Livres

L’Anomalie, Hervé le Tellier, Gallimard

Je n’ai jamais eu envie de lire les livres d’Hervé Le Tellier alors même que je le trouve plutôt drôle et sympathique. C’est donc avec curiosité et plaisir que j’ai emprunté le dernier livre de cet auteur, l’Anomalie, à un ami qui l’avait proprement détesté et dont il était très content de se débarrasser !

Ce roman ayant obtenu le Prix Goncourt, et son auteur ayant fait le tour des popotes médiatiques, l’histoire est désormais assez connue. Et pour ceux qui ne la connaitraient pas encore, ils peuvent sauter le paragraphe suivant. Attention, divulgachage !

Dans l’Anomalie, Hervé Le Tellier raconte l’histoire d’un vol Paris-New-York qui s’est dédoublé après avoir essuyé une tempête d’une force inédite. Ainsi, le même avion et les mêmes passagers – alors qu’ils sont partis au même moment – atterrissent aux USA à 106 jours d’intervalle. Dans ce court roman, Hervé Le Tellier explore les conséquences de ce dédoublement pour les personnes confrontées à leur double (ou du moins pour les onze passagers qu’il a sélectionnés), pour les Autorités, pour les religions et pour le monde tout entier.

Ce livre qui se lit tout seul est très divertissant et l’on sent bien le métier de son auteur. Hervé Le Tellier fut longtemps l’un des piliers des Papous dans la tête, une émission de jeux littéraires sur France Culture où il s’adonnait avec délectation au pastiche littéraire et à l’écriture sous contrainte. Dans l’Anomalie, l’écrivain recycle ce savoir-faire en adoptant plusieurs styles, selon les chapitres.

Clairement, Hervé Le Tellier écrit son roman comme une série. A la lecture, on ressent (un peu trop à mon goût !) que l’écrivain avait en tête une adaptation à l’écran, adaptation en série va d’ailleurs avoir lieu prochainement. Il devait en avoir assez de signer des livres relativement confidentiels ! Ce n’est pas désagréable à lire, c’est divertissant, mais ce n’est pas non plus fantastique (on est assez loin des Goncourt d’anthologie : Proust, Genevoix, Merle, Gary, Echenoz etc.). Cela m’a beaucoup fait penser à Tonino Benacquista qui eut son heure de gloire dans les années 90-2000, et dont le roman Malavita fut adapté au cinéma par Luc Besson.

Pour résumer, l’avantage de l’Anomalie, c’est que c’est plaisant et vite lu. Le gros inconvénient, c’est que cela reste assez léger, malgré le fond pseudo-philosophique ; Hervé Le Tellier étale un peu sa science et nous fait du Descartes 2.0…

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