L’absence de guerre – David Hare – Aurélie Van Den Daele – Théâtre de l’Aquarium
Jan26

L’absence de guerre – David Hare – Aurélie Van Den Daele – Théâtre de l’Aquarium

                    La théâtralité en question L’absence de guerre est un thriller politique qui emmène le spectateur dans les coulisses d’une campagne électorale sur le sol britannique. George Jones appartient au parti travailliste. Alors que la campagne s’annonce compliquée, un rebondissement politique lui permet de saisir la chance d’apparaître dans la lumière médiatique pour emmener son parti au pouvoir. Dès lors le spectateur assiste au machiavélisme et au cynisme d’hommes et femmes à la conquête du pouvoir, quels que soient les obstacles à franchir. « Tu comprends, les gens croient que les élections, ça se gagne à coups d’arguments… Ils croient que quand un homme politique parle, c’est un acte raisonné. Mais pas du tout. C’est une stratégie. C’est une prise de position. Ce n’est pas un débat. En fait, il n’y a jamais de débat. » proclame le conseiller politique de Jones. Le texte écrit en 1993 par David Hare, appartient à une trilogie qui explore, sous forme de chroniques sociales et de comédies de mœurs, l’Angleterre de la fin du XXème siècle. Le ton est sévère. L’actualité politique et sociale française donne aujourd’hui une nouvelle coloration au texte britannique. L’absence de guerre interroge par les mots la citoyenneté occidentale contemporaine. La mise en scène d’Aurélie Van Den Daele interroge le regard su spectateur et la théâtralité de la fiction. Le plateau, siège du parti, est surplombé d’un écran géant sur lequel est vidéoprojeté tout au long du spectacle gros plans et plans américains des comédiens. Le mur de fond de scène, vitré, laisse apparaître un autre espace scénique occupé par les comédiens, tandis que la partie jardin, seulement visible du caméraman, est occupée par un couloir allant vers le fond de scène. Une scénographie spectaculaire. Le cameraman qui travaille au Steadicam retransmet le discours des personnages invisibles du spectateur sur le grand écran. La performance technique est remarquable. L’importante alternance des plans séquence dans les espaces OFF avec le jeu des comédiens en scène, la musique sous tension, donnent une réelle urgence à la pièce de Hare dans laquelle la théâtralité finit par se dissoudre au profit du tout-cran et d’une fiction plus cinématographique proche des séries américaines à succès comme House of cards. L’écran captif, les mouvements permanents des comédiens dans des espaces éclatés, font leur effet. Si le spectateur, hyperstimulé, perd en sensibilité pour absorber le point de bascule dramatique et la chute de l’anti-héros, le spectateur ne peut que s’incliner devant la force du dispositif scénique et le rythme très soutenu des comédiens. Un spectacle en phase avec notre civilisation audiovisuelle et la domination d’une image...

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Alphonse Mucha – Musée du Luxembourg – Paris
Déc16

Alphonse Mucha – Musée du Luxembourg – Paris

Mucha ou la quête d’universalisme Mucha est un universaliste. Convaincu que les différentes cultures ont un socle de valeurs communes, l’artiste n’aura de cesse tout au long de son parcours que de mettre en avant son art au service des progrès de l’humanité, de l’unité et de la paix. “L’objectif de mon travail n’a jamais été de détruire mais de construire, de relier, car nous devons tous garder espoir que les Hommes se rapprocheront, et cela sera d’autant plus facile qu’ils se comprendront.” L’exposition aborde la vie de l’artiste au travers de six thématiques : un bohémien à Paris, un inventeur d’images, Mucha le cosmopolite, Mucha le Mystique, Mucha le Patriote, Mucha artiste et philosophe. Chronologique, l’exposition met très rapidement en avant les grands panneaux verticaux dédiés à Sarah Bernhardt dont celui qui l’a rendu célèbre en 1895, Gismonda. Le parcours finit sur son triptyque en 1936, L’âge de la raison, l’âge de la sagesse, l’âge de l’amour, alors que se font entendre à grand pas les bruits de botte de la seconde guerre mondiale. En tant que personnalité tchèque et franc-maçon, Mucha est un des premiers artistes déportés en 1939, peu de temps avant sa mort. Entre 1895 et la fin de sa vie, l’exposition met en valeur les aquarelles et lithographies qui ont rendu célèbre l’artiste et en ont fait un des représentants majeurs des arts décoratifs de l’art Nouveau : affiches publicitaires théâtrales, pour alcools, papier à cigarettes JOB, ou produits de beauté. “Je préfère être un illustrateur populaire qu’un défenseur de l’art pour l’art.” disait-il. Plus inconnues du grand public, ses oeuvres mettent progressivement en avant les premiers pas d’un illustrateur symbolique dans ceux du peintre allégorique qu’il sera à la fin de sa vie. Il ressort de l’ensemble un réel génie dans l’art de représenter les femmes, entourées de motifs ornementaux de différentes origines, japonaises, celtiques, islamiques, grecques, gothiques, byzantines, selon le fameux « style Mucha ».  Avec en omniprésence, la lumière. Des femmes lumineuses, dans Les Saisons, La lune et les étoiles, ou  pacifiques quand elles préservent dans leurs mains ce qu’il reste de lumière à l’aube de la première guerre mondiale, La lumière de l’espérance. La femme est sans nul doute une muse inspiratrice – voir les études sur La Musique, La Danse, La Peinture, La Poésie– une vénus des temps modernes, figure protectrice mystique parfois. Une ode à l’amour de la beauté et de la paix.  « Je recherchais des moyens de répandre la lumière jusque dans les coins les plus reculés. » Un message pictural pacifique qui fait du bien.       https://museeduluxembourg.fr/expositions/alphonse-mucha 12 septembre 2018 – 27 janvier 2019 Horaires d’ouverture  tous les jours de 10h30...

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LAÏKA – Ascanio Celestini – David Murgia/Maurice Blanchy – Théâtre du Rond-Point
Oct17

LAÏKA – Ascanio Celestini – David Murgia/Maurice Blanchy – Théâtre du Rond-Point

Quand la grandeur d’âme du bateleur se met au service de la parole des petits. Après Discours à la nation en 2015, Ascanio Celestini revient au Théâtre du Rond-Point avec un texte inédit, Laïka. Utilisant la forme du théâtre-récit, le dramaturge italien a su reprendre le flambeau laissé par Dario Fo en s’inscrivant dans un théâtre populaire du quotidien où l’invraisemblable et l’absurde font bon ménage face aux idéologies modernes et dogmatiques, qu’elle soient capitalistes ou religieuses. Dans Laïka, nom de la chienne envoyée dans l’espace grâce à Spoutnik 2, Ascanio Celestini met en scène un comédien, David Murgia, et un accordéoniste, Maurice Blanchy. Le comédien, narrateur, habitué du bar du coin, interprète plusieurs personnages dans un espace scénique délimité au sol par des lampes de chevet. Le récit mis en mot par un comédien aux allures christiques constitue le fil du spectacle. L’accordéoniste, Pierre, en fond de scène, assis sur des casiers à bouteilles de brasserie, écoute et met en partition le texte lancé par le comédien. Simple mais d’une redoutable efficacité. Un clochard, une prostituée, une vieille dame, des manutentionnaires africains en grève, et un David Murgia brillant dans tous ces rôles comme narrateur critique. Il n’en faudra pas plus pour transporter le spectateur dans un théâtre d’une grande générosité. Le social humanisme du texte, scandé, slamé en musique comme une kalachnikov, percute à la fois des références chrétiennes, politiques et les connaissances scientifiques. Mémorables passages d’une grande drôlerie quand le narrateur cherche à comprendre la création du monde en confrontant le récit biblique à celui du physicien Stephen Hawking. Le monde contemporain est observé et décrit dans toute sa contradiction. Dieu est régulièrement apostrophé, interrogé, provoqué par ces “petits”, ces précaires, ces précarisés aux yeux de naïfs, qui cherchent vainement à donner un sens à leur vie dans une société capitaliste qui leur laisse peu d’échappatoires et dont les codes leur échappent. Le texte, farce politique, échappe à la caricature grâce à une mise en musique voix-accordéon de haute voltige, expressionniste. Ça court, ça file, ça rit, ça pleure, ça se contredit, ça cherche, ça rêve, ça chante, ça raisonne, ça vole, ça vit. Le récit sur ces petits autres du quotidien embarque le spectateur dans un récit sur l’altérité. Une très belle parole théâtrale dans une petite forme de grande justesse et de grande humanité....

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Le Roi Arthur – Jean-Philippe Bêche – Théâtre de l’Epée de Bois
Sep23

Le Roi Arthur – Jean-Philippe Bêche – Théâtre de l’Epée de Bois

Une légende arthurienne tout en énergie Mettre en scène la légende arthurienne est un réel défi. Parce que la culture populaire en a une représentation, parce que la littérature et les fictions en ont créé de multiples versions. Si l’existence d’Arthur n’est toujours pas attestée, la légende bâtie au cours de l’histoire autour de ce roi défenseur de la Bretagne se renouvelle régulièrement dans l’imaginaire collectif. La version écrite et mise en scène par Jean- Philippe Bêche présente une légende arthurienne dans un site remarquable qui se prête au voyage dans le temps : le plateau dénudé du Théâtre de l’Epée de bois à la Cartoucherie de Vincennes. Le mur de fond de scène en pierre, les lampes en fer forgé, l’immense plateau cabossé diffusent d’emblée chez le spectateur un dépaysement favorable à la bascule médiévale. La présence de Merlin dès l’entrée du public et la diffusion d’encens dans la salle finit pas plonger totalement le public dans un autre monde. S’engage ensuite une narration vive et puissante de la légende en 1h45. Avec force et beaucoup d’ardeur les comédiens enchaînent un texte qui s’imprègne d’un ton shakespearien. Si le jeu se veut réaliste, les costumes ne tombent pas dans la caricature, les chevaliers et roi portent des manteaux longs rappelant ceux de la grande guerre et non des costumes d’époque qui alourdiraient le plateau. Le costume de la fée Morgane proche de la Fée des Lilas de Jacques Demy interroge néanmoins. On suit ainsi au fil du temps la chronologie des événements. L’ensemble est de qualité, certes, mais le jeu en force et parfois en cri, du début à la fin de la pièce, part pris assumé comme une animalité, enlève toute possibilité de nuances à un texte de qualité qui pourtant le permettrait. La magie de Brocéliande en est pour le coup estompée, comme la dimension sensible de la fin’amor entre Guenièvre et Lancelot, bien loin de L’Enchanteur de Barjavel et de sa page blanche. La très jolie trouvaille reste sans doute l’intervention d’un percussionniste qui scande et rythme la narration. L’utilisation d’un thérémine apporte une dimension mystique et lyrique qui fait écho au jeu théâtral d’un excellent Merlin qui pourrait encore aller plus loin dans la folie. Une version à voir en famille qui redore le blason de la légende....

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JAN FABRE – Ma nation : l’imagination – Fondation MAEGHT
Août18

JAN FABRE – Ma nation : l’imagination – Fondation MAEGHT

My only nation is imagination. Avec cette phrase qui ouvre l’exposition, Jan Fabre vient célébrer l’imagination et le pouvoir du cerveau, icône récurrente et mystique de l’artiste. Un territoire sans limite. Jan Fabre appartient à la liste des artistes contemporains les plus renommés à travers le monde. L’artiste est polyvalent. Il oeuvre aussi bien dans le théâtre contemporain, que la danse ou l’opéra. Si vous n’avez jamais traversé son univers, l’exposition de la Fondation Maeght est une excellente entrée en matière. Celle-ci axe le parcours du spectateur sur trois formes de production de l’artiste : les sculptures, les esquisses qui montrent le cheminement de la pensée de l’artiste et ses oeuvres au stylo BIC. L’exposition, spectaculaire, surréaliste, iconoclaste comme souvent, est facile d’accès pour le profane, seul ou en famille. Vous rêverez, sourirez-ou pas- devant ses magnifiques Pietàs qui avaient fait un petit scandale à la Biennale de Venise de 2011 et qui siègent enfin dans leur totalité dans la cour de la Fondation à la place des habituelles statues de Giacometti. BHL avait réussi à faire venir une des Piétas (Pietà 5) pour son exposition Les aventures de la vérité, mais sans l’estrade dorée et ses 5 sculptures qui participent à la sacralisation de l’oeuvre. La présence de cette oeuvre monumentale dans le paysage solaire de la fondation mérite à elle seule la visite. Superbe. La présence de la mort sous forme d’installation reviendra plus tard dans l’exposition, notamment dans la salle Giacometti, sanctuaire iconoclaste dédié aux Gisants figés dans le marbre de Carrare blanc que sont E.C. Crosby et K.Z. Lorentz. Impressionnantes sculptures funéraires dédiées aux sciences de la vie. Les insectes statufiés parcourent comme dans les Pietàs les corps des scientifiques. Deux matières sont particulièrement exposées, le marbre blanc qui apporte une pureté à chaque sculpture et contribue à la sacralisation de l’objet et la silicone qui accroît le réalisme de cerveaux ou de parties corporelles. Il suffit de faire vibrer légèrement le piédestal des jambes cérébrales pour comprendre l’influence de la matière gélatineuse sur le sujet. L’aspect gélifié des jambes produit une répulsion-fascination digne des écorchés de Fragonard. L’ensemble agit comme un cabinet de curiosités, un entre-deux mêlant sujet et objet, vivant et mort, dans lequel le cortex de Jan Fabre entre en résonance avec celui du spectateur. Un effet miroir égocentrique qui ne peut laisser indifférent et vient rappeler avec talent à tous que l’imagination reste un potentiel unique, pour l’artiste comme pour le spectateur. Jan Fabre en ce sens se place dans la droite lignée de toute la réflexion déjà portée en son temps par Diderot qui plaçait l’imagination au fondement même de notre humanité...

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My Ladies Rock – Jean-Claude Gallotta – Théâtre du Rond-Point
Jan21

My Ladies Rock – Jean-Claude Gallotta – Théâtre du Rond-Point

“La femme est le présent de l’homme” My Ladies Rock est un spectacle de danse contemporaine qui revient sur l’histoire du rock et de ces femmes qui ont réussi à casser ce plafond de verre qui ne leur donnait pas accès aux chemins du rock et du succès, de Wanda Jackson jusqu’à Tina Turner en passant par Brenda Lee, Betty Davis, Christine ou Aretha Franklin… La scénographie didactique et simple–un diaporama de portraits sur le cyclo de fond de scène en alternance avec des ballets en musique sur un plateau nu- donne une réelle lisibilité à ces femmes du rock qui surplombent la scène et le public. Au-delà des figures du Club des  27, les photographies apportent une vision trans-générationnelle. Au-delà des visages vieillissants de Joan Baez ou Patti Smith, reste l’âme des musiques et l’histoire de combats pour être, chanter et transgresser, à l’égal du possible de l’homme et de la femme, parfois jusqu’à l’autodestruction. Sur le plateau, c’est une explosion de joie et de sensualité qui s’exprime au travers des onze danseurs du groupe Emile Dubois. Les duos, trios, quatuors, dixtuors s’enchaînent avec énergie et fantaisie. Magnifique duo sensuel sur Sister Morphine de Marianne Faithfull, superbe sextuor sur le grave My Funny Valentine de Nico, provoquant Dread Love de Nina Hagen et si joyeux Proud Mary collectif de Tina Turner en tableau final. Une scène qui vibre de liberté et d’égalité. Grâce aux costumes et aux corps des danseurs, Gallotta joue avec les genres et l’androgynie souvent présente dans le rock, de Bowie à Jagger, preuve que la question du genre n’est pas propre aux débats actuels mais transcende à travers l’art de nombreuses icônes du rock. Si on aurait sans doute aimé plus d’audace et de provocation pour retranscrire les routes ô combien chaotiques de ces femmes aventurières du rock, l’hommage rétrospectif est réussi. Les danses cherchent à faire du bien et ça marche. Ce spectacle est d’utilité publique. La chorégraphie est à vivre et partager avec les plus jeunes pour comprendre le monde d’aujourd’hui et mieux le faire avancer. Ce combat courageux pour l’égalité des droits des femmes passe aussi par les chemins du rock et de la danse. Gallotta finit  la chorégraphie  en rêvant d’une « femme présent de l’homme », comme une volonté de ne pas différer dans le temps les droits de celle-ci. I have a dream…...

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Songes d’un illusionniste – Rémi Larrousse – Théâtre du Lucernaire
Jan06

Songes d’un illusionniste – Rémi Larrousse – Théâtre du Lucernaire

Quand la logique du réel vient rejoindre les rêves… L’illusion existe. Rémi Larrousse est mentaliste. Son objectif est de créer l’illusion de conditions paranormales (télépathie, hypermnésie…) sur scène. Dans le domaine, le monsieur n’en est pas à ses débuts. En 2014, il est récompensé du Mandrake d’Or, l’Oscar de la Magie. Rapidement, on comprend les raisons du succès. L’art de la parole, l’utilisation de Haïkus, les éclairages, les décors s’organisent méthodiquement pour mettre à rude épreuve le réel et tout grincheux rationaliste. Dès le début du spectacle, les spectateurs sont mis à contribution pour écrire quelques rêves personnels que M. Larrousse prendra plaisir à retrouver. Suivent alors des moments aussi étonnants que suspects. La Magie est en oeuvre. Le spectateur alterne dès lors ses pensées entre questionnement sur les faits, les paroles prononcées et moments de poésie. Devant la complexité des agencements pouvant expliquer ce joli numéro d’illusion, le plus simple est probablement de se laisser porter et de rêver avec ce mentaliste de talent. Une jolie réussite à partager en famille. L’illusion existe....

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L’un de nous – Albin de la Simone – (Tôt ou tard)
Déc06

L’un de nous – Albin de la Simone – (Tôt ou tard)

Une jolie ballade automnale et pointilliste L’un de nous est un très joli album d’Albin de la Simone. On y découvre tout au long des morceaux le questionnement d’un quadramoureux. La couverture empruntée à une photographie de l’artiste contemporaine Sophie Calle annonce la couleur. Celle des différences, d’une douce jungle et des improbables rencontres entre animaux. Parmi eux, l’un de nous. Les textes, minimalistes, écrits au « je » entre 2014 et 2016 par Albin de la Simone abordent le couple, les séparations, le temps qui passe, la solitude. La voix est particulièrement bien travaillée et posée sur des textes qui ont très belle place dans l’ensemble. Les mélodies sont particulièrement efficaces (Dans la tête, Le grand amour, A midi on m’a dit). Tout est construit autour du piano-voix clairement mis en avant. Les arrangements, originaux, accompagnent les textes, par touche de couleur sans prendre le pouvoir sur la voix, en deçà. Il en résulte une couleur automnale, boisée, un brin mélancolique, en introspection. Parmi les chants, on discerne des voix de femmes, Maria Carlyle (chant de sirène de A midi on m’a dit), Sabina Sciubba (A quoi), Vanessa Paradis (Ado), comme en écho aux rêveries d’un chanteur solitaire, fantomatiques. L’album s’écoute et se réécoute avec douceur. En pointillisme....

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Les Autres – Jean-Claude Grumberg – Jean-Louis Benoit – Théâtre l’Épée de Bois
Nov26

Les Autres – Jean-Claude Grumberg – Jean-Louis Benoit – Théâtre l’Épée de Bois

L’hyperréalisme comme alerte Michu, Les Vacances, Rixe, La Vocation sont quatre courtes pièces de Jean-Claude Grumberg regroupées par Jean-Louis Benoit sous le titre Les Autres. Avec comme fil conducteur une famille composée du père, de la mère et de deux fils, Les Autres s’attaque aux mécanismes du racisme, de l’antisémitisme, de la xénophobie, de la différence incomprise, source de peurs et d’horreurs. Le père joué par un excellent Philippe Duquesne a l’apparence du type banal et simple. La mère jouée par Nicole Max a tout de la femme soumise au système patriarcal. Le couple navigue ainsi du lit conjugal, au restaurant de vacances, en passant par la vie de famille au domicile en compagnie des deux fils. A chaque fois, l’étranger, l’autre, l’imprévu, le mauvais fils,  surgit au milieu de la fable et déstabilise le père qui réagit alors avec toute sa monstrueuse bassesse, parfois avec orgueil, parfois avec lâcheté mais jamais sans sourciller, sans se questionner. Le pouvoir aveugle et destructeur du père y est montré comme réducteur des différences et volonté de faire l’autre à son image, en s’en moquant, en le chassant ou en le tuant. Dans cette mise en scène épurée de la vie quotidienne, les textes acérés et crus de Grumberg prennent toute leur ampleur et mettent en tension le spectateur avec les comédiens. Celui-ci ne peut que s’interroger sur la violence des mots employés, directs, et en dehors de tout contrat social. Le rire du spectateur agit aussi bien pour marquer le désaccord devant la radicalité que pour exprimer un malaise devant un discours décomplexé de la haine de l’autre ou des relations familiales malsaines. Seule une porte battante acharnée contre un personnage finira par rappeler que nous sommes dans une comédie théâtrale et que tout n’est que bouffonnerie. Les Autres est d’utilité publique, c’est certain. Le discours idéologisé et outrancier de Grumberg permet très efficacement à chaque spectateur de se situer et d’observer les dérives de la haine dans une France de l’ombre, une France animée parfois de rencontres ratées avec l’altérité et l’humanité de l’homme.   http://www.epeedebois.com/ Durée : 1h40 Représentations : Du 23 novembre au 23 décembre 2017 Du jeudi au samedi à 20h30 Samedi et dimanche à...

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Welcome to Woodstock – Théâtre Comédia- Laurent Serrano
Oct08

Welcome to Woodstock – Théâtre Comédia- Laurent Serrano

Un rock en stock sympathique Welcome to Woodstock revient sur l’événement du point de vue de la jeunesse française des années 60. 6 jeunes issus d’un milieu bourgeois et en rupture avec leur famille décident de rejoindre l’événement annoncé aux Etats-Unis. C’est l’occasion pour cette jeunesse de nous réinterpréter au fur et à mesure de leur itinéraire quelques morceaux d’anthologie qui viendront jalonner l’histoire de la musique des années 70. Dans une scénographie soignée, les jeunes chanteurs portent avec talent des chants qui feront battre du pied les spectateurs. The Who, Janis Joplin, Jimi Hendrix, Cat Stevens, Bob Dylan, les Doors, Joe Cocker et bien d’autres sont de la partie. Le tour de chant et l’orchestration sont très réussis même si l’on regrettera une mise en scène hygiéniste qui vient pour le coup en rupture avec l’esprit déjanté du Woodstock d’origine. On est loin des glissades dans la boue de la vidéo projetée. Le metteur en scène, un brin scolaire,  ne parvient que maladroitement à évoquer la liberté sexuelle dans une scène dénudée un tantinet trop longue. Sur scène, les pétards sont en carton et les délires sont en papier. Un petit côté Hélène et les garçons trop peu audacieux qui passe rapidement sur l’Histoire avec une grande hache. Un spectacle à écouter : les chants de Xavier V Combs, Yann Destal, Jules Grison, Magali Goblet, Morgane Cabot ou de Margaux Maillet font mouche. Un esprit de camaraderie qui vous fera passer un sympathique moment en famille. http://www.welcometowoodstock.com/...

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Novecento – Alessandro Baricco – Théâtre du Rond-Point
Sep15

Novecento – Alessandro Baricco – Théâtre du Rond-Point

L’élégance et la légèreté d’André Dussolier dans une fable de Baricco.   André Dussolier rêvait de pouvoir monter ce monologue d’Alessandro Baricco, auteur reconnu en Italie et si méconnu en France. Jean-Michel Ribes leur offre un plateau. André Dussolier est seul en scène à conter cette histoire d’une belle humanité, accompagné à cour par un quatuor composé du pianiste Elio Di Tanna, du trompettiste Sylvain Gontard, du batteur Michel Bocchi et du contrebassiste Olivier Andrès. Dans un univers réaliste, le quintet d’un soir nous propose une belle adaptation de la partition théâtrale de Baricco avec pour seuls artifices quelques cyclos finement décorés et un escalier mobile. Novecento raconte l’histoire d’un enfant abandonné  dans une boîte sur le pont de première classe d’un Paquebot transatlantique nommé le Virginian. Cette boîte est posée sur un piano, signe d’un destin. Cet enfant, surnommé Novecento, grandira dans ce paquebot aux allures de prison flottante, apprendra le piano pour devenir un virtuose à la créativité débordante. L’inattendu prodige. L’enfant devient homme, écoute les voyageurs, sans jamais mettre le pied à terre. Il invente son monde en musique, dans la contrainte des 88 notes de son clavier, dans la contrainte de ce bateau qui ne fait que des allers-retours, entre les continents Europe et Amérique. Il entend par hasard Titine du migrant Chaplin, joue des Gymnopédies, du Bach,  un balbutiement du melting-pot américain. Novecento, c’est surtout 1900. Le jazz est là, comme une révolution de la dissonance. En construction sur, en construction avec les phrases classiques. Ca ragtime.Ca blues. Ca swing. Entre 1900 et 33, aube de la guerre, Novecento le pianiste crée. La musique, comme relais de l’émotion, enchante le plateau et dynamite un Dussolier trompettiste dans la fable, Monsieur Loyal et conteur sur scène. Un Dussolier plaisir qui n’a aucune peine à tenir le grand plateau du Rond-Point et à nous embarquer dans son récit autobiographique. Elégante, lègère comme peut l’être l’acteur de Resnais, la pièce peint l’authenticité d’un territoire, la possibilité d’une île, comme source des plus belles évasions et des plus belles audaces. Un hommage à la liberté d’être et de devenir. De très beaux moments de vie traversent le spectacle, notamment quand André Dussolier trompettiste se laisse porter par une musique endiablée jouée par un pianiste en osmose avec l’océan, ou encore lorsque Novecento raconte en fin de parcours pourquoi il n’a jamais réussi à vivre sur terre. Le monde a trop de possibles pour être bon musicien. “Sur ce clavier-là, il n’y a aucune musique que tu puisses jouer. Tu n’es pas assis sur le bon tabouret : ce piano-là, c’est Dieu qui y joue.” Le texte donne une bonne bouffée d’air théâtrale et musicale. Un joli conte humaniste sur l’amitié, les forces de...

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BOXE BOXE – Mourad Merzouki – Quatuor Debussy- Théâtre du Rond-Point
Mai29

BOXE BOXE – Mourad Merzouki – Quatuor Debussy- Théâtre du Rond-Point

Du ring, de la danse et des cordes… L’œuvre est belle. Ils sont douze sur le plateau, danseurs et musiciens. Les danseurs sont ceux de la compagnie Käfig. Les musiciens sont issus du quatuor Debussy. Les compositeurs se nomment Schubert, Ravel, Verdi, Glenn Miller, Philip Glass, Mendelssohn, AS’N. Le chorégraphe, Mourad Merzouki, le scénographe, Benjamin Lebreton. Zelliges couleur sable en filigrane sur le cyclo de fond scène, volutes en fer forgé plus ou moins cabossées, costumes noir et blanc aux tonalités burlesques plantent le décor d’un ring où tout semble possible. Orchestrés par un arbitre bedonnant et par un quatuor à cordes, les danseurs se laissent embarquer dans une variation sur la boxe qui les magnifie. Avec élégance et humour, Mourad Merzouki parvient à mêler un sport spectaculaire aux défis gravitationnels de la danse contemporaine, du hip-hop et des notes classiques. Tout commence sur un ring, avec des gants couleur nez-de-clown, marionnettes vibrant en musique. La partition fonctionne. Le mouvement entre en action. Les gants donnent naissance à un amas de chair mouvante dont s’extraient les danseurs. Et le danseur fut. La sortie du ring pour le plateau est immédiate. Les danseurs s’élanceront alors pendant près d’une heure dans un ballet en hommage à la boxe et au corps. La performance est physique mais également esthétique. Les ruptures de rythmes produisent des effets hypnotiques : les actions ralenties des danseurs mêlées aux lumières de Yoann Tivoli semblent sortir d’un mirage. Les danseurs fantomatiques  avancent sur nous. Le résultat est stupéfiant. Les duo, trio et ensemble s’enchaînent à un rythme effréné dans des chorégraphies qui mettent en avant contacts harmonieux en opposition avec l’image « choc » de la boxe. Les coups et les narrations sont visuelles, fondées sur l’art de l’esquive et la perception des espaces. Un unique tableau montre le boxeur en action sur un sac de frappe, comme un hommage appuyé et ces forçats de l’effort. L’ensemble n’est que plaisir pour les oreilles et les yeux . Le lyrisme est là, le temps suspendu, les corps poussés au-delà. Une poétique de la boxe d’une grande élégance à ne pas manquer. http://www.theatredurondpoint.fr/ Drôle de lutte / Boxe Boxe par...

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L’ombre de Stella – Pierre Barillet – Denis d’Arcangelo – Théâtre du Rond-Point
Mai28

L’ombre de Stella – Pierre Barillet – Denis d’Arcangelo – Théâtre du Rond-Point

  Denis d’Arcangelo ou la force des paradoxes Denis d’Arcangelo, seul en scène, joue Mylène. Mylène a été la secrétaire particulière de Stella, star des années 40. En échange d’un contrat, Mylène accepte de replonger dans un passé nostalgique aux arcanes ténébreux, souvent douloureux et de l’enregistrer. C’est l’occasion pour la secrétaire de sortir de l’ombre du silence et de briller quelques minutes sous les feux de la rampe. Denis d’Arcangelo, dans une mise en scène de Thierry Harcourt et sur un texte de Pierre Barillet, y joue une femme prolétarienne à la gouaille et au ton affirmés. Le parler est franc, tinté d’un accent titi parisien. La bascule dans la mémoire de l’histoire opère rapidement. Avec douceur et tendresse, Denis d’Arcangelo attrape le temps et l’égraine pour mettre en évidence tous les paradoxes d’une relation fondée sur l’admiration, l’amour d’un métier, l’amour d’une femme en réussite et les tiraillements intérieurs d’une femme qui voit sa vie consacrée à celle d’une autre. On sourit. La mémoire est en spectacle. Les grands événements laissent leurs traces. La femme-personnage témoigne de la vie amoureuse d’une autre femme amoureuse d’un allemand sous l’occupation.  Les parfums de la collaboration remontent. Le doute s’installe. Mylène aime sa star. Mylène est une femme prisonnière de l’histoire, des paillettes et de sa fidélité. De la servitude à  la grandeur, Mylène voyage. Le spectateur avec. A travers ce texte et le jeu tragi-comique de Denis d’Arcangelo, on s’imprègne des jalousies, des brisures, des fêlures qui fabriquent les hommes et les femmes. Un récit de vie humble, touchant. Un numéro d’acteur audacieux. Bienheureux les fêlés qui laissent passer la lumière....

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C’est encore mieux l’après-midi – Ray Cooney – Théâtre Hébertot
Mar11

C’est encore mieux l’après-midi – Ray Cooney – Théâtre Hébertot

              Adapté d’une pièce de Ray Cooney, dramaturge britannique, C’est encore mieux l’après-midi est un vaudeville qui met en scène un député ayant décidé de passer l’après-midi dans un hôtel avec sa maîtresse plutôt que sur les bancs de l’assemblée nationale. Utilisant les ressorts comiques du genre comme les quiproquos ou les claquements de porte, le metteur en scène José Paul réussit à donner à l’intrigue une énergie  redoutable. Tambour battant, le couple Pierre Cassignard et Lysiane Meis – aussi menteur l’un que l’autre- fait valser un hilarant Sébastien Castro en assistant parlementaire. Le rythme est soutenu et à contre-courant du jeu du comédien Castro qui se plait à suspendre le temps pour exprimer embarras et incompréhension devant des situations qui lui échappent totalement. Guilhem Pellegrin joue un directeur d’hôtel digne d’un Philippe Khorsand dans la série Palace.  Le public rit énormément. Si l’écriture manque parfois de finesse et notamment la fin,  le rythme, les quiproquos, la mise en scène et surtout le jeu des comédiens font de ce vaudeville une réussite comique qui ravira les amateurs du genre. http://theatrehebertot.com/  À partir du 23 février 2017 – Du mardi au samedi à 21h – Samedi 16h30 et dimanche 15h00 Durée :...

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FELLAG – Bled Runner – Théâtre du Rond-Point
Fév26

FELLAG – Bled Runner – Théâtre du Rond-Point

“Vous avez raté la colonisation, nous avons raté l’indépendance, on est quitte !”

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NOCE – Jean-Luc Lagarce / Pierre Notte – Théâtre Lucernaire
Fév12

NOCE – Jean-Luc Lagarce / Pierre Notte – Théâtre Lucernaire

                Une Noce qui l’emporte à l’arrachée Jean-Luc Lagarce est un des dramaturges contemporains les plus joués en France. Son succès est sans nul doute lié à la force de l’écriture. Une écriture qui cherche sans relâche à réinterroger la langue française et sa représentation théâtrale. Ses personnages sont des fantoches qu’il manipule, n’hésitant pas à les faire répéter leur texte, les faire sortir du discours pour les relancer sur d’autres mots ou d’autres phrases. Le mélange est détonnant, frise l’absurde. On retrouve sur le plateau les 5 personnages de Noces, une pièce écrite en 1982 dans laquelle Lagarce s’amuse avec le rêve provincial fantasmé d’invitations à la Noce. Serai-je invité à la Noce dont tout le monde parle ou ne le serai-je pas ? Dès lors les personnages vont se heurter à la langue de Lagarce qui se joue d’eux-mêmes et aux événements narratifs qui viendront leur barrer la route. La Noce est fantasmée. Plus le fantasme est grand, plus la lutte pour faire partie des invités sera acharnée. Ils parviendront à entrer pour le meilleur et pour le pire. Dans cette mise en scène de Pierre Notte, une grande liberté est laissée aux comédiens. Le plateau devient un ring dans lequel les comédiens se débattent avec la langue et parfois avec eux-mêmes. Le décor est succinct : une table pliante, quelques chaises, quelques valises, des accessoires en toc, et des bouteilles d’eau pour les plus sportifs. La musique d’ambiance digne de Psychose est là pour cadencer et martyriser les personnages qui demandent régulièrement un répit au régisseur. Les conséquences sont sans appel : une course folle dans laquelle le texte est lancé en coups de poing du début à la fin sans crescendo, sans respiration. Paola Valentin joue une enfant-coryphée qui vise juste. Ça claque et ça fuse. Eve Herszfeld joue une dame d’une bonhommie qui allège la charge. Gregory Barco et Bertrand Degrémont un homme  et un monsieur aux variations mesurées tandis qu’Amandine Sroussi, cocotte-minute ruisselante, joue une femme en sur-jeu permanent, déséquilibrant le plateau et effaçant dans l’excès tout collectif possible. Si on comprend bien le parti pris du combat engagé qui s’opère, on comprend assez mal en définitive la nécessité de jeu en surtension permanente pour un texte réduit ici à une partition mécanique, loin de toute nuance et d’émotions possibles. On rit lorsque Lagarce pousse ses personnages dans le pillage de la Noce, lorsque l’absurde s’empare du drame au milieu de barricades. Mais on regrettera sans doute ce trop-plein de cabotinage, de précipitation, de sur-jeu inutile qui court-circuite le possible vertige du texte, la possible angoisse de personnages rejetés...

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Triptyque- Les 7 doigts de la main – Marie Chouinard – Victor Quijada – Marcos Morau
Jan25

Triptyque- Les 7 doigts de la main – Marie Chouinard – Victor Quijada – Marcos Morau

Quand le cirque rencontre la danse contemporaine Circassiens, les artistes de la Compagnie Les 7 doigts de la main présentent dans Triptyque trois mondes chorégraphiés par Marie Chouinard, Victor Quijada et Marcos Morau. Ils sont jeunes et abordent le plateau avec une force et une poésie aériennes spectaculaires. On y retrouve des thèmes de recherche propre à chaque chorégraphe. Les béquilles médicales de Marie Chouinard donnent ici naissance à deux êtres protéiformes dont l’animalité joue avec des représentations mythologiques. Certains y verront un ballet entre un faune-centaure et une nymphe-biche, d’autres des êtres issus d’un monde de science-fiction digne de Bradbury. Portés par une musique originale de Louis Dufort, Anne Plamandon et Samuel Tétreault jouent une rencontre rythmée par l’interdépendance d’une relation affective naissante. Le violoncelle les porte et les soutient dans une ambiance boisée. Le résultat est marquant et d’un onirisme de haute volée. Plus géométrique, Variations 9.81  de Victor Quijada, laisse une place plus représentative aux équilibres. 21 cannes d’équilibre peuvent être déplacées sur un des 75 ancrages possibles percés au sol. Les probables compositions laissent entrevoir une infinité de possibilités. Mathématique, ce tableau impressionne par la mécanique qui s’installe, comme une perdition qui fait perdre au spectateur tout repère habituel. Une gravité inversée dans laquelle les équilibres et les mouvements laissent transparaître des mouvements de hip hop. Un doux mélange de danse urbaine et contemporaine. Nocturne, dernier tableau du triptyque chorégraphié par Marcos Moreau est sans doute le plus vertigineux des trois. Surréaliste. Les artistes dévoilent l’éventail des possibles à partir d’un espace du quotidien, une chambre avec un poste de télévision. Ceci n’est pas une chambre. La danse vient percuter l’espace et les objets afin d’y laisser entrer la verticalité du cirque. Le plateau devient une piste onirique. Le lit s’envole. Monocycle, sangles aériennes, corde lisse, main à main s’invitent. Spectaculaire. Un défi aux contraintes physiques. Un possible rêve. Triptyque est un mélange des arts de très haute tenue à ne pas...

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RICHARD III – LOYAULTÉ ME LIE – WILLIAM SHAKESPEARE – Jean Lambert-Wild – Elodie Bordas- Lorenzo Malaguerra- Gerald Garutti- Stephane Blanquet et Jean-Luc Therminarias
Nov19

RICHARD III – LOYAULTÉ ME LIE – WILLIAM SHAKESPEARE – Jean Lambert-Wild – Elodie Bordas- Lorenzo Malaguerra- Gerald Garutti- Stephane Blanquet et Jean-Luc Therminarias

Fantastique ! Il y a du génie dans cette mise en scène. Du génie parce que malgré une adaptation qui paraît lointaine, l’histoire du théâtre élisabéthain traverse le plateau en permanence. Ici, le théâtre se joue à 3 : Jean Lambert-Wild qui joue un Richard III aux allures de Joker mélant folie barbare et tendre solitude, Elodie Bordas qui joue, métamorphose, une pléiade de personnages skakespeariens, et cet impressionnant carrousel forain, décor source et mise en abyme permanente qui collabore à la spirale du pire. Le ballet s’enchaîne.  Le spectateur est emporté dans une danse clownesque tragique. Richard III erre. Perdu, happé par le goût de la mort et déconnecté de toute valeur humaine. Le clown de Lambert-Wild est un chef d’orchestre, un metteur en scène, un funambule qui joue sur le fil de la mort plus que sur celui de la vie. On suit la chute inévitable de ce Richard III carnavalesque qui finira par s’engloutir lui-même. Une variation spectaculaire et directe qui mérite toute notre attention. http://lambert-wild.com/fr/spectacle/richard- iii-loyaulte-me-lie-william-shakespeare http://www.theatredelaquarium.net/  jusqu’ au 3 Décembre 2016 Théâtre de l’AquariumParisFrance Le 6 Décembre 2016 Le CarreauForbachFrance Du 13 au 17 Décembre 2016 Théâtre Dijon BourgogneDijonFrance Le 10 Janvier 2017 Theatre Edwige-FeuillèreVesoulFrance Le 14 Janvier 2017 Theatre de Bretigny – scène conventionnéeBrétigny-sur-OrgeFrance Le 17 Janvier 2017 Théâtre de ChellesChellesFrance Le 20 Janvier 2017 L’escale en co-accueil avec la Ferme du Jeux à Vaux le Penil MELUNFrance Le 27 Janvier 2017 théâtre...

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MARIAGE ET CHATIMENT de David Pharao –  Jean-Luc Moreau – Théâtre Hébertot
Nov11

MARIAGE ET CHATIMENT de David Pharao – Jean-Luc Moreau – Théâtre Hébertot

Un très bon Boulevard à recommander pour cette rentrée et pour les fêtes. Edouard est témoin de mariage de son meilleur ami. Alors que celui-ci s’apprête à partir pour rejoindre le futur marié, le voilà retenu chez lui par une de ses collaboratrices architecte (Zoé NONN) qui, après lui avoir annoncé qu’elle attend un enfant et qu’il en est le père, l’oblige à boucler un projet dans la journée sous peine de tout révéler à sa femme, Marianne (Delphine RICH). Le remord dans l’âme, Edouard (Daniel RUSSO) cède au chantage et renonce malgré lui au mariage de son volcanique et fidèle ami (Laurent GAMELON). Quand celui-ci débarque pour comprendre les raisons de son absence, Edouard, effrayé, lance un mensonge qu’il croit sans importance. Ce n’est malheureusement que le premier. Devant justifier ce mensonge, il en invente un autre qui l’entraîne alors dans une histoire qui finira par totalement le dépasser. La valse des mensonges devient un mélange explosif jusqu’au dénouement final. Mariage et châtiment est un très bon boulevard. Fondé sur une mécanique classique digne de FEYDEAU et de son Tailleur pour dames, avec une distribution plus allégée et des entrelacs moins alambiqués, la pièce met en valeur le jeu des comédiens, très à l’aise dans le genre. Delphine RICH lance la pièce avec énergie et élégance, donne une modernité à l’ensemble. En queue de pie, Laurent GAMELON interprète un marié gentil, dévoué mais sanguin. Un registre dans lequel il excelle. Les airs, les regards et mouvements mis en scène par Jean-Luc Moreau font mouche. La mariée, Fanny OUTEIRO, au service d’un texte qui fait d’elle une femme ingénue et soumise aux événements, apporte toute la naïveté et la légèreté à l’ensemble. Quant à Daniel RUSSO, il interprète un Edouard d’une grande lâcheté avec une couardise proche de celle de De FUNES. Le rythme soutenu, les comiques de situation embarquent rapidement le public dans le rire. Mariage et châtiment est une composition classique et réaliste réussie, une pièce sur le mensonge du mensonge dans laquelle la mise en abyme semble ne jamais s’arrêter. Un joli tourbillon de 5 comédiens à ne pas manquer. http://theatrehebertot.com/mariage-et-chatiment/...

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Kallagan au Point Virgule – Virtuose
Août28

Kallagan au Point Virgule – Virtuose

                L’humour potache qui fait mouche 1ère partie de Fabrice Eboue et de Jeff Panacloc, Révélation du Montreux Comedy festival 2014, Prix du Jury et Prix du Public du festival Mont-Blanc d’humour de Saint-Gervais 2015, Coup de Coeur de l’édition 2015 du “Point Virgule fait l’Olympia et Bobino”,  Kallagan est un jeune trentenaire à l’humour ravageur. Le spectacle de l’humoriste est fondé sur la proximité avec le public propre au café-théâtre, en particulier au Point-Virgule, et son expérience conjugale. Kallagan a le don de la répartie, très rapidement l’analyse de la salle est faite. Les couples et célibataires sont plus ou moins identifiés. Le spectacle évolue entre incises avec le public et histoire de son couple. Kallagan prône la théorie du septennat : 7 ans viennent à bout du couple. Père d’un enfant, Kallagan évoque son point de vue masculin sur la paternité,  les visites chez le gynécologue – avec un accessoire dont on vous laisse le plaisir de la découverte –  les relations avec le beau-père, l’accouchement, le tout en écho avec les réactions du public. Si l’humour est parfois trash et direct, déconseillé aux moins de 16 ans, la salle répond et rit à gorge déployée devant les mimiques ou jeux de scènes visuels du comique qui a l’art d’aborder la chose avec décontraction et beaucoup d’autodérision. Le spectacle ne dure qu’une heure. On aimerait rester davantage pour prolonger les rires et découvrir Kallagan dans un répertoire de sketchs élargi. Une chose est sûre, le potentiel comique est là. Célibataires et couples, vous êtes prévenus : à l’issue du spectacle et des dialogues avec Kallagan, le cours de votre en vie en sera peut-être changé… A découvrir et à suivre de près. http://www.lepointvirgule.com/content/kallagan Le Point Virgule, 7 rue Sainte Croix de la Bretonnerie, 75004...

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