The front runner

Jason Reitman observe son passé pour décrypter le présent. Facile mais intelligent.

Gary Hart est un démocrate ambitieux. Il est jeune. Il est beau. Il est intelligent. Il est progressiste. Il a une femme admirable et il ferait presque peur à Ronald Reagan, président des années 80. Il a une femme admirable. Il a une équipe qui croit en lui pour battre le sbire conservateur, George Bush.

Mais le problème est déjà là : il est démocrate. Cette bonne vieille tradition des candidats démocrates à trop aimer les femmes. Kennedy, Clinton etc. Jason Reitman, poil à gratter du cinéma américain (Juno, Young Adult), fait donc un petit cours d’histoire, sur une époque étrange où un homme voulait préserver sa vie privée.

Une bonne blague aujourd’hui. Mais Reitman (fils du grand Ivan dont il va reprendre la série des Ghostbusters) parle finalement d’aujourd’hui. Il propose un moment presque anecdotique mais finalement, c’est un reflet assez effrayant des méthodes médiatiques et politiques d’aujourd’hui. Cependant il ne fait pas la morale.

Bien au contraire, c’est un film assez délicat. Il filme sans nervosité, un type qui se prend les pieds dans les médias. On comprend ses réserves et son droit à une certaine intimité. Reitman prend le temps. Il observe le piège se mettre en place. Mêmes les journalistes ne se rendent pas compte du système qu’ils imposent petit à petit. Mais les mœurs ne sont plus les mêmes et Gary Hart, qui aurait pu nous éviter la saga Bush, est un homme politique plus que brillant mais un être incapable de se compromettre avec les médias. Une petite faiblesse qui le perdra !

Reconstitution minutieuse d’un scandale oublié, The Front Runner profite de la grande qualité du cinéma de Reitman : une direction d’acteurs irréprochable. Il aime sa star, Hugh Jackman, comme le moindre second rôle. D’ailleurs il retrouve pour la septième fois JK Simmons, décidément le meilleur second couteau de la planète Hollywood.

C’est du bon cinoche. Prévisible, attendu mais drôlement bien fait !

Avec Hugh Jackman, JK Simmons, Vera Farmiga et Alfred Molina – sony – 16 janvier 2019 _ 1h50

Auteur: Pierre Loosdregt

Partager cette chronique sur

Submit a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

? * Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.

IP Blocking Protection is enabled by IP Address Blocker from LionScripts.com.