Richard Jewell, Clint Eastwood
Mar13

Richard Jewell, Clint Eastwood

J’ai enfin pu voir l’excellent dernier opus de “ce bon vieux Eastwood” qui n’a rien perdu de sa lucidité et de sa capacité d’indignation contre les travers de son époque. J’ai enfin pu voir l’excellent dernier opus de “ce bon vieux Eastwood” qui n’a rien perdu de sa lucidité et de sa capacité d’indignation contre les travers de son époque. Travers qui affectent son pays depuis fort longtemps et le nôtre aussi, désormais sous contrôle de l’hypocrisie d’une bien-pensance mondialisée alliée naturelle d’une idéologie dominante anglo-saxonne partout répandue grâce à la puissance de médias chiens de garde zélés (et pour cause !) d’un monde soumis aux marchands. Il y a beau temps que le journalisme digne de ce nom n’existe plus aux USA. Logiquement, il est à l’agonie ailleurs, en voie de disparition. Eastwood, dans son film, ne montre pas un emballement médiatique qui serait épisodique. Il montre ce que font les médias quotidiennement. Ce qu’ils font c’est ce qu’ils sont. Ils ne sont pas menteurs, ils font ce pourquoi ils sont grassement payés, raconter des histoires (comme le cinéma) quels qu’en soient les conséquences. Nul besoin de décrire un quelconque mécanisme pour éclairer la lanterne du spectateur sur les médias. Chacun les voit à l’œuvre, en est la victime même et surtout quand il s’imagine qu’il ne l’est pas. Ce qui est proprement consternant et hélas sans issue puisqu’accepté et justifié par le troupeau docile et confiant dont ils ont la charge. Troupeau dont fait partie ce pauvre Mr Jewell, soudain contraint de mettre en doute un système dans lequel il croit. Il va y être aidé par un avocat, looser sympathique revenu de tout, figure classique du cinéma américain généralement sous l’apparence désabusée du détective privé. C’est ce personnage qui osera balancer quelques vérités bien senties à la face de la journaliste qui sera bien en peine d’argumenter quoi que ce soit pour se défendre puisque l’irresponsabilité est son gagne-pain. La retenue dans le traitement de l’émotion, signature du cinéma eastwoodien, ne se dément pas. Paul Walker Hauser est étonnant de justesse dans son rôle ingrat de benêt yankee amateur d’ordre, professant une foi naïve dans les institutions légales de son pays, voulant bien faire, bientôt trahi, maltraité, déconsidéré par cela même qu’il révérait. Kathy Bates, sa maman, est admirable de retenue dans ce bouleversement brutal de l’existence paisible qu’elle essaie de mener. Les larmes versées ne le sont jamais de trop, préserver sa dignité, cette dignité des pauvres gens tellement maltraitée de nos jours, et celle de son fils étant plus fort que tout. Le délicieux Sam Rockwell joue l’avocat avec décontraction, empathie et fatalisme, c’est à lui que l’on s’identifie volontiers, il nous fait du bien face aux affreux jojos. Ceux-là...

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