Grande -, Vimala Pons, Tsirihaka Harrivel, 104
Mar12

Grande -, Vimala Pons, Tsirihaka Harrivel, 104

Massés aux portes de la salle encore fermée, un décompte régulier nous avertit que quelque chose va commencer. Quand les portes s’ouvrent, le plateau est à vue, le sol marqué de la cartographie de l’imminent voyage à venir, depuis le fond de scène émergent six podiums accueillant chacun des objets nombreux et disparates, ici une poupée, là, un mannequin, des vases, un tabouret, une télé…, Un toboggan se hisse au plus haut de la salle, en avant scène des câbles, manette de manutention et une table à nouveau, regorgeant de platines, synthés, micros, batterie… Le compte à rebours se poursuit. Une femme vêtue d’un peignoir en satin, capuche rabattue sur les oreilles sillonne le plateau, notre imaginaire s’ouvre sur celui d’un boxeur attendant le combat imminent. Son partenaire adopte le même rythme nerveux, déambule lui aussi. Le bric à brac commence à s’ordonner. Le décompte n’est plus seulement auditif, il est aussi visuel. Un panneau recouvert de tissus brodés de chiffres prend le relai du décompte. Tandis que le paravent s’effeuille, Vimala Pons empile, par lui cachée, les couches de vêtements en vue d’un mémorable striptease. Le ton du spectacle est donné, un imaginaire de music-hall revisitant les classiques du genre tout en les détournant dans un hétéroclite quotidien qu’on serait tenté de qualifié de bordel sans nom mais dont on comprendra rapidement qu’il est soigneusement organisé, méticuleusement ordonné. La précision est de rigueur dans le cirque où les interprètes jouent leur vie au millimètre près. Avant le spectacle, une « map » nous est distribuée. Elle nous guidera pendant le voyage à travers une histoire d’amour contemporaine, n’ayant peur ni de son lyrisme ni de ses médiocrités, montant littéralement dans les hautes sphères puis s’écrasant de nouveau, avant de repartir à travers huit revues imbriquées et séparées les uns des autres par des intermèdes musicaux durant lesquels des techniciens remettent en place le plateau. Ici tout se fait à vue, Vimala Pons et Tsirihaka Harrivel choisissent de tout nous montrer, faisant quasiment passer sous silence l’intensité de leurs prouesses respectives, comme si elles allaient de soi, comme si elles nous concernaient tous. Ebahi par le voyage, le public se lève pour saluer d’une standing ovation le génie de l’entreprise. Comme pour mieux nous indiquer que tout cela existe aussi grâce à nous, le public, salué à son tour par les interprètes, sort par le plateau.   Grande – du 19 février au 02 mars 2019 104,...

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One drop of truth
Mar12

One drop of truth

Allez hop, on décroche son stetson, on appuie sur la pédale wah wah et on se prend pour des cowboys en compagnie de trois frères qui s’y connaissent! Ils ne se ressemblent pas vraiment les frères Wood. D’ailleurs le troisième larron n’est pas de la famille. Jano Rix, avec sa tête de premier de la classe, joue de tous les instruments et suit fidélement les aventures musicales du groupe. Chris Wood se cache derrière une barbe et une basse tandis qu’Oliver laisse les cheveux descendre comme un rideau sur son visage long et mince. Les trois sont différents mais défendent une idée précise de la country ou de la musique traditionnelle américaine. Il y a le bon accent, le gout du foin, les instruments acoustiques qui dépoussièrent les oreilles… on les imagine dans une grange pour trouver l’inspiration et la tranquillité. Leurs chansons elles ne sont pas si tranquilles. Les gars ajoutent une bonne grosse dose de rock pour que le passé n’envahisse pas trop leurs compositions. Sur un air de country, ils construisent des petits hymnes énervés et spectaculaires. On se fait avoir par leurs tronches de rednecks. Ils éclairent leur style avec une virtuosité qui surprend. On s’excuse de nos préjugés. C’est finalement des folkeux qui rêvent de grandes salles. Leur ambition les pousse à sortir de la zone de confort. Les paroles chatouillent et les rythmes nous font remuer le popotin… difficile de résister à ce trio qui espérons le va arriver à s’exporter. Il a visiblement l’envie d’effacer les frontières… Honey jar records –...

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