My Ladies Rock – Jean-Claude Gallotta – Théâtre du Rond-Point
Jan21

My Ladies Rock – Jean-Claude Gallotta – Théâtre du Rond-Point

“La femme est le présent de l’homme” My Ladies Rock est un spectacle de danse contemporaine qui revient sur l’histoire du rock et de ces femmes qui ont réussi à casser ce plafond de verre qui ne leur donnait pas accès aux chemins du rock et du succès, de Wanda Jackson jusqu’à Tina Turner en passant par Brenda Lee, Betty Davis, Christine ou Aretha Franklin… La scénographie didactique et simple–un diaporama de portraits sur le cyclo de fond de scène en alternance avec des ballets en musique sur un plateau nu- donne une réelle lisibilité à ces femmes du rock qui surplombent la scène et le public. Au-delà des figures du Club des  27, les photographies apportent une vision trans-générationnelle. Au-delà des visages vieillissants de Joan Baez ou Patti Smith, reste l’âme des musiques et l’histoire de combats pour être, chanter et transgresser, à l’égal du possible de l’homme et de la femme, parfois jusqu’à l’autodestruction. Sur le plateau, c’est une explosion de joie et de sensualité qui s’exprime au travers des onze danseurs du groupe Emile Dubois. Les duos, trios, quatuors, dixtuors s’enchaînent avec énergie et fantaisie. Magnifique duo sensuel sur Sister Morphine de Marianne Faithfull, superbe sextuor sur le grave My Funny Valentine de Nico, provoquant Dread Love de Nina Hagen et si joyeux Proud Mary collectif de Tina Turner en tableau final. Une scène qui vibre de liberté et d’égalité. Grâce aux costumes et aux corps des danseurs, Gallotta joue avec les genres et l’androgynie souvent présente dans le rock, de Bowie à Jagger, preuve que la question du genre n’est pas propre aux débats actuels mais transcende à travers l’art de nombreuses icônes du rock. Si on aurait sans doute aimé plus d’audace et de provocation pour retranscrire les routes ô combien chaotiques de ces femmes aventurières du rock, l’hommage rétrospectif est réussi. Les danses cherchent à faire du bien et ça marche. Ce spectacle est d’utilité publique. La chorégraphie est à vivre et partager avec les plus jeunes pour comprendre le monde d’aujourd’hui et mieux le faire avancer. Ce combat courageux pour l’égalité des droits des femmes passe aussi par les chemins du rock et de la danse. Gallotta finit  la chorégraphie  en rêvant d’une « femme présent de l’homme », comme une volonté de ne pas différer dans le temps les droits de celle-ci. I have a dream…...

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Songes d’un illusionniste – Rémi Larrousse – Théâtre du Lucernaire
Jan06

Songes d’un illusionniste – Rémi Larrousse – Théâtre du Lucernaire

Quand la logique du réel vient rejoindre les rêves… L’illusion existe. Rémi Larrousse est mentaliste. Son objectif est de créer l’illusion de conditions paranormales (télépathie, hypermnésie…) sur scène. Dans le domaine, le monsieur n’en est pas à ses débuts. En 2014, il est récompensé du Mandrake d’Or, l’Oscar de la Magie. Rapidement, on comprend les raisons du succès. L’art de la parole, l’utilisation de Haïkus, les éclairages, les décors s’organisent méthodiquement pour mettre à rude épreuve le réel et tout grincheux rationaliste. Dès le début du spectacle, les spectateurs sont mis à contribution pour écrire quelques rêves personnels que M. Larrousse prendra plaisir à retrouver. Suivent alors des moments aussi étonnants que suspects. La Magie est en oeuvre. Le spectateur alterne dès lors ses pensées entre questionnement sur les faits, les paroles prononcées et moments de poésie. Devant la complexité des agencements pouvant expliquer ce joli numéro d’illusion, le plus simple est probablement de se laisser porter et de rêver avec ce mentaliste de talent. Une jolie réussite à partager en famille. L’illusion existe....

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L’un de nous – Albin de la Simone – (Tôt ou tard)
Déc06

L’un de nous – Albin de la Simone – (Tôt ou tard)

Une jolie ballade automnale et pointilliste L’un de nous est un très joli album d’Albin de la Simone. On y découvre tout au long des morceaux le questionnement d’un quadramoureux. La couverture empruntée à une photographie de l’artiste contemporaine Sophie Calle annonce la couleur. Celle des différences, d’une douce jungle et des improbables rencontres entre animaux. Parmi eux, l’un de nous. Les textes, minimalistes, écrits au « je » entre 2014 et 2016 par Albin de la Simone abordent le couple, les séparations, le temps qui passe, la solitude. La voix est particulièrement bien travaillée et posée sur des textes qui ont très belle place dans l’ensemble. Les mélodies sont particulièrement efficaces (Dans la tête, Le grand amour, A midi on m’a dit). Tout est construit autour du piano-voix clairement mis en avant. Les arrangements, originaux, accompagnent les textes, par touche de couleur sans prendre le pouvoir sur la voix, en deçà. Il en résulte une couleur automnale, boisée, un brin mélancolique, en introspection. Parmi les chants, on discerne des voix de femmes, Maria Carlyle (chant de sirène de A midi on m’a dit), Sabina Sciubba (A quoi), Vanessa Paradis (Ado), comme en écho aux rêveries d’un chanteur solitaire, fantomatiques. L’album s’écoute et se réécoute avec douceur. En pointillisme....

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Les Autres – Jean-Claude Grumberg – Jean-Louis Benoit – Théâtre l’Épée de Bois
Nov26

Les Autres – Jean-Claude Grumberg – Jean-Louis Benoit – Théâtre l’Épée de Bois

L’hyperréalisme comme alerte Michu, Les Vacances, Rixe, La Vocation sont quatre courtes pièces de Jean-Claude Grumberg regroupées par Jean-Louis Benoit sous le titre Les Autres. Avec comme fil conducteur une famille composée du père, de la mère et de deux fils, Les Autres s’attaque aux mécanismes du racisme, de l’antisémitisme, de la xénophobie, de la différence incomprise, source de peurs et d’horreurs. Le père joué par un excellent Philippe Duquesne a l’apparence du type banal et simple. La mère jouée par Nicole Max a tout de la femme soumise au système patriarcal. Le couple navigue ainsi du lit conjugal, au restaurant de vacances, en passant par la vie de famille au domicile en compagnie des deux fils. A chaque fois, l’étranger, l’autre, l’imprévu, le mauvais fils,  surgit au milieu de la fable et déstabilise le père qui réagit alors avec toute sa monstrueuse bassesse, parfois avec orgueil, parfois avec lâcheté mais jamais sans sourciller, sans se questionner. Le pouvoir aveugle et destructeur du père y est montré comme réducteur des différences et volonté de faire l’autre à son image, en s’en moquant, en le chassant ou en le tuant. Dans cette mise en scène épurée de la vie quotidienne, les textes acérés et crus de Grumberg prennent toute leur ampleur et mettent en tension le spectateur avec les comédiens. Celui-ci ne peut que s’interroger sur la violence des mots employés, directs, et en dehors de tout contrat social. Le rire du spectateur agit aussi bien pour marquer le désaccord devant la radicalité que pour exprimer un malaise devant un discours décomplexé de la haine de l’autre ou des relations familiales malsaines. Seule une porte battante acharnée contre un personnage finira par rappeler que nous sommes dans une comédie théâtrale et que tout n’est que bouffonnerie. Les Autres est d’utilité publique, c’est certain. Le discours idéologisé et outrancier de Grumberg permet très efficacement à chaque spectateur de se situer et d’observer les dérives de la haine dans une France de l’ombre, une France animée parfois de rencontres ratées avec l’altérité et l’humanité de l’homme.   http://www.epeedebois.com/ Durée : 1h40 Représentations : Du 23 novembre au 23 décembre 2017 Du jeudi au samedi à 20h30 Samedi et dimanche à...

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Welcome to Woodstock – Théâtre Comédia- Laurent Serrano
Oct08

Welcome to Woodstock – Théâtre Comédia- Laurent Serrano

Un rock en stock sympathique Welcome to Woodstock revient sur l’événement du point de vue de la jeunesse française des années 60. 6 jeunes issus d’un milieu bourgeois et en rupture avec leur famille décident de rejoindre l’événement annoncé aux Etats-Unis. C’est l’occasion pour cette jeunesse de nous réinterpréter au fur et à mesure de leur itinéraire quelques morceaux d’anthologie qui viendront jalonner l’histoire de la musique des années 70. Dans une scénographie soignée, les jeunes chanteurs portent avec talent des chants qui feront battre du pied les spectateurs. The Who, Janis Joplin, Jimi Hendrix, Cat Stevens, Bob Dylan, les Doors, Joe Cocker et bien d’autres sont de la partie. Le tour de chant et l’orchestration sont très réussis même si l’on regrettera une mise en scène hygiéniste qui vient pour le coup en rupture avec l’esprit déjanté du Woodstock d’origine. On est loin des glissades dans la boue de la vidéo projetée. Le metteur en scène, un brin scolaire,  ne parvient que maladroitement à évoquer la liberté sexuelle dans une scène dénudée un tantinet trop longue. Sur scène, les pétards sont en carton et les délires sont en papier. Un petit côté Hélène et les garçons trop peu audacieux qui passe rapidement sur l’Histoire avec une grande hache. Un spectacle à écouter : les chants de Xavier V Combs, Yann Destal, Jules Grison, Magali Goblet, Morgane Cabot ou de Margaux Maillet font mouche. Un esprit de camaraderie qui vous fera passer un sympathique moment en famille. http://www.welcometowoodstock.com/...

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Novecento – Alessandro Baricco – Théâtre du Rond-Point
Sep15

Novecento – Alessandro Baricco – Théâtre du Rond-Point

L’élégance et la légèreté d’André Dussolier dans une fable de Baricco.   André Dussolier rêvait de pouvoir monter ce monologue d’Alessandro Baricco, auteur reconnu en Italie et si méconnu en France. Jean-Michel Ribes leur offre un plateau. André Dussolier est seul en scène à conter cette histoire d’une belle humanité, accompagné à cour par un quatuor composé du pianiste Elio Di Tanna, du trompettiste Sylvain Gontard, du batteur Michel Bocchi et du contrebassiste Olivier Andrès. Dans un univers réaliste, le quintet d’un soir nous propose une belle adaptation de la partition théâtrale de Baricco avec pour seuls artifices quelques cyclos finement décorés et un escalier mobile. Novecento raconte l’histoire d’un enfant abandonné  dans une boîte sur le pont de première classe d’un Paquebot transatlantique nommé le Virginian. Cette boîte est posée sur un piano, signe d’un destin. Cet enfant, surnommé Novecento, grandira dans ce paquebot aux allures de prison flottante, apprendra le piano pour devenir un virtuose à la créativité débordante. L’inattendu prodige. L’enfant devient homme, écoute les voyageurs, sans jamais mettre le pied à terre. Il invente son monde en musique, dans la contrainte des 88 notes de son clavier, dans la contrainte de ce bateau qui ne fait que des allers-retours, entre les continents Europe et Amérique. Il entend par hasard Titine du migrant Chaplin, joue des Gymnopédies, du Bach,  un balbutiement du melting-pot américain. Novecento, c’est surtout 1900. Le jazz est là, comme une révolution de la dissonance. En construction sur, en construction avec les phrases classiques. Ca ragtime.Ca blues. Ca swing. Entre 1900 et 33, aube de la guerre, Novecento le pianiste crée. La musique, comme relais de l’émotion, enchante le plateau et dynamite un Dussolier trompettiste dans la fable, Monsieur Loyal et conteur sur scène. Un Dussolier plaisir qui n’a aucune peine à tenir le grand plateau du Rond-Point et à nous embarquer dans son récit autobiographique. Elégante, lègère comme peut l’être l’acteur de Resnais, la pièce peint l’authenticité d’un territoire, la possibilité d’une île, comme source des plus belles évasions et des plus belles audaces. Un hommage à la liberté d’être et de devenir. De très beaux moments de vie traversent le spectacle, notamment quand André Dussolier trompettiste se laisse porter par une musique endiablée jouée par un pianiste en osmose avec l’océan, ou encore lorsque Novecento raconte en fin de parcours pourquoi il n’a jamais réussi à vivre sur terre. Le monde a trop de possibles pour être bon musicien. “Sur ce clavier-là, il n’y a aucune musique que tu puisses jouer. Tu n’es pas assis sur le bon tabouret : ce piano-là, c’est Dieu qui y joue.” Le texte donne une bonne bouffée d’air théâtrale et musicale. Un joli conte humaniste sur l’amitié, les forces de...

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BOXE BOXE – Mourad Merzouki – Quatuor Debussy- Théâtre du Rond-Point
Mai29

BOXE BOXE – Mourad Merzouki – Quatuor Debussy- Théâtre du Rond-Point

Du ring, de la danse et des cordes… L’œuvre est belle. Ils sont douze sur le plateau, danseurs et musiciens. Les danseurs sont ceux de la compagnie Käfig. Les musiciens sont issus du quatuor Debussy. Les compositeurs se nomment Schubert, Ravel, Verdi, Glenn Miller, Philip Glass, Mendelssohn, AS’N. Le chorégraphe, Mourad Merzouki, le scénographe, Benjamin Lebreton. Zelliges couleur sable en filigrane sur le cyclo de fond scène, volutes en fer forgé plus ou moins cabossées, costumes noir et blanc aux tonalités burlesques plantent le décor d’un ring où tout semble possible. Orchestrés par un arbitre bedonnant et par un quatuor à cordes, les danseurs se laissent embarquer dans une variation sur la boxe qui les magnifie. Avec élégance et humour, Mourad Merzouki parvient à mêler un sport spectaculaire aux défis gravitationnels de la danse contemporaine, du hip-hop et des notes classiques. Tout commence sur un ring, avec des gants couleur nez-de-clown, marionnettes vibrant en musique. La partition fonctionne. Le mouvement entre en action. Les gants donnent naissance à un amas de chair mouvante dont s’extraient les danseurs. Et le danseur fut. La sortie du ring pour le plateau est immédiate. Les danseurs s’élanceront alors pendant près d’une heure dans un ballet en hommage à la boxe et au corps. La performance est physique mais également esthétique. Les ruptures de rythmes produisent des effets hypnotiques : les actions ralenties des danseurs mêlées aux lumières de Yoann Tivoli semblent sortir d’un mirage. Les danseurs fantomatiques  avancent sur nous. Le résultat est stupéfiant. Les duo, trio et ensemble s’enchaînent à un rythme effréné dans des chorégraphies qui mettent en avant contacts harmonieux en opposition avec l’image « choc » de la boxe. Les coups et les narrations sont visuelles, fondées sur l’art de l’esquive et la perception des espaces. Un unique tableau montre le boxeur en action sur un sac de frappe, comme un hommage appuyé et ces forçats de l’effort. L’ensemble n’est que plaisir pour les oreilles et les yeux . Le lyrisme est là, le temps suspendu, les corps poussés au-delà. Une poétique de la boxe d’une grande élégance à ne pas manquer. http://www.theatredurondpoint.fr/ Drôle de lutte / Boxe Boxe par...

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L’ombre de Stella – Pierre Barillet – Denis d’Arcangelo – Théâtre du Rond-Point
Mai28

L’ombre de Stella – Pierre Barillet – Denis d’Arcangelo – Théâtre du Rond-Point

  Denis d’Arcangelo ou la force des paradoxes Denis d’Arcangelo, seul en scène, joue Mylène. Mylène a été la secrétaire particulière de Stella, star des années 40. En échange d’un contrat, Mylène accepte de replonger dans un passé nostalgique aux arcanes ténébreux, souvent douloureux et de l’enregistrer. C’est l’occasion pour la secrétaire de sortir de l’ombre du silence et de briller quelques minutes sous les feux de la rampe. Denis d’Arcangelo, dans une mise en scène de Thierry Harcourt et sur un texte de Pierre Barillet, y joue une femme prolétarienne à la gouaille et au ton affirmés. Le parler est franc, tinté d’un accent titi parisien. La bascule dans la mémoire de l’histoire opère rapidement. Avec douceur et tendresse, Denis d’Arcangelo attrape le temps et l’égraine pour mettre en évidence tous les paradoxes d’une relation fondée sur l’admiration, l’amour d’un métier, l’amour d’une femme en réussite et les tiraillements intérieurs d’une femme qui voit sa vie consacrée à celle d’une autre. On sourit. La mémoire est en spectacle. Les grands événements laissent leurs traces. La femme-personnage témoigne de la vie amoureuse d’une autre femme amoureuse d’un allemand sous l’occupation.  Les parfums de la collaboration remontent. Le doute s’installe. Mylène aime sa star. Mylène est une femme prisonnière de l’histoire, des paillettes et de sa fidélité. De la servitude à  la grandeur, Mylène voyage. Le spectateur avec. A travers ce texte et le jeu tragi-comique de Denis d’Arcangelo, on s’imprègne des jalousies, des brisures, des fêlures qui fabriquent les hommes et les femmes. Un récit de vie humble, touchant. Un numéro d’acteur audacieux. Bienheureux les fêlés qui laissent passer la lumière....

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C’est encore mieux l’après-midi – Ray Cooney – Théâtre Hébertot
Mar11

C’est encore mieux l’après-midi – Ray Cooney – Théâtre Hébertot

              Adapté d’une pièce de Ray Cooney, dramaturge britannique, C’est encore mieux l’après-midi est un vaudeville qui met en scène un député ayant décidé de passer l’après-midi dans un hôtel avec sa maîtresse plutôt que sur les bancs de l’assemblée nationale. Utilisant les ressorts comiques du genre comme les quiproquos ou les claquements de porte, le metteur en scène José Paul réussit à donner à l’intrigue une énergie  redoutable. Tambour battant, le couple Pierre Cassignard et Lysiane Meis – aussi menteur l’un que l’autre- fait valser un hilarant Sébastien Castro en assistant parlementaire. Le rythme est soutenu et à contre-courant du jeu du comédien Castro qui se plait à suspendre le temps pour exprimer embarras et incompréhension devant des situations qui lui échappent totalement. Guilhem Pellegrin joue un directeur d’hôtel digne d’un Philippe Khorsand dans la série Palace.  Le public rit énormément. Si l’écriture manque parfois de finesse et notamment la fin,  le rythme, les quiproquos, la mise en scène et surtout le jeu des comédiens font de ce vaudeville une réussite comique qui ravira les amateurs du genre. http://theatrehebertot.com/  À partir du 23 février 2017 – Du mardi au samedi à 21h – Samedi 16h30 et dimanche 15h00 Durée :...

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FELLAG – Bled Runner – Théâtre du Rond-Point
Fév26

FELLAG – Bled Runner – Théâtre du Rond-Point

“Vous avez raté la colonisation, nous avons raté l’indépendance, on est quitte !”

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NOCE – Jean-Luc Lagarce / Pierre Notte – Théâtre Lucernaire
Fév12

NOCE – Jean-Luc Lagarce / Pierre Notte – Théâtre Lucernaire

                Une Noce qui l’emporte à l’arrachée Jean-Luc Lagarce est un des dramaturges contemporains les plus joués en France. Son succès est sans nul doute lié à la force de l’écriture. Une écriture qui cherche sans relâche à réinterroger la langue française et sa représentation théâtrale. Ses personnages sont des fantoches qu’il manipule, n’hésitant pas à les faire répéter leur texte, les faire sortir du discours pour les relancer sur d’autres mots ou d’autres phrases. Le mélange est détonnant, frise l’absurde. On retrouve sur le plateau les 5 personnages de Noces, une pièce écrite en 1982 dans laquelle Lagarce s’amuse avec le rêve provincial fantasmé d’invitations à la Noce. Serai-je invité à la Noce dont tout le monde parle ou ne le serai-je pas ? Dès lors les personnages vont se heurter à la langue de Lagarce qui se joue d’eux-mêmes et aux événements narratifs qui viendront leur barrer la route. La Noce est fantasmée. Plus le fantasme est grand, plus la lutte pour faire partie des invités sera acharnée. Ils parviendront à entrer pour le meilleur et pour le pire. Dans cette mise en scène de Pierre Notte, une grande liberté est laissée aux comédiens. Le plateau devient un ring dans lequel les comédiens se débattent avec la langue et parfois avec eux-mêmes. Le décor est succinct : une table pliante, quelques chaises, quelques valises, des accessoires en toc, et des bouteilles d’eau pour les plus sportifs. La musique d’ambiance digne de Psychose est là pour cadencer et martyriser les personnages qui demandent régulièrement un répit au régisseur. Les conséquences sont sans appel : une course folle dans laquelle le texte est lancé en coups de poing du début à la fin sans crescendo, sans respiration. Paola Valentin joue une enfant-coryphée qui vise juste. Ça claque et ça fuse. Eve Herszfeld joue une dame d’une bonhommie qui allège la charge. Gregory Barco et Bertrand Degrémont un homme  et un monsieur aux variations mesurées tandis qu’Amandine Sroussi, cocotte-minute ruisselante, joue une femme en sur-jeu permanent, déséquilibrant le plateau et effaçant dans l’excès tout collectif possible. Si on comprend bien le parti pris du combat engagé qui s’opère, on comprend assez mal en définitive la nécessité de jeu en surtension permanente pour un texte réduit ici à une partition mécanique, loin de toute nuance et d’émotions possibles. On rit lorsque Lagarce pousse ses personnages dans le pillage de la Noce, lorsque l’absurde s’empare du drame au milieu de barricades. Mais on regrettera sans doute ce trop-plein de cabotinage, de précipitation, de sur-jeu inutile qui court-circuite le possible vertige du texte, la possible angoisse de personnages rejetés...

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Triptyque- Les 7 doigts de la main – Marie Chouinard – Victor Quijada – Marcos Morau
Jan25

Triptyque- Les 7 doigts de la main – Marie Chouinard – Victor Quijada – Marcos Morau

Quand le cirque rencontre la danse contemporaine Circassiens, les artistes de la Compagnie Les 7 doigts de la main présentent dans Triptyque trois mondes chorégraphiés par Marie Chouinard, Victor Quijada et Marcos Morau. Ils sont jeunes et abordent le plateau avec une force et une poésie aériennes spectaculaires. On y retrouve des thèmes de recherche propre à chaque chorégraphe. Les béquilles médicales de Marie Chouinard donnent ici naissance à deux êtres protéiformes dont l’animalité joue avec des représentations mythologiques. Certains y verront un ballet entre un faune-centaure et une nymphe-biche, d’autres des êtres issus d’un monde de science-fiction digne de Bradbury. Portés par une musique originale de Louis Dufort, Anne Plamandon et Samuel Tétreault jouent une rencontre rythmée par l’interdépendance d’une relation affective naissante. Le violoncelle les porte et les soutient dans une ambiance boisée. Le résultat est marquant et d’un onirisme de haute volée. Plus géométrique, Variations 9.81  de Victor Quijada, laisse une place plus représentative aux équilibres. 21 cannes d’équilibre peuvent être déplacées sur un des 75 ancrages possibles percés au sol. Les probables compositions laissent entrevoir une infinité de possibilités. Mathématique, ce tableau impressionne par la mécanique qui s’installe, comme une perdition qui fait perdre au spectateur tout repère habituel. Une gravité inversée dans laquelle les équilibres et les mouvements laissent transparaître des mouvements de hip hop. Un doux mélange de danse urbaine et contemporaine. Nocturne, dernier tableau du triptyque chorégraphié par Marcos Moreau est sans doute le plus vertigineux des trois. Surréaliste. Les artistes dévoilent l’éventail des possibles à partir d’un espace du quotidien, une chambre avec un poste de télévision. Ceci n’est pas une chambre. La danse vient percuter l’espace et les objets afin d’y laisser entrer la verticalité du cirque. Le plateau devient une piste onirique. Le lit s’envole. Monocycle, sangles aériennes, corde lisse, main à main s’invitent. Spectaculaire. Un défi aux contraintes physiques. Un possible rêve. Triptyque est un mélange des arts de très haute tenue à ne pas...

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RICHARD III – LOYAULTÉ ME LIE – WILLIAM SHAKESPEARE – Jean Lambert-Wild – Elodie Bordas- Lorenzo Malaguerra- Gerald Garutti- Stephane Blanquet et Jean-Luc Therminarias
Nov19

RICHARD III – LOYAULTÉ ME LIE – WILLIAM SHAKESPEARE – Jean Lambert-Wild – Elodie Bordas- Lorenzo Malaguerra- Gerald Garutti- Stephane Blanquet et Jean-Luc Therminarias

Fantastique ! Il y a du génie dans cette mise en scène. Du génie parce que malgré une adaptation qui paraît lointaine, l’histoire du théâtre élisabéthain traverse le plateau en permanence. Ici, le théâtre se joue à 3 : Jean Lambert-Wild qui joue un Richard III aux allures de Joker mélant folie barbare et tendre solitude, Elodie Bordas qui joue, métamorphose, une pléiade de personnages skakespeariens, et cet impressionnant carrousel forain, décor source et mise en abyme permanente qui collabore à la spirale du pire. Le ballet s’enchaîne.  Le spectateur est emporté dans une danse clownesque tragique. Richard III erre. Perdu, happé par le goût de la mort et déconnecté de toute valeur humaine. Le clown de Lambert-Wild est un chef d’orchestre, un metteur en scène, un funambule qui joue sur le fil de la mort plus que sur celui de la vie. On suit la chute inévitable de ce Richard III carnavalesque qui finira par s’engloutir lui-même. Une variation spectaculaire et directe qui mérite toute notre attention. http://lambert-wild.com/fr/spectacle/richard- iii-loyaulte-me-lie-william-shakespeare http://www.theatredelaquarium.net/  jusqu’ au 3 Décembre 2016 Théâtre de l’AquariumParisFrance Le 6 Décembre 2016 Le CarreauForbachFrance Du 13 au 17 Décembre 2016 Théâtre Dijon BourgogneDijonFrance Le 10 Janvier 2017 Theatre Edwige-FeuillèreVesoulFrance Le 14 Janvier 2017 Theatre de Bretigny – scène conventionnéeBrétigny-sur-OrgeFrance Le 17 Janvier 2017 Théâtre de ChellesChellesFrance Le 20 Janvier 2017 L’escale en co-accueil avec la Ferme du Jeux à Vaux le Penil MELUNFrance Le 27 Janvier 2017 théâtre...

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MARIAGE ET CHATIMENT de David Pharao –  Jean-Luc Moreau – Théâtre Hébertot
Nov11

MARIAGE ET CHATIMENT de David Pharao – Jean-Luc Moreau – Théâtre Hébertot

Un très bon Boulevard à recommander pour cette rentrée et pour les fêtes. Edouard est témoin de mariage de son meilleur ami. Alors que celui-ci s’apprête à partir pour rejoindre le futur marié, le voilà retenu chez lui par une de ses collaboratrices architecte (Zoé NONN) qui, après lui avoir annoncé qu’elle attend un enfant et qu’il en est le père, l’oblige à boucler un projet dans la journée sous peine de tout révéler à sa femme, Marianne (Delphine RICH). Le remord dans l’âme, Edouard (Daniel RUSSO) cède au chantage et renonce malgré lui au mariage de son volcanique et fidèle ami (Laurent GAMELON). Quand celui-ci débarque pour comprendre les raisons de son absence, Edouard, effrayé, lance un mensonge qu’il croit sans importance. Ce n’est malheureusement que le premier. Devant justifier ce mensonge, il en invente un autre qui l’entraîne alors dans une histoire qui finira par totalement le dépasser. La valse des mensonges devient un mélange explosif jusqu’au dénouement final. Mariage et châtiment est un très bon boulevard. Fondé sur une mécanique classique digne de FEYDEAU et de son Tailleur pour dames, avec une distribution plus allégée et des entrelacs moins alambiqués, la pièce met en valeur le jeu des comédiens, très à l’aise dans le genre. Delphine RICH lance la pièce avec énergie et élégance, donne une modernité à l’ensemble. En queue de pie, Laurent GAMELON interprète un marié gentil, dévoué mais sanguin. Un registre dans lequel il excelle. Les airs, les regards et mouvements mis en scène par Jean-Luc Moreau font mouche. La mariée, Fanny OUTEIRO, au service d’un texte qui fait d’elle une femme ingénue et soumise aux événements, apporte toute la naïveté et la légèreté à l’ensemble. Quant à Daniel RUSSO, il interprète un Edouard d’une grande lâcheté avec une couardise proche de celle de De FUNES. Le rythme soutenu, les comiques de situation embarquent rapidement le public dans le rire. Mariage et châtiment est une composition classique et réaliste réussie, une pièce sur le mensonge du mensonge dans laquelle la mise en abyme semble ne jamais s’arrêter. Un joli tourbillon de 5 comédiens à ne pas manquer. http://theatrehebertot.com/mariage-et-chatiment/...

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Kallagan au Point Virgule – Virtuose
Août28

Kallagan au Point Virgule – Virtuose

                L’humour potache qui fait mouche 1ère partie de Fabrice Eboue et de Jeff Panacloc, Révélation du Montreux Comedy festival 2014, Prix du Jury et Prix du Public du festival Mont-Blanc d’humour de Saint-Gervais 2015, Coup de Coeur de l’édition 2015 du “Point Virgule fait l’Olympia et Bobino”,  Kallagan est un jeune trentenaire à l’humour ravageur. Le spectacle de l’humoriste est fondé sur la proximité avec le public propre au café-théâtre, en particulier au Point-Virgule, et son expérience conjugale. Kallagan a le don de la répartie, très rapidement l’analyse de la salle est faite. Les couples et célibataires sont plus ou moins identifiés. Le spectacle évolue entre incises avec le public et histoire de son couple. Kallagan prône la théorie du septennat : 7 ans viennent à bout du couple. Père d’un enfant, Kallagan évoque son point de vue masculin sur la paternité,  les visites chez le gynécologue – avec un accessoire dont on vous laisse le plaisir de la découverte –  les relations avec le beau-père, l’accouchement, le tout en écho avec les réactions du public. Si l’humour est parfois trash et direct, déconseillé aux moins de 16 ans, la salle répond et rit à gorge déployée devant les mimiques ou jeux de scènes visuels du comique qui a l’art d’aborder la chose avec décontraction et beaucoup d’autodérision. Le spectacle ne dure qu’une heure. On aimerait rester davantage pour prolonger les rires et découvrir Kallagan dans un répertoire de sketchs élargi. Une chose est sûre, le potentiel comique est là. Célibataires et couples, vous êtes prévenus : à l’issue du spectacle et des dialogues avec Kallagan, le cours de votre en vie en sera peut-être changé… A découvrir et à suivre de près. http://www.lepointvirgule.com/content/kallagan Le Point Virgule, 7 rue Sainte Croix de la Bretonnerie, 75004...

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Christo et Jeanne-Claude – Fondation Maeght – Et le Mastaba fut !
Août10
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LOTUSFLOW3R – MPLSOUND – ELEXER / PRINCE – (Because music – 2009)
Avr26

LOTUSFLOW3R – MPLSOUND – ELEXER / PRINCE – (Because music – 2009)

Prince est de retour avec un triple-cd sur le label indépendant Because Music. Triple injection pour trois facettes : soul, rock et funk. Triple injection pour montrer que le Prince aime plus que jamais le mélange des genres tout en renouvelant son statut d’incontournable musicien. Enfin ! Le Prince a choisi Because Music pour la France, un label indépendant. Prince entretient la singularité. On se rappelle que le Prince a été un des premiers a claqué la porte des majors, ouvrant la voie à bien d’autres depuis… Si le nom du Prince était sous licence à la Warner jusqu’en 2000, Rogers Nelson de son vrai nom n’a jamais cessé de produire, écrire sous d’autres pseudos, même si les medias l’ont beaucoup moins exposés. De retour cette année à Londres et cet été en Suisse au Festival de jazz de Montreux devant 8 000 fans, le voilà désormais en pleine lumière dans les bacs sous deux versions : un album simple “Lotusflow3r” et un triple cd en édition limitée dans lequel l’album central est rejoint par « Elixer » et « Mplsound » (Minneapolis Sound). Pochette surréaliste, le Kid de Minneapolis au centre d’un lotus renaît. Bienvenue dans la Galaxie du Prince… L’Elixir de Bria Valente : se Souler au « 2nite » Le triple-cd est forcément surprenant. Parce qu’il donne une formidable rampe de lancement à Bria Valente, la nouvelle protégée du Prince dans un album clairement conçu pour activer les hormones. Si l’album est inspiré d’une soul entourée d’étincelantes touches de guitare électrique au son jazzy et parfois de lourde basse (« Here Eye Come »), le rythme vacille entre son hip-hop (« Home ») et disco comme en témoigne le sulfureux « 2nite » qui fera chanceler tous les night dancers avec un langoureux beat disco qui va faire transpirer les boules à facettes. Le song lover n’oublie pas qu’il est une icône sexy, Bria est là pour le rappeler, effets de voix séducteurs à l’appui. La galaxie du Prince, c’est aussi l’univers de la nuit. « 2nite » va tourner en boucle sur les platines, tandis que les autres morceaux parfois sombres vous plongeront dans une soul propre mais qui ne révolutionnera pas le genre. « Every time » donne même un côté fleur bleue kitchissime. L’album s’écoute très bien même si les fans ne comprendront peut-être pas l’immersion de cette nouvelle icône dans le paysage du Prince. “Lotusflow3r” : la guitare-power “Lotusflow3r” remet la guitare en pole position et on sait qu’en ce domaine le Prince est largement compétent. Les sonorités sont variées et rejoignent celles d’Hendrix. L’influence est telle dans « Dreamer » (la...

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Le Syndrome de Cassandre – Yann Frisch – Théâtre du Rond-Point
Avr08

Le Syndrome de Cassandre – Yann Frisch – Théâtre du Rond-Point

Yann Frisch et le clown existentialiste C’est coincé derrière un « mur mou » translucide, entre un bureau capricieux et une mère séquestrée dans une malle que Yann Frisch a décidé d’emprisonner son clown de théâtre. Avec comme seules armes sa magie et son imagination, le clown de Frisch évite de charger le plateau d’un comique mécanique et linéaire. Le cadre est vite posé.  Le clown commence l’histoire en essayant de la finir, allumette à la main. Il est seul, vif et grinçant. En dérangement perpétuel et instable. Mange des bananes. Tourne dans sa cage. Questionne le sens du réel et le rôle du fictif. Essaye de convaincre que la magie n’existe pas, tout en en maîtrisant tous les codes. Il est sans être vraiment, en lévitation entre être et non-être. Le syndrome de Cassandre rend fou. Frisch bouscule les frontières de la représentation jusqu’à celles du spectateur. Ni vraiment clown comique, ni vraiment magicien, il se cherche clown de théâtre. Tente d’enlever en vain son nez noir. Tente l’inclusion dans le mode du spectateur. Cligne des yeux nerveusement devant l’angoisse du néant. On suit le clown, ses détournements contrôlés de la fiction. Le spectateur devient méfiant devant la tournure que pourrait prendre la fiction. La frontière est sensible, poétique. Haute voltige théâtrale, Frisch casse l’espace et les codes. Parfois maître de l’illusion, parfois valet du réel, son clown déambule en cage à la recherche du soi. Une mise en abyme existentialiste du clown de théâtre. On rit jaune, on rit gris, on rit peur. La farce, méli-mélo de fiction et de réel, ne peut que mal finir. Un très beau numéro de clown tragique.  ...

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Victor F. – Laurent Gutmann – Théâtre de l’Aquarium- La Cartoucherie
Jan23

Victor F. – Laurent Gutmann – Théâtre de l’Aquarium- La Cartoucherie

  Victor F. comme Frankenstein ? Nous sommes en 2016. La décapante adaptation contemporaine de Laurent Gutmann évacue toute la noirceur gothique du roman classique du début du XIXe siècle.  Si la réflexion sur l’immortalité du corps est évoquée en début de pièce en lien avec notre modernité technique et scientifique, toute métaphysique et magie est abandonnée au profit d’un matérialisme déconcertant reflet de notre époque. La complexité des personnages et des enjeux a disparu. La fable devient une histoire linéaire qui abandonne tout cauchemar tragique au profit d’une structure narrative digne d’un feuilleton sentimental. Le point de vue finit progressivement par transformer Victor F. en comédie avec des scènes d’une drôlerie parfois digne d’un Woody Allen. Remarquable Cassandre Vittu de Kerraoul qui interprète une Elizabeth castratrice amoureuse du docteur. Digne et poétique Serge Wolf dans un Henri aveugle qui fait avancer l’action en échangeant avec Victor. La scénographie d’Alexandre de Dardel présente un plateau valorisant une forme pop-kitch. La suisse refuge du docteur a des airs de paysage Milka, et le masque très réussi de Frankenstein rappelle les  créations contemporaines hyperréalistes d’un Ron Mueck, les sculptures carnavalesques d’un Jeff Koons. Un univers cohérent avec une vision qui accentue un côté parodique du Frankenstein du Mary Shelley. Laurent Gutmann s’amuse avec le mythe. Sa version, farce contemporaine, est un miroir d’une époque cynique qui ne prend pas assez le temps de réfléchir une déontologie qui structure des codes moraux , ni même de penser l’action et ses conséquences à long terme. L’ensemble finit justement dans la judiciarisation comme dernier secours à la non-pensée. Victor F. Prométhée moderne ?...

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PÉGASE ET ICARE – Alexis Gruss – Les Farfadais
Déc25

PÉGASE ET ICARE – Alexis Gruss – Les Farfadais

              Un spectacle puissant à ne pas manquer Alexis Gruss présente sa nouvelle création Pégase et Icare au cirque Alexis Gruss en collaboration avec la Compagnie des Farfadais et l’orchestre de Sylvain Rolland. Le résultat est tout simplement étonnant et magique à tout point de vue. Fondé sur la rencontre mythologique de Pégase, le cheval ailé fils de Poséidon, et d’Icare, fils de Dédale qui réalisa des ailes de cire pour s’échapper du Labyritnhe, le spectacle parvient à fusionner les arts équestres traditionnels et une poétique fondée sur des numéros visuels dignes des plus grandes comédies musicales. La féerie est habilement guidée par une chanteuse à la voix parfaitement placée, une orchestration calée au millimètre et des références musicales cinématographiques et populaires. Avec des costumes grandioses, des structures gonflables légères évoquant des monstres fantastiques, le spectateur bascule très rapidement dans le monde imaginaire des Gruss. La famille en impose. La synergie entre chevaux et hommes est à son apothéose. Émotion, vitesse, puissance, se dégagent de la piste. On prend plaisir à vibrer avec les membre de la famille Gruss qui prennent de réels risques en compagnie des chevaux. La justesse est là.  Alexis Gruss et sa femme veillent en piste à la mécanique du réel à la beauté du geste. Le résultat est grand. En parallèle, les acrobaties et portés de la Compagnie des Farfadais défilent dans les airs et l’eau. Une grande place est accordée à la pole dance. Un art de la sensualité parfaitement maîtrisé par des artistes qui savent communiquer leur plaisir. La créativité est là. Superbe Chute d’Icare dans l’eau sur le Skyfall d’Adèle. Magnifique plateau sur Nothing else Matter de Metallica. Alexis Gruss est une institution. Sa famille réussit à hisser l’art équestre à un niveau de beauté d’une grande exigence. Ce spectacle gagne le pari de la modernisation dans le respect de la tradition et d’un héritage promis à un long avenir. A voir....

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