Alors, normalement, au numéro sept d’une saga horrifique, on baigne dans le grand n’importe quoi et la répétition idiote. Pourtant ce nouveau Scream se révèle attachant, à défaut d’être réussi.
Comme toute bonne suite tardive (la saga fête ses 30 ans tout de même), Scream 7 a de sacrés défauts. Les seconds rôles sont de la chaire à saucisse pour l’épouvantable Ghostface et son couteau bien aiguisé. La première scène résume assez bien l’intention générale.
Bobby et Bobette, fans de l’histoire de Woodsboro et des films qui en découlent, ont eu la bonne idée de louer pour un soir la maison légendaire de Ghostface… et hop, qui voilà, qui voilou? Un vrai Ghostface. Neuneus, Bobby et Bobette vont y passer et ce septième Ghostface se révèle assez iconique et d’une redoutable efficacité pour découper du décérébré.
Pourtant la réalisation est peu originale. Les producteurs sont allés chercher Kevin Williamson. Le scénariste original de la série. Mais c’est un scénariste et pas un réalisateur. Il semble bien comprendre l’univers de Scream (beaucoup de clins d’œil au travail de Wes Craven) mais c’est un peu mou du genou. Sauf lorsqu’il observe son tueur quasi spectral. C’est vrai qu’il le sublime.
A côté de cela, l’aspect Agatha Christie sombre dans le ridicule. Au lieu de frissonner, le final de cet épisode fait rigoler et se révèle assez prévisible. Rien de grave. Cela fait bien longtemps que l’on regarde Scream pour ses meurtres caricaturaux et peu réalistes.
Le discours meta fut gommé dans les deux derniers volets et semble un peu revenir dans ce volet marqué par le retour de Neve Campbell. Là, le film devient intéressant avec cette figure de Scream Queen, fatiguée et lassée par la persécution autour de sa personne et de sa famille.
Le personnage est devenu cynique et pas du tout sympathique : au moindre doute, elle sort son revolver et tire sans regarder ! Elle refuse son statut d’héroïne et c’est ce qui rend le film intéressant. Neve Campbell est excellente. Pour elle, on veut bien suivre un scénario balisé.
Mais on devine de la fatigue (la production de ce produit de consommation fut assez houleuse) et une mélancolie qui ne semble plus avoir prise sur son époque. Williamson n’était pas le meilleur choix. Il semblait logique. Un artisan boucher et charcutier serait peut-être plus sensible sur le sujet pour le huitième numéro qu’on espère plus surprenant.
Au cinéma le 25 février 2026
Avec Neve Campbell, Courteney Cox, Joel McHale et Isabel May –
– 1h55

