Cinéma

LOS ANGELES 2013

Face aux agissements de la tristement célèbre ICE, le regard cynique et misanthrope de John Carpenter sur le sort de l’Amérique trouve un écho salvateur et mélancolique.


Parce que Carpenter est un sacré observateur de la politique américaine. Il s’est toujours méfié du pouvoir, religieux ou politique. Son cinéma a toujours été socialement marqué par une vision triste d’une Amérique divisée où le plus déglingué n’est jamais celui que l’on croit. Assaut reste son film matrice sur ce sujet là.

On pourrait même le soupçonner à ses débuts d’être un gros réactionnaire. Mais rapidement, par son expérience personnelle avec les studios, le cinéaste a montré qu’il était un desperado désappointé par le Monde et surtout par la bêtise crasse de ses contemporains.

Los Angeles 2013 met en lumière la révolte d’un individu face à un pouvoir outrancier dénoncé comme une théocratie basée sur la terreur. C’est ce que l’on observe, actuellement, avec la réaction des citoyens américains face à ICE, cette milice policière qui chasse les sans papiers à travers les villes américaines.

Le plus jeune soldat à avoir été décoré par le président! Il a sauvé un président. Deux médailles d’honneur. Pourtant Snake Plissken est l’homme le plus recherché des Etats Unis. Un criminel dangereux. Car il ne croit pas au pouvoir en place. Pour lui la liberté est morte. Le hors la loi incarne l’individualisme forcené, celui qui ne dessert jamais les dents.

L’icône du héros qui ne croit en rien, sauf en lui. Et sa fameuse phrase: Appelez moi Snake. Un sans foi ni loi qui assure tout de même le spectacle. Cowboy du futur, héros qui a survécu à un New York de punks, Snake Plissken est chargé de retrouver la fille du président. Elle a volé une arme redoutable. Snake Plissken a 10 heures pour retrouver la mallette du président et tuer un terroriste péruvien, cousin parodique de Nicolas Maduro et Che Guevara.

Avant cela, il se promène dans un Los Angeles en feu et à sang, une parodie guerrière de la vie californienne où tous les défauts de l’American Way of Life sont grossis. A cause d’un séisme, la ville est devenue une île. Tous les marginaux y sont emmenés de force.

Alors ça bastonne sévère avec notre borgne insociable. Et finalement, comme à son habitude, Snake devient un résistant. L’homme silencieux est un homme qui pense aussi. C’est ce que l’on voit aussi à la télévision de nos jours. Face à la brutalité ou ce qui s’apparente à une forme de fascisme, les individus se mettent à siffler, crier et critiquer lorsque les patrouilles encagoulées de ICE interviennent. 

On aurait pu comparer le film Invasion Los Angeles (autre charge de Carpenter contre la droite libérale) avec la situation américaine d’aujourd’hui. Parce qu’il est grotesque, Los Angeles 2013 correspond plus à la période Trump. Les outrances et la violence sont caricaturales. 

Comme c’est du cinéma c’est beaucoup moins qu’ inquiétant que dans nos vraies vies mais en toute honnêteté, on ne pensait que ce film bancal du champion de la terreur, pourrait être un jour réhabiliter pour comprendre notre histoire… drôle d’époque.

Los Angeles 2013 (1996) Bande Annonce VF HD

Avec Kurt Russell, Valeria Golino, Stacy Keach et Pam Grier – 1996 – 1h40

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