Sing Street

“Sans la musique, la vie serait une erreur” disait le philosophe. “Une femme ne peut pas aimer un homme qui écoute Phil Collins” dit avec justesse l’un des héros de ce feel good movie qui remplit sans problème sa mission.

Qu’est ce que ca fait du bien! Un film avec de la passion. Depuis le succès planétaire de Once, le réalisateur irlandais John Carney a toujours célébré la musique populaire, les artistes qui se donnent à fond pour l’accord parfait, pour l’émotion que peut offrir ce petit bout de mélodie.

Après Once, il est allé à Hollywood pour se casser les dents avec une niaise et sympathique romance, New York Melody et le revoilà en Irlande pour fêter les sources de la musique, de la création, de l’inspiration. L’Amour. Un petit bourge de Dublin doit aller dans un collège plus modeste car ses parents sont ruinés et se détestent. Il tombe sous le charme d’une belle inconnue à qui il fait croire qu’il est le chanteur d’un groupe.

Il fait tout alors pour réaliser son gros mensonge. Tant mieux pour nous, il est doué pour nouer les contacts et écrire des textes touchants. Le petit plus du film: nous sommes au milieu des années 80. A cette époque, on kiffe Duran Duran. On n’a pas de téléphone à la maison. La musique semble le dernier rempart à la misère et autres méfaits du capitalisme triomphant des années Tatcher.

C’est une version adolescente des Commitments, petit pamphlet musical d’Alan Parker qui racontait comment la musique est l’âme du peuple (la maman du jeune héros avait participé à l’aventure).  Une fois de plus,  Carney s’étonne et admire le travail de création. On voit donc un gamin sortir de l’enfance pour rentrer dans l’âge adulte, en montant un groupe et renouant le contact avec un grand frère désespéré mais mélomane.

Comme dans tous les films de Carney, c’est fait avec une absence de cynisme qui fait plaisir à voir et à entendre. Certains diront que c’est lisse mais finalement le type est exalté pour décrire son petit héros, gentille tête de turc et chanteur lucide. Il y a bien le coté nostalgique et rétro, mais le film reste diablement actuel sur la notion de l’Amour, qui va plus loin que la bluette entre le héros et la jeune fille mystérieuse aux yeux verts… oups, couleur menthe à l’eau!

Ce n’est pas un film rêveur. Il montre juste que le rêve ou la musique (la même chose pour le réalisateur) peut survivre à tout. Evidemment les musiques sont hilarantes et même chargées d’émotions. Les comédiens sont parfaits. Et on vous conseille de jeter une oreille sur l’excellent bande originale qui reprend quelques titres eighties et des compositions jubilatoires. Dans le genre, l’hommage à la musique n’a jamais été aussi charmant. Décidément l’Irlande et la musiqe, c’est peut être l’un des plus belles histoires d’amour!

Avec Ferdia Walsh Peelo, Lucy Boynton, Aidan Gillen et Jack Reynor – Mars – 26 octobre 2016 – 1h45

Auteur: Pierre Loosdregt

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