Godzilla / Gareth Edwards

Retour du monstre légendaire. Je ne parle pas ici du lézard atomique mais de « la moumoute qui tue et t’empêche de suivre l’histoire convenablement » !

Normalement elle était sur la tête de Nicolas Cage dans ses gigantesques nanars mais aujourd’hui elle s’est installée sur le crâne de Bryan Cranston, l’acteur de Breaking Bad. Epouvantable, le comédien est mauvais et elle n’aide pas à l’indulgence. Elle est le véritable monstre de Godzilla, nouvelle génération. Avec nouvelles créatures et un traitement beaucoup moins crétin que celui de Roland Emmerich en 1997.

Les studios Warner sont allés chercher le novice Gareth Edwards, qui montrait deux aliens amoureux dans le sympathique et sentimental Monsters. Une approche originale reprise dans un premier temps pour le lézard japonais, géant et sacrément bagarreur !

Notre monstre nippon n’est pas destructeur mais protecteur. Il veille sur l’équilibre de la nature, au fond des eaux du Pacifique mais il ne faut pas le titiller longtemps pour qu’il remonte sur le ring de la baston monumental.

Parce que nous sommes dans un film à gros budget, le réalisateur doit donc intercaler un drame humain et familial autour d’une tribu américaine intimement liée aux méfaits des kaiju eiga (le nom du genre des monstres géants made in Japan). Pour ça il doit se tortiller dans un scénario incroyable mais plutôt marrant, respectant presque le coté serial des films initiaux, le héros se promenant de continent en continent avec une facilité déconcertante (“Bonjour je suis GI, je peux monter dans votre avion?” Oui pas de problème on vous emmène pour faire Tokyo Los Angeles… c’est cool l’armée américaine).

Heureusement le réalisateur s’oblige à soigner ses images sinon le film aurait pu être un gros naveton. Ici, Edwards apporte son amour du genre et ça se ressent à plusieurs reprises. Il doit donc combiner entre sa passion pour les grosses bestioles et l’inévitable couplet un peu réac sur la famille, propre au blockbuster mondial. Néanmoins Edwards prend un malin plaisir à maltraiter les membres de la famille, dont la moumoute.

Edwards a beaucoup de choses à faire et on pourrait simplement lui reprocher d’oublier un peu la star du film. Godzilla. Quand il apparait il prend idéalement la pose et donne des cours de catch maousse costaud en détruisant tout sur son passage. On est comblé.

Mais hélas, à trop préserver son héros des temps anciens, Gareth Edwards frustre le spectateur. Godzilla tarde à arriver et régler ses comptes avec deux « spores » un peu trop encombrants sur notre planète. Edwards commet quelques aberrations narratives pour la baston finale. On voulait voir des monstres se coller des prunes et réduire à néant l’armée. On a parfois l’impression de regarder des comédiens qui regardent en l’air avec un air inquiet ! Et  pas seulement à cause de la moumoute de la mort!

Mais dans sa catégorie poids lourds, le film est aventureux et tente certaines choses. Il est inégal mais conserve toute la sympathie que l’on a pour la créature mythique. On est ravi qu’à 60 ans, Godzilla ait presque l’hommage idéal qu’il méritait depuis longtemps.

Avec Brian Cranston, Aaron Taylor Johnson, Elisabeth Olsen et Ken Wanatabe – Warner – 14 mai 2014 – 2h03

Auteur: Le Z au Top

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