe qui nous touchent. Ce quatrième album continue de montrer une artiste qui n’aime pas les artifices et travaille un style dépouillé mais organique.

Impossible de résister à sa voix prudente et enthousiaste et son jeu de guitare simple mais enjoué. Elle crame désormais sous un soleil californien mais il lui donne autant de vitamines qu’à ses débuts du côté de Melbourne (décidément).

Ses chansons sont de petites bénédictions hédonistes: cette façon d’éviter la sophistication ressemble à un pied de nez au quotidien. On devine la plénitude qu’elle trouve dans ses accords et ses refrains. Elle parvient à nous partager cette joie mesurée.

Alors la conclusion sera des plus faciles. Je commence à transpirer à grosses gouttes et je m’en vais prendre une septième douche: ces trois œuvres sont de vraies bouffées de fraîcheur. 


On sera donc sensible à un groupe australien venu de Melbourne : Tropical fuck storm. Un nom qui résume bien notre situation dans notre hexagone si poli et gentil. Eux, ce n’est pas le cas. Ils ont dans leur musique, une sauvagerie plaisante à l’oreille.

Comme un crocodile affamé, le groupe désarticule un blues spontané ou un rock qui ne renierait pas l’ami Tom Waits. C’est une musique de fin de soirée, lorsque les rêves et les cauchemars se donnent rendez vous.

C’est une vraie petite enquête que mène le groupe dans ce quatrième album nommé Fairyland Codex. Les musiciens se promènent dans des contrées mystérieuses et reviennent avec des sons assez arty mais qui fascinent. A l’image de leur jolie pochette.

Le disque est un piège car on y revient pour y trouver des indices. On ne sait pas si c’est du lard ou du cochon. Sont-ils prétentieux. Ou simplement des descendants de Zappa ? On ne sait pas trop mais le soleil leur a vraiment tapé sur la tête !

Venu de Melbourne, le groupe a un fameux concurrent en ville avec un trio au nom tout aussi agréable : Folk Bitch trio. Elle ne cherche pas un duel avec Tropical Fuck Storm mais ce groupe féminin a de sacrés armes pour réaliser de belles ritournelles qui pourraient scotcher une audience plus large que l’Australie.

Nous ne sommes plus dans le brillant foutraque mais dans la douce harmonie et une folk réinventée. Les trois musiciennes se connaissent depuis le lycée et c’est bien ce que l’on entend dans leur premier effort : de la connivence et de l’amitié. Now would be a Good Time est un album qui vous promène dans de belles mélodies, des voix incroyables et vous ferait croire que la vie est bien douce.

Heureusement les demoiselles ne manquent pas d’ironie. Leurs arrangements sont vintage mais leur art conserve quelque chose de très contemporain. Elles n’ont donc pas peur de se placer derrière les Crosby Stills Nash & Young et vénérer Brian Wilson ou Joni Mitchell. Dans un pays où la nature est prête à vous dévorer, où les origines sont pénitentiaires pour la plupart des habitants, où les tempêtes et les chaleurs sont dévastatrices, où tous les sports se basent sur les techniques du bourre pif, on tombe sur un objet fait uniquement de nuances et de grâce. Une élégante contradiction qui fait aussi le charme de ce pays plus que mélomane.


D’ailleurs, une autre artiste australienne avait montré la voie : la sauvage Courtney Barnett. Le succès lui est tombé dessus et ça lui a coupé un peu la parole. Cela faisait cinq ans qu’elle n’avait rien écrit. C’est justement son écriture spontanée et sa musicalité directe qui nous touchent. Ce quatrième album continue de montrer une artiste qui n’aime pas les artifices et travaille un style dépouillé mais organique.

Impossible de résister à sa voix prudente et enthousiaste et son jeu de guitare simple mais enjoué. Elle crame désormais sous un soleil californien mais il lui donne autant de vitamines qu’à ses débuts du côté de Melbourne (décidément).

Ses chansons sont de petites bénédictions hédonistes : cette façon d’éviter la sophistication ressemble à un pied de nez au quotidien. On devine la plénitude qu’elle trouve dans ses accords et ses refrains. Elle parvient à nous partager cette joie mesurée.

Alors la conclusion sera des plus faciles. Je commence à transpirer à grosses gouttes et je m’en vais prendre une septième douche : ces trois œuvres sont de vraies bouffées de fraîcheur. 

Tropical fuck storm | Fairyland Codex
Folk Bitch trio | Now would be a Good Time
Courtney Barnett | Creature of habit

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