Un piano
Déc25

Un piano

A 70 ans, Joos revient sur son passé à travers un album touchant qui met à jour une cicatrice toujours ouverte. La perte trop rapide d’un père a laissé une ombre permanente sur le chemin de Joos. Petit garçon il n’a jamais pu entendre d’histoire sur les loups sans faire de cauchemars…

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DIDIER BÉNUREAU ET DES COCHONS – Théâtre du Rond-Point
Nov30

DIDIER BÉNUREAU ET DES COCHONS – Théâtre du Rond-Point

Au XXIe siècle la Bruyère s’appelle Bénureau !

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MOINS 2- Guy Bedos et Philippe Magnan – Théâtre Hébertot
Oct10

MOINS 2- Guy Bedos et Philippe Magnan – Théâtre Hébertot

De la politesse du désespoir à la politesse du cœur… Guy Bedos et Philippe Magnan sont sur le plateau du Théâtre Hébertot. Vêtus de pyjamas, allongés, en service de réanimation, ils se savent malades d’un cancer. Le diagnostic tombe sans ambages dès les premières minutes, le médecin pronostique deux semaines de vie pour Jules Tourtin (Philippe Magnan) et une semaine pour Paul Blanchot(Guy Bedos). L’annonce provoque un dernier sursaut chez Paul Blanchot qui décide alors d’entraîner Jules sur la route la plus proche pour une dernière évasion sentimentale. Accompagné par du Chopin, le spectacle avance au rythme des pas en suspend de chaque comédien. Le duo fonctionne très bien, Philippe Magnan joue un retraité de chez Darty qui semble être passé à côté de sa vie, tandis que Guy Bedos joue un père en quête d’un dernier souffle. C’est la rencontre avec une jeune femme enceinte qui donnera au duo l’occasion d’exister une dernière fois. Les échanges donnent lieu à de jolies mots d’humour même si le rythme est sans doute plombé par un Frédéric Chopin qui donne une coloration très mélancolique à l’ensemble et un dialogue de Samuel Benchetrit qui n’exploite pas assez les potentiels comiques et cyniques de chacun . Le sujet aurait pu s’aparenter au roman de Jonas Jonasson, Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, et offrir un road-movie humoristique et provocateur, il n’en est rien. Guy Bedos joue un vieux serein qui a rangé ses colts et accepte le destin annoncé, Philippe Magnan un vieux désenchanté proche d’un Droopy incompris. La balade en compagnie de ces deux grands comédiens aux profils de clowns blancs ayant baissé la garde est agréable. La scène est tenue avec aisance et les situations les plus drôles permettent au comédien de rebondir avec facilité . Une politesse du désespoir mise à nue qui laisse place à une nouvelle politesse du cœur. Un peu trop polie ?...

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Princesse Vieille Reine – Pascal Quignard – Marie Vialle / Théâtre du Rond-Point
Sep11

Princesse Vieille Reine – Pascal Quignard – Marie Vialle / Théâtre du Rond-Point

                Il était une fois un joli jadis Il était une fois une comédienne nommée Marie Vialle et un écrivain, Pascal Quignard. Tous deux décident de travailler à la représentation de contes écrits par celui-ci. Un plateau est alors composé d’un sol miroir- mon-beau-miroir, d’enceintes verticales côté cour côté jardin, de lumières. Marie Vialle n’a pas d’accessoires, juste quelques robes de Chantal de la Coste que la comédienne se plaît à composer et décomposer au gré de la narration. Un dos nu, une voix, des regards, du rythme et quelques transitions sonores envoûtantes qui évoquent la foulée d’un cheval qui traverse le temps. Le résultat est une perle. Une perle de justesse et de créativité. Avec humilité et délicatesse, Marie Vialle tresse en mots l’histoire de femmes le temps d’une soirée. Un work in progress dans lequel Eros et Thanatos ont le beau rôle, avec toute la violence que cela implique parfois. Un brin érotique et charmeur, les contes rappellent la structure des contes traditionnels japonais. Ils en ont toute la tenue. Quand la nature et les cris d’animaux s’en mêlent alors c’est une poésie du vivant qui s’installe. Un parfum de liberté. La représentation est savamment orchestrée et amuse comme ce premier conte des origines qui explique pourquoi les femmes portent souvent les hommes. Pascal Quignard a la plume fine, Marie Vialle sait l’utiliser. La femme est une princesse en début de récit mais finit vieille reine proche d’une vieille pierre qui blesse dans le conte final. Entre temps la cruauté, la jalousie, l’impatience, la colère sont venues polir des âmes humaines rongées par les passions. Le spectateur écoute, se laisse volontiers porter par cette jolie danse verticale de mots et de gestes. Les jadis n’ont pas tous la même valeur, ce jadis-là est apaisant et séduisant. Un réel plaisir à ne pas manquer.   3 sept. – 27 sept., 20:30 salle Roland Topor dimanche, 15:30 relâche les lundi...

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887 – Robert Lepage – Théâtre de la Ville
Sep11

887 – Robert Lepage – Théâtre de la Ville

            A la page du « je » me souviens, Lepage nous perd Robert Lepage est un grand. Nul besoin de présenter l’influence de son regard scénographique sur les plateaux contemporains. Depuis ses succès historiques dont La Trilogie des dragons, ses compétences lui ont permis d’aborder une réflexion pluridisciplinaire sur l’esthétique théâtrale contemporaine qui a su largement se diffuser. Ici, Robert Lepage se présente seul comédien sur l’immense plateau du Théâtre de la Ville. Seul, avec son immense technicité, son micro, ses télécommandes, ses écrans, la machinerie théâtrale de sa compagnie concentrée sur la réalisation d’une boîte à dimension humaine en centre scène. Pour la boîte, il s’agit de déployer selon chaque face un décor spécifique : appartement intérieur, façade d’immeuble, intérieur de bar, intérieur de taxi, écran de projection. La technique est toujours stupéfiante. Pour Robert Lepage, il s’agit de travailler sur les souvenirs. Il convoque pour cela ses souvenirs d’enfance du 887 rue Murray en confrontant cette mémoire permanente à la mémoire à court terme du comédien, sportif de la mémoire, et à la mémoire historique. Le texte que Robert Lepage est chargé d’apprendre,  est Speak White,  poème de Michèle Lalonde écrit en 1968. Le poème est emblématique de la Révolution tranquille au Québec, décennie de réflexion et de construction de l’identité nationale. Les communautés anglophones, francophones et amérindiennes cherchent à trouver un nouvel équilibre. Le drapeau canadien actuel en est un  de ses fruits. Lepage s’amuse alors en croisant l’apprentissage de ce texte avec sa vie d’enfant et la vie sociale du Québec. Ses mémoires se croisent. Mais voilà. Robert Lepage ne tranche pas. Ni théâtre social, ni théâtre esthétisant, ni one man show, le JE de Lepage erre et rebondit d’un sujet à l’autre durant 2h15 sans éruption scénique. Entre récit autobiographique et sociologique, le choix timide du mi-chemin finit par appauvrir le discours et par nous perdre. La résonnance est faible, l’ennui pointe plusieurs fois le bout de son nez. Essoufflement ? Volonté de repositionner son art théâtral à davantage de simplicité ? La démarche interroge. Les pointes d’humour, les figurines et les appartements miniatures ou grandeur nature attirent le regard et l’attention du spectateur mais ni les sujets, ni les effets ne produisent la  magie théâtrale escomptée, le décor semble inadapté au volume du plateau. Et si les références au père chauffeur de taxi sont touchantes, la tirade finale attendue de Speak white ne suffit malheureusement pas à rehausser un spectacle qui appartiendra à une mémoire à court terme. Dans la salle du théâtre de la Ville, le succès ressemble davantage à un succès d’estime qu’à un succès théâtral....

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La Promesse de l’ange – Frédéric Lenoir – Violette Cabesos
Août13

La Promesse de l’ange – Frédéric Lenoir – Violette Cabesos

Art roman et roman polar à l’honneur ! La Promesse de l’ange est un bon polar historique sur le Mont-Saint-Michel et ses constructeurs bénédictins du XIe siècle. Ecrit par Frédéric Lenoir et Violette Cabesos, le roman a une grande qualité : réussir à plonger le lecteur dans la vie de l’abbaye en 1023. Pour cela, les auteurs s’appuient habilement sur une intrigue menée tambour battant par une héroïne contemporaine nommée Johanna et de solides connaissances historiques sur le Mont. Archéologue hantée depuis son plus jeune âge par un rêve traumatique de moine décapité lui répétant en latin pour accéder au ciel il faut fouiller la terre, Johanna se voit rattraper par son destin. La voilà responsable d’un chantier de fouilles au Mont-Saint-Michel. Il s’agit de découvrir les causes d’une modification architecturale de l’abbaye et l’auteur de ces changements. Le lecteur se voit alors à la fois plongé dans les recherches archéologiques de l’héroïne et dans les prémices architecturales de l’abbaye. Jalousies et croyances contemporaines viendront lui mettre des bâtons dans les roues. Si l’écriture n’est pas aussi fleurie que celle d’un Jean-François Parot, les détails donnés sur l’abbaye, le discours d’évangélisation de l’époque, les joutes verbales et les descriptions de personnages haut en couleur font leur effet. L’époque médiévale est valorisée au travers de moines respectant la Règle de St Benoît et une foi qui les pousse à bâtir des montagnes. L’époque des croyances bat son plein. L’époque contemporaine laisse apparaître des personnages dont les intentions sont souvent égocentriques, liées à des carrières et des conflits d’intérêt. Le lecteur plonge moralement en faveur du XIe siècle, de ces moines, même si bien sûr quelques brebis galeuses viennent assombrir le tableau pour pimenter l’intrigue. Le roman est lui d’architecture assez classique. L’intrigue du XI siècle croise celle du XXIe grâce à une alternance de chapitres qui se font écho. Parfois le XIe siècle devance l’enquête de Johanna, parfois l’enquête de Johanna répond aux mystères laissés par les abbés montois. On se laisse malgré tout rapidement emporté par le jeu de pistes de Johanna et les références aux croyances de l’époque chrétiennes ou celtiques. Inévitablement, le roman donne envie de retourner au Mont et de redécouvrir l’Archange. Dans une balance, nul doute que ce joli polar sur l’art roman est un bel hommage au site et ferait pencher le plateau du bon côté. Un petit paradis. (La Promesse de l’ange a obtenu le prix des maisons de la presse en 2004 et a été traduit en 10 langues… cela s’appelle un succès de librairie ? Un best-seller...

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L’Enigme des Blancs Manteaux
Juil15

L’Enigme des Blancs Manteaux

Historien de formation, Jean-François Parot a le souci du détail et de la vérité historique, les nombreuses notes présentes tout au long du récit avec les sources en témoignent largement. En “humble chroniqueur des aventures de Nicolas Le Floch”, Jean-François Parot inonde l’enquête de scrupuleuses descriptions du Paris du XVIIIe siècle qui donnent au livre un degré de vraisemblance tout à fait remarquable. L’entreprise est d’autant plus intéressante qu’un vrai travail d’écriture est réalisé, empruntant un lexique et des expressions propres au siècle des lumières qui reflètent un réel amour de la langue et de son histoire.

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The Art of the Brick – L’incroyable art du Lego de Nathan Sawaya
Juin07

The Art of the Brick – L’incroyable art du Lego de Nathan Sawaya

L’exposition est étonnante et spectaculaire. Étonnante parce qu’elle montre l’inimaginable à partir de Lego, spectaculaire parce que les sujets sculptés ont des dimensions humaines qui troublent l’œil du spectateur et sa perception. Le changement d’échelle joue en faveur de l’oeuvre comme chez Ron Mueck ou Jeff Koons. Nathan Sawaya est sans soute un brin mégalomane, un brin fêlé et à coup sûr très rusé. L’homme se présente à travers une vidéo dès l’entrée de l’exposition, avec l’assurance du self-made-man américain qu’il est, puis il continue à vous parler sur les cartels en s’adressant à votre conscience. Cela en énervera certains ou en amusera d’autres. L’homme a débuté par des études de droit et finit avocat. Mais voilà, le soir, l’homme crée avec des Lego. Il est employé par Lego qui voit le filon s’ouvrir à lui. Nathan Sawaya ouvre alors son propre cabinet pour voler de ses propres ailes… de Lego. Les œuvres exposées sont à voir. Qu’on y voie ou non de l’art contemporain ou un geste marketing savamment dosé à partir de produits dérivés, il y a dans les œuvres montrées une continuité autour de la condition humaine et des limites de la matière que l’artiste lie aux limites de l’existence dans une société mondialisée ou l’entreprise impose ses lois. Il y est question de tensions entre le monde intérieur de l’homme et son environnement. Si le pouvoir expressif de la matière Lego est limité -l’art est essentiellement figuratif- les jeux de lumières créent en revanche des effets intéressants sur le relief des visages représentés. Au-delà des concepts ou des symboles, la matière Lego est utilisée par Nathan Sawaya comme un pixel numérique. Notre œil de spectateur est beaucoup moins efficace que l’objectif de nos smartphones pour saisir la réussite réaliste de ses œuvres planes. Prenez une photo d’une œuvre, le constat est saisissant : l’œuvre photographiée est plus réaliste que ce que nous voyons. L’appareil voit ce que nous ne voyons pas. La dernière salle joue de cette ambiguïté. Les œuvres en Lego sont intégrées à des photographies numériques de synthèse avec des couleurs pastels type cartes postales américaines des années 50. Les sujets représentés sont suffisamment simples pour que chacun puisse s’y identifier. Les métaphores sont récurrentes, amusent parfois ou font grincer. La solitude est probablement le personnage qui apparaît le plus dans cette exposition, cette solitude partenaire idéale du joueur de Lego. “Un jeu terrible, cruel, captivant… comme un légo avec du vent…” http://www.theartofthebrick.fr/ Paris Expo, Porte de Versailles, Pavillon 8/A 1 Place de la Porte de Versailles – 75015 PARIS Métro : ligne 12, station Porte de Versailles Tramway : Ligne T2 et T3...

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Semianyki Express – Théâtre du Rond-Point
Juin07

Semianyki Express – Théâtre du Rond-Point

          Du rire à très grand vitesse !  Irrésistibles ! Leur premier spectacle déjanté sur la thématique de la Famille avait fait un ravage. Succès dans toutes les salles, de très nombreuses programmations en France et notamment au Théâtre du Rond-Point qui les invite plusieurs fois de suite en 2007 et 2011. Ces clowns de théâtre reviennent cette année avec un nouveau spectacle sur le thème du voyage. Seminanyki Express installe six personnages de la troupe russe dans un train imaginaire. Il n’en faut pas davantage pour déclencher une succession de tableaux visuels d’une drôlerie et d’un comique remarquables. La troupe s’est dotée pour cela d’une production plus importante en termes de décors et de musiques populaires. Le résultat est sans doute un théâtre plus occidentalisé que celui du précédent spectacle qui faisait figure d’OVNI dans le théâtre actuel. Le tout reste néanmoins hilarant dans de nombreuses situations. La mécanique du rire agit implacablement. Les gags s’enchaînent. Kasyan Ryvkin, en chef de gare, installe un personnage corporellement d’une souplesse et d’une rythmique digne d’un Chaplin qui aurait gobé un Stan Laurel, quand Olga Eliseeva parvient dans ce spectacle à développer tous ses talents de femme plantureuse dans des registres improbables de séduction et de rudesse. Hilarante scène de flamenco dans laquelle la diva du burlesque joue une danseuse de choc. Mémorable scène de patinage artistique digne d’un Laurel et Hardy. Irrésistible cuisinier préparant un repas pour deux invités surprise du public. Olga crève le plateau. La scénographie de Yuri Sutchkov, les costumes colorés donnent à l’ensemble une tonalité propre aux Semianyki. Les cadences visuelles et sonores accrochent un spectateur pris au piège dans un tourbillon de vie et de férocité. Un art de la rupture d’une grande maîtrise. Le spectacle s’adresse aux enfants et aux adultes qui aiment se laisser rattraper par des tensions zygomatiques. A déguster en famille. Deux minutes d’arrêt ! / Semianyki Express par WebTV_du_Rond-Point 28 mai – 5 juil., 21:00 salle Renaud-Barrault samedi, 15:00 et 21:00 dimanche, 15:00 samedi 20 juin, 21:00 et 15:00 relâche les lundis...

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20 ans – Les Ogres de Barback
Mai23

20 ans – Les Ogres de Barback

 Les Ogres de Barback fêtent leur 20 ans ! Un double album fidèle à leur âme : fraternel et humaniste, “à la joie, à l’anarchie” ! Voilà 20 ans que les Ogres de Barback  sillonnent la France, l’ailleurs et le paysage musical français. Cela en fait des chansons, des concerts, des combats, d’artistes rencontrés. Parmi eux la fanfare béninoise Eyo’nlé qui partage leur chemin depuis quelques années. Le résultat est coloré, vif, avec d’étonnants mélanges. Pour l’occasion la fanfare se donne des airs de Bregovic en ouverture de l’album ou yiddish dans Grand-Mère. Festive, la fanfare montre que la musique n’appartient à personne et que ces 20 ans se fêtent sous le soleil du multiculturalisme qui caractérise le groupe. Le groupe reprend biensûr L’accordéon pour les cons dans un rythme plus chaloupé, le délicieux Pour me rendre à mon bureau,  Grand-Mère, Rue de Paname, les plus grands succès du groupe en alternance avec des airs de la fanfare africaine. De quoi donner de la joie mais aussi un peu de nostalgie… Faites le calcul pour ceux qui les suivent depuis le départ. Vous avez la quarantaine? Eh bien vous veniez de passer le bac, de vous engager dans les études ou de prendre votre premier job. Ce premier CD à des allures de feu de camp en bord de plage avec la guitare à la main. Finalement un ambigu coup de jeune qui donne envie de replonger dans les albums du groupe. Le deuxième CD est une jolie surprise. Avec une émouvante ouverture et fermeture en hommage à Monsieur Leprest, SDF, Le Daron, l’opus réunit la chanson française et ceux qui chantent ou militent avec le cœur,  toute génération confondue. On ne sera pas surpris de retrouver en invités : Mellismell, Mouard et Florent Vintrigner de la Rue Kétanou, Christian Ollivier des Têtes Raides, Frédéric Fromet, Les Hurlements d’Léo, Loïc Lantoine, une partie de Debout sur le Zinc, Winston Mc Anuff et Fixi, Anne Sylvestre, Tryo, La Meute rieuse, Daniel Mermet, un titre de Mano Solo, de Renaud, de Jean Ferrat…Une place est faite également aux Ogrillons qui nous rappellent que les Ogres de Barback, c’est aussi quelques jolis albums de Pitt Ocha qui ont eu un joli succès. L’ensemble est cohérent, festif, anarchique, sincère et généreux. Une jolie bouffée...

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2 Grains of Sand
Mar02

2 Grains of Sand

Piers ne cherche pas à en mettre plein la vue mais à l’oreille suffisamment fine pour nous étonner avec des morceaux d’une étonnante efficacité. « Two grains of sand » ouvre l’album sur des phrasés vocaux qui nous rappellent un certain Benjamin Fincher

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Les Visages
Fév18

Les Visages

L’écriture est de qualité. Les analyses psychologiques des personnages, le regard sur le milieu de l’art contemporain et notre société sont pertinents. Une jolie plume. A lire.

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Discours à la nation – Ascanio Celestini – Théâtre du Rond-Point
Jan10

Discours à la nation – Ascanio Celestini – Théâtre du Rond-Point

L’art du rire de résistance Quelques caisses de bois en fond de scène, une guitare, un globe terrestre lumineux, un comédien, un musicien et une pièce composée de textes très habilement écrits. Discours à la Nation d’Ascanio Celestini est un texte pamphlétaire sur notre société moderne et les régimes sociaux-démocrates. Les mots ne pourraient être que pamphlétaires, ils sont de surcroît littéraires. Avec une plume intelligente, ironique, l’auteur italien nous entraîne dans des paraboles saisissantes pour dénoncer les travers de chacun. La technique, digne d’un Ron Mueck ou d’un Jeff Koons, est d’une redoutable efficacité et amuse. En procédant à un changement d’échelle –l’auteur choisit d’incarner et de grossir à l’extrême la mauvaise conscience- l’ensemble des faits décrits par le conteur produit sur le spectateur un effet de miroir déconcertant. Les horreurs extrêmes, grotesques et cyniques prononcées par le conteur renvoient directement à nos petites lâchetés quotidiennes, nos pensées inavouées. Pire, elles renvoient à de nombreuses réalités médiatiques actuelles. L’homme au parapluie et Camarades sont des philo-fables qui devraient être enseignées dans toutes les écoles de France pour montrer ce que ne devrait pas être l’économie. Dans la droite ligne de Dario Fo et de ses textes critiques sur l’absurdité de nos sociétés occidentales, Ascanio Celestini fustige l’inaction et l’endormissement consenti de nos sociétés démocratiques individualistes en perte d’idéaux et de combats utopiques collectifs. « Le monde ne change pas, c’est juste ta place dans le monde qui change ». La solidarité économique sonne faux, la lutte des classes n’a plus de nom. Le texte agit comme un habile électrochoc comique qui égratigne. Un brin anarchiste, un brin caricatural et transgressif. L’objectif théâtral d’éveil des consciences est atteint. Un très jolie liberté d’expression à découvrir. « Et si un jour les Martiens atterrissent, espérons qu’ils seront plus sérieux et plus fâchés que vous. Espérons qu’eux, ils la feront, votre utopique et magnifique révolution. Celle dont vous ne réussissez même plus à rêver. »   http://www.theatredurondpoint.fr/ 6 janvier – 1er février 2015, 21h dimanche, 15h30, relâche les lundis plein tarif salle Roland Topor 28 euros tarifs réduits : groupe (8 personnes minimum) 21 euros / plus de 60 ans 26 euros demandeurs d’emploi 18 euros  / moins de 30 ans 15 euros  / carte imagine R 11 euros réservations 01 44 95 98...

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Le Voyageur de Noel
Déc26

Le Voyageur de Noel

Même si le récit est plutôt réussi, alliant descriptions rurales hivernales et enquêtes diverses dans plusieurs lieux, l’ensemble reste assez léger. Le livre mériterait 100 ou 200 pages de plus afin d’affiner les portraits des personnages et surtout les relations entre eux. Si l’on sent quelques affinités entre certains, le réseau demeure superficiel et seulement descriptif.

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Gustave – Jacques Weber – Théâtre de l’atelier
Déc07

Gustave – Jacques Weber – Théâtre de l’atelier

  « Du sang, pas de la lymphe ! » Jacques Weber joue dans Gustave une libre adaptation de la correspondance de Gustave Flaubert. Seul en scène accompagné d’Eugène, domestique et confident presque muet, Jacques Weber interprète un Flaubert subversif, révolté dans l’âme qui en découd avec son temps et fustige les Musset, Lamartine et Béranger. Des auteurs qui selon lui jouent sur une vision populaire et faussement romantique, voire caricaturale de la vie et des états d’âme. L’adaptation de la correspondance de Flaubert signée Arnaud Bédouet nous emmène dans la passion de Flaubert, ce travailleur insatiable, chercheur de phrase à contre-courant des usages à la mode.  Flaubert hypersensible et lucide, veut de la chair, de la vie, « du sang, pas de la lymphe ». On reconnaît des passages de la future préface d’Emma Bovary, ses réflexions qui le pousseront à écrire contre la bourgeoisie et sa bêtise, Dictionnaire des idées reçues mais aussi et surtout Bouvard et Pécuchet. La solitude est probablement l’autre versant de la personnalité de Flaubert, auteur isolé en Province du côté de Rouen quand tous les penseurs de son temps lui demandent de participer activement à la vie parisienne. C’est au prix de l’écriture qu’il sacrifie sa relation avec Louise Colet, poétesse à la mode. C’est sur la lettre de rupture de Louise que débute le spectacle. La correspondance dépeint un Flaubert misanthrope et misogyne, lubrique, fréquentant les bordels et revendiquant l’amour comme étant en deçà du travail et de l’écriture. L’amour ne vient qu’agrémenter la vie mais en aucun cas ne doit la guider. Son regard critique sur l’humanité et la société d’un conformisme morbide l’isolent. Librement adapté de la vie de Flaubert qui participera bien plus tard à la vie mondaine et parisienne, le spectacle est à voir. De grands moments, notamment quand Flaubert s’image à la tribune de l’Académie Française et apostrophe les écrivains de son temps, mais aussi quand il décortique  la poésie de Louise Colet ou de Lamartine. Une méridienne, une table, une caisse, un voltaire, il n’en faut pas plus à Jacques Weber pour nous transporter chez un Flaubert, libre, sauvage et plus théâtral que jamais.   http://www.theatre-atelier.com/...

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Eskelina – Le Matin du Pélican
Nov26

Eskelina – Le Matin du Pélican

                Une bonne nouvelle pour la chanson française Eskelina sort un premier album, Le matin du Pélican. Guidée par Christophe Bastien, guitariste du groupe Debout sur le zinc, et par Florent Vintrignier, parolier qui travaille régulièrement avec la Rue Kétanou, Eskelina produit un bel album, frais, acoustique et très mélodieux. Avec un  phrasé léger accentué par ses origines suédoises, la chanteuse a incontestablement un don pour les ritournelles qui restent en tête. La voix est timbrée et vole avec facilité dans des aigus vibrants qui invitent au voyage. Les arrangements sont simples et mettent à l’honneur  guitare folk et contre-chants. Les chansons se baladent de ballades en ballades, sans prétention et avec efficacité. Cette simplicité apaise. On remet l’album en boucle pour accompagner ses soirées ou ses virées dans la ville. Onirique. Emouvant.  L’album est réussi. Les chansons s’enchaînent avec cohérence. « Je reviens » ouvre l’album et reste incontestablement le titre qui sera sans doute le plus écouté et, on l’espère, diffusé sur les ondes. Une bien belle découverte, une bien belle interprète. A connaître. http://www.eskelina.com/...

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Fratricide – Jean-Pierre Kalfon – Pierre Santini – Théâtre de Poche Montparnasse
Nov25

Fratricide – Jean-Pierre Kalfon – Pierre Santini – Théâtre de Poche Montparnasse

Jean-Pierre Kalfon et Pierre Santini sur scène. Cela fait longtemps qu’on ne les a pas vus sur une scène de théâtre alors quand l’occasion se présente, on ne les loupe pas. Jean-Pierre Kalfon et Pierre Santini sont au Théâtre de Poche Montparnasse dans une pièce de Dominique Warluzel. L’histoire est celle de deux frères convoqués chez le notaire à la suite du décès d’un père fortuné. L’un est voyou, Jean-Pierre Kalfon, l’autre est devenu un avocat embourgeoisé, Pierre Santini. Tout pourrait être simple mais voilà, le père a décidé de nommer le notaire comme seul juge de la répartition des biens en fonction du degré d’amour porté au père défunt. Les deux frères ont des parcours et des choix de vie différents… L’occasion est belle pour quelques règlements de compte. Le texte a de bonnes répliques qui feront rire le public. Dans un décor sobre, les deux comédiens échangent les coups. Si le texte est inégal avec de faibles ressorts dramatiques, on prend un réel plaisir à voir sur scène ces comédiens qui ont marqué l’histoire du cinéma et du théâtre....

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Bad Little Bubble B. – Laurent Bazin – Théâtre du Rond-Point
Nov14

Bad Little Bubble B. – Laurent Bazin – Théâtre du Rond-Point

Aux frontières du pulsionnel et du théâtre Elles sont cinq en scène. Cinq jeunes femmes libres de faire exploser les codes et les formes. Cinq jeunes femmes avec une énergie vitale débordante  pour casser les frontières du regard et du voyeurisme, pour transformer l’espace scénique en objet esthétique, en un espace de propositions. Les tableaux se succèdent dans les clairs obscurs, dans les noirs, dans des faisceaux de projecteurs pour montrer des corps de femme en proie à la mécanique et aux pulsions des mots, du toucher, du regard. Il y est question de violence, du Ça originel, de blessures, de sauvagerie et de barbarie. Les morceaux de corps nus donnent naissance à des fantasmagories, des corps sans tronc, des corps sans visage, d’étonnantes images. Laurent Bazin s’attaque à l’impossible et à l’intolérable, la femme objet, victime du pornographique, à ses spectateurs subjugués, hypnotisés par les contrées de l’organie. L’écran n’est plus là, impossible de zapper ou de refermer le magazine. La tension naît alors de ces successions d’uppercuts théâtraux fondés sur une exposition en dérapage contrôlé de l’intime. La mécanique s’exprime, implacable. Une extériorisation des conflits intérieurs qui s’expriment par le cri, des courses, des chocs, des bruitages. Ce geste théâtral est une révolte de matière et du code théâtre. Une intellectualisation nécessaire pour affronter ce qui pourrait être déplacé, un non-objet ou un hors-sujet. Une interrogation à aborder avec toute la prudence qu’il se doit devant l’exploration de l’inconnu et la naissance de l’instable informité. Mise à nu / Bad Little Bubble B. par...

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HETERO / Denis Lachaud / Théâtre du Rond-Point
Sep30

HETERO / Denis Lachaud / Théâtre du Rond-Point

  Une pièce d’une drôlerie remarquable   Le plateau aurait pu être celui d’un vaudeville. Un intérieur bourgeois blanchâtre avec une porte principale et des fenêtres comme seules issues vers le monde extérieur. Un décalage scénographique qui donne à la fois une modernité et un reflet du théâtre traditionnel bourgeois. Un aller-retour entre le fil du passé, l’héritage, la mémoire et une contemporanéité de la transgression. Le monde des couleurs est à l’extérieur. Des couleurs qui cherchent à envahir progressivement l’espace scénique.   Hetero agrandit à la loupe les travers du modèle familial bourgeois, le poids de la pression sociale qui fabrique et finit par écraser l’identité et la liberté de l’homme moderne. Une stratégie dramaturgique de l’absurde: inventer un monde uniquement peuplé d’hommes. Le Fils a deux papas. L’un des deux l’a enfanté. L’autre est le chef de famille. Le système patriarcal est poussé à l’extrême. On reconnaît la mythologie bourgeoise des années 1950. Celui qui enfante est une bonne ménagère, l’autre est un passionné de marches militaires et entend bien choisir les orientations du foyer. Le fils ne trouve pas de mari, qu’importe, les parents s’en chargeront en faisant appel à un entremetteur, Negos, qui devra trouver le Promis. L’écriture est vive et soucieuse du détail quand il s’agit de nous donner des codes familiaux, le père est appelé Père et la père-maman, papa. Il aurait pu être papa-poule.   Pastiche ? Farce ? La pièce est construite dans la pure tradition des comédies.. Provocante et drôle comme une pièce d’Aristophane, galante parfois comme un marivaudage, vaudevillesque quand le qui pro quo surgit. Plus que des idées véhiculées -le schéma familial traditionnel a explosé – le comique naît de la situation, de la structure, du jeu des comédiens qui conservent la foi en un monde de règles binaires. L’imprévisibilité n’a pas sa place, un défi à notre complexité, et aussi un bien-être pour le spectateur qui se sent supérieur à ces pantins qui n’ont rien à voir avec l’altérité. Un piège savamment orchestré qui utilise de nombreux ressorts...

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L’orchestre symphonique des 100 violons tziganes de Budapest – Théâtre des Champs-Elysées
Juin25

L’orchestre symphonique des 100 violons tziganes de Budapest – Théâtre des Champs-Elysées

  60 violons, 12 contrebasses, 6 cymbalums, 9 clarinettes, 6 violoncelles. Au programme, dépaysement, virtuosité et énergie. L’orchestre symphonique tzigane de Budapest en impose. En costume traditionnel, les musiciens s’installent et attendent le départ du premier violon JOZSEF LENDVAI CSOSCI, qui rythme en guise de chef d’orchestre l’ensemble musical. Johan Brahms, Vittorio Monti, Tchaïkovski, Johann Strauss I et II, et de nombreux autres grands compositeurs passent par les cordes de l’orchestre qui se plaît à en donner des variations rythmiques qui emportent rapidement l’adhésion du public. La mécanique est bien huilée et ça dépote ! Si la première partie est relevée, la deuxième est nettement plus classique conformément au changement de costume des musiciens qui prennent une apparence viennoise. Un tzigane viennois, l’idée est plutôt étonnante mais fonctionne. Rapidement le rythme reprend vite le dessus, cela semble plus fort qu’eux, l’âme tzigane prend le dessus. Offenbach et son galop infernal (French Cancan) d’Orphée aux enfers ouvre le bal. Le concert prend très souvent des airs du concert du nouvel an viennois. Les “Oupa” et les cris des musiciens viennent ajouter des vagues joyeuses. Le plaisir est là, sur scène comme dans la salle qui applaudit en rythme. La forme se veut simple en apparence et populaire au sens noble du terme. Mais qu’on ne s’y trompe pas, caler autant de musiciens sans chef d’orchestre en permanence et sans partitions est une jolie performance.  La salle contient peu d’enfants et c’est bien dommage, cela aurait pu être une formidable occasion de les initier à la culture classique et tzigane. A voir en...

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