Cinéma

Avatar 3, de feu et de cendres, James Cameron 20th Century Fox

Un peu raté, un peu passionnant, Avatar 3 est un film “un peu”. Ce n’est pas forcément le vœu de James Cameron, roi du monde numérique et qui trouve enfin ses limites avec ce troisième épisode sur la planète Pandora.

En réalité, le nouvel Avatar est comme le précédent : trop long. Quand le temps se met à traîner, le spectateur a le temps d’échapper à la force de l’émerveillement et d’observer les contours, les finitions et finalement les répétitions. Avec sa carrière exceptionnelle, James Cameron fait dans l’autocitation et ça donne une impression de tourner en rond. Ça sera le gros problème de Avatar 3.

On découvrait la faune de la planète dans le numéro un. On comprenait la complexité de la planète dans le numéro deux. On baille poliment devant le numéro trois qui se permet une narration trop proche du numéro deux. Et un vilain sentiment de copié-collé pour les scènes finales, spectaculaires et finalement ennuyeuses.

Bon une fois encore, on est sur un film de plus de trois heures. Donc quand les Na’vi défendent une écologie new age et simpliste, on regarde sa montre. On est plus sensible sur quelques scènes intimistes : Cameron réussit avec toute sa technologie contrainte et voyante, à faire passer des émotions. Juste pour cela, cet Avatar est passionnant.

Les effets spéciaux se mettent au service de sentiments. Et cela fait la différence dans le monde lissé des blockbusters ! L’artifice rend compte d’une réalité affective. C’est bluffant. Car finalement les Na’vi sont la version guerrière des Schtroumpfs.

James Cameron restera comme le plus grand technicien de tous les temps mais il est plus fragile sur l’aspect narratif. Il nous fascine avec ses obsessions (en gros le parallèle homme machine) mais il se base sur des stéréotypes parfois grossiers. Il fait néanmoins un énorme effort ici avec une méchante charismatique, Varang, sorcière d’une tribu qui vit à l’ombre d’un volcan.

Là, il y a de la hargne et de la malice. A quelques endroits, le personnage apporte un miroir déformant des héros presque malaisant. Belle et cruelle, elle nous fait espérer le meilleur puis au milieu du film, plus rien : elle devient un second couteau, comme une vieille James Bond Girl que l’on jetterait aux crocos. A l’inverse, l’enjeu du film se base sur le personnage le plus faible et caricatural du film. Si bien que le film devient bancal.

Les héros sont des bénis oui oui. Les méchants grimacent comme des catcheurs américains. Et pourtant il y a encore cette magie. Cameron, avec Avatar, veut clairement créer une mythologie moderne. Mais reste très conventionnel. L’œuvre dans son ensemble est même un échec à ce niveau.

Pourtant le réalisateur de Titanic conserve cette technicité qui nous plonge, presque malgré nous, dans un monde réellement original, avec quelques zones d’ombres bien senties (petite passion pour les calamars voraces et évidemment géants) et une grande ambition qui conjugue tous les médias et tous les sens. Avatar, en odorama, on y est presque.

Ce troisième épisode est encore sensoriel. Se dire que tout est numérique force le respect. C’est un blockbuster mais il est honnête par tous les sentiments qui le traversent. Ceux de l’auteur, toujours à la recherche d’une formule magique ; ceux des personnages qui n’existent pas vraiment et qui pourtant arrivent à être vibrants ; ceux du spectateur qui rencontre un parc d’attraction inédit, parfois ridicule, parfois secouant.

Cameron tente trop de nous convaincre qu’il est un créateur. Son film manque d’humilité : cela gonfle à la fois les défauts et les qualités. De toute façon, même un Cameron en petite forme, cela donne une œuvre fascinante à suivre.

Au cinéma le 17 décembre 2025
de James Cameron
avec Sam Worthington, Zoe Saldana, Stephen Lang et Oona Chaplin
20th Century Fox – 3h17

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