“Ich sah: Das Lamm auf dem Berg Zion, Offb. 14,1”, WÖLFL VA et Neuer TANZ
Mar31

“Ich sah: Das Lamm auf dem Berg Zion, Offb. 14,1”, WÖLFL VA et Neuer TANZ

Du 24 au 29 mars, le Théâtre de la Ville invite le plasticien allemand Va Wölfl et sa compagnie Neuer Tanz pour cette nouvelle création. Absolument bouleversante.     Le parcours et le travail de Va Wölfl sont tout à fait uniques et saisissants. Après avoir commencé ses recherches plastiques en tant que peintre (élève d’Oskar Kokoschka) et être ensuite passé à la photo, l’artiste base aujourd’hui ses créations sur la mise en scène de danseurs, sur des scénographies à la fois froides et accueillantes, sur une alternance maîtrisée et impressionnante de sons doux et violents, sur une forte théâtralité qui travaille la scène dans ses trois dimensions.     Dans cette dernière chorégraphie présentée pour la première fois au Théâtre de la Ville, Va Wölfl réfléchit sur la violence du quotidien dans un espace semi vide dans lequel les danseurs, en habits d’employés, chantent, bougent, effectuent des mouvements de danse classique… et gardent toujours dans leurs mains des pistolets. La violence commence là, par cet objet omniprésent, qui plonge les spectateurs dans un état de trouble permanent. Les actions de danseurs surprennent tout au long de la création bien que tout geste soit travaillé dans la durée et la répétition. Une réflexion – explicitée également par les paroles d’un des danseurs – sur l’agression envers les spectateurs et sur l’ennui, ainsi que sur l’attente d’un aboutissement qui n’arrive jamais. Va Wölfl interroge ainsi le sens à donner à un spectacle – et le sens d’aller le voir. Toute référence, tout point d’appui est mis à mal.     Le spectateur se retrouve désorienté dès le début : dans son impatience avant que le spectacle ne commence, dans son attente que les gestes des danseurs acquièrent un sens ou qu’ils évoluent, dans le choc des lumières et des sons, dans une conclusion qui n’en est pas une. Le spectateur ne cesse jamais d’être conscient de sa place… de cette place bien bizarre dans une salle où entre les fauteuils ont été disposés des arbres qui empêchent une vue dégagée de la scène et qui créent une relation tout à fait particulière avec elle.     “Ich sah” se révèle une création à la fois gênante et enthousiasmante grâce à sa capacité de remettre en question tous les automatismes de protections et de compréhension des habitués des spectacles, et plus en général des passionnés d’art. Où placer le plaisir de la fréquentation de l’art ? Jusqu’où accepter d’être bouleversé, de ne pas comprendre le sens de ce qui se passe sur scène, de perdre tout repère en tant que spectateur ?     Va Wölfl met à l’épreuve son public avec humour et brutalité...

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Albertmondialiste – Albert MESLAY
Mar24

Albertmondialiste – Albert MESLAY

Devenez albertmondialiste ! Rigolons durable ! Au Forum Léo Ferré d’Ivry-sur-Seine, ce samedi soir, les spectateurs ont déjà mangé et bu quelques verres. L’ambiance y est conviviale. Tout le monde discute avec tout le monde. Une proximité de corps et d’esprit. Tous attendent le plus grand imitateur de Pline l’ancien. Le voilà. Cheveux bruns en arrière, brushing et moustache épaisse, mine réfléchie, Albert Meslay entre sur scène et pose rapidement les bases de son univers absurde. Albert est un friand des mots et de l’improbable. Avec le plus grand sérieux, il expose ses choix et ses opinions. Tout tient en quelques mots : raisonner avec rigueur sur une ubuesque réalité. Après un recul sur l’histoire de l’écriture, il en vient à parler de la sienne, prévenant le spectateur que les quelques bafouillages de diction sont la simple expression de ratures explicitement écrites dans le texte. Ce soir, il choisit de s’exprimer en langue française car c’est la plus facile à comprendre. Puis les bons mots s’enchainent et les éclats de rire avec. Albert est pataphysicien. Son art de la déclamation est un hymne à l’absurdité du raisonnement humain. Une liberté de pensée débouchant sur un humour noir bien plus révélateur que tout one man show grimaçant et séducteur. On rit de nous-mêmes et d’une époque qui se prend au sérieux et parvient à banaliser l’intolérable. Albert propose ainsi d’aider les pauvres à rester pauvres en envoyant des missionnaires. Il faut leur expliquer que le bonheur est beaucoup plus spirituel qu’humain, que la jalousie et l’envie sont de biens mauvais sentiments et que le scooter des mers est incompatible avec le bouddhisme… Albert pense. « Est-ce que le poisson a conscience d’être mouillé ? » , « La planète sera sauvé par des fainéants », « Le rentier est un chômeur qui s’auto indemnise », « Si les riches ont du bien, les pauvres ont du mal », « Est-ce que les athées décédés se retrouvant au paradis font la gueule ? » »De la retraite personne n’en sort vivant », « Il vaut mieux des emplois fictifs que pas d’emploi du tout » « L’éternel c’est combien de temps ? » Le spectacle est tout simplement merveilleux de non-sens, visant à chaque fois avec justesse les travers de notre monde contemporain. Alors on se laisse embarqués, en rêvant de jouer avec Albert au « jeu des 7 familles recomposées », en se promenant avec Pline l’Ancien ou le Dalaï Lama dans les rues de Perros-Guirec, en écoutant une histoire porno celte au coin du feu, en croyant à sa théorie de l’alcool renouvelable –picolons durable avec des tournées renouvelables !.. Une soirée mémorable. « Selon les experts internationaux… », Albert est bien bel artisan de la langue française. Un militant de l’humour. Il mérite plus qu’une...

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