Cinéma

Projet Dernière chance, Phil Lord, Chris Miller, MGM Sony


L’optimisme comme moteur d’un film ? Vous connaissez le monde cynique dans lequel on vit? Comment un énorme blockbuster peut-il se permettre cela ?

Le film de Phil Lord et Chris Miller est un gros carton. Pourquoi ? Parce qu’il est à contre-courant. La science-fiction est par nature un peu dépressive. Ici, elle rayonne de joie, d’humour et d’intelligence. Il y a quelqu’un à la Maison blanche qui devrait s’étrangler devant les valeurs défendues par Le Projet dernière chance.

Le film est tiré d’un bouquin écrit par le gars qui a imaginé Seul sur Mars. Le jeu des 7 différences est simplement incroyable. Mais ce qu’il en sort, c’est ce mouvement humaniste : l’intelligence est ce qui peut nous sauver. La logique. L’observation. Le partage. Comme le film de Ridley Scott avec Matt Damon, l’essentiel du propos se concentre sur cette fête que peut être la survie mais surtout la raison et la pensée.

Notre nouvel astronaute se réveille dans un vaisseau. Au milieu de nulle part. Les deux autres spationautes sont morts. Il ne se souvient de rien. Il sait plein de choses mais ne comprend pas pourquoi il est au fin fond d’une galaxie, en face d’un soleil qui n’est pas le nôtre.

Les souvenirs reviennent doucement : notre soleil est attaqué par une bactérie. Il va s’éteindre et Grace, parce que c’est son nom, comprend qu’il est le biologiste qui doit sauver la Terre. Panique, il est seul et perdu. Ouf, il va rencontrer un extra terrestre… seul et perdu lui aussi.

C’est naïf. C’est tendre. C’est totalement désarmant. Lord et Miller sont des habitués : Tempêtes de boulettes géantes et sa suite, Lego, 21 JumpStreet, les Spider Man version Miles Morales. A chaque fois, de la culture légère et un traitement beaucoup plus ambigu, fantaisiste et totalement cinématographique.

Projet dernière chance est une œuvre de cinéma : comme dans leurs films précédents, il est question de perspective et de caractérisation. L’infiniment grand. Le tout petit. Le sentiment simple. L’émotion universelle. Le burlesque pourrait même convoquer Charlie Chaplin ou Buster Keaton. Lord et Miller ont le sens de la dérision mais il se fait sans cynisme.

Ryan Gosling est aussi incroyable qu’agaçant. Il se sait de tous les plans mais il est constamment à la limite du cabotinage… D’un autre coté, il joue un type qui ne sait pas ce qu’il doit faire et qui comprend la lourde responsabilité qui lui tombe dessus.

Comme tous les films des deux auteurs, il y en a trop mais cela montre autre chose qu’un ton emphatique : le film s’apparente à un pamphlet. Ils nous rappellent un autre duo de l’humour trash, les frères Farrelly (Mary à tout Prix, Fous d’Irène, Osmosis Jones). Nous sommes aux limites nucléaires de la parodie mais l’œuvre conserve tout un ton philosophique qui dépasse nos petits soucis et nous embarque vers du vrai cinéma. Une réflexion. Une pensée. Un plaisir.

Il est impossible de ne pas être sensible aux images, aux sons, aux décors, à l’alien, à la musique ou les dialogues, hilarants car le film vulgarise cette envie de savoir et de connaissances. C’est peut être le meilleur cours de bio de votre vie.

De toute façon, le film ne ressemble à rien de connu. Il semble même s’improviser. les auteurs nous abandonnent dans une contrée unique en son genre et de la science fiction comme on n’en fait peu. Un projet unique et passionnant !

Au cinéma le 18 Mars 2026
avec Ryan Gosling, Sandra Huller, Ken Yeung et James Ortiz
MGM Sony – 2h36


Previous ArticleNext Article

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

? * Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.