Wonder Woman

Il y a une éternité, Joss Whedon, papa de la série Buffy contre les Vampires et futur réalisateur de The Avengers, imaginait une adaptation de la super héroïne sur grand écran avec Sandra Bullock. Merci le projet est rapidement tombé à l’eau.

Aujourd’hui c’est Gal Gadot qui joue la plus célèbre des amazones! Elle est belle. Elle est forte. Elle nous en met plein les mirettes. Cette actrice semble être née pour jouer les femmes fortes et populaires. Au delà de son physique, elle peut jouer le mouton craintif comme la farouche en furie. On espère qu’on lui donnera des rôles un peu plus complexes dans les années à venir. Ca doit valoir le coup. Cependant elle a actuellement un contrat avec DC Comic, le concurrent de Marvel qui tente de se démarquer avec des Batman et Superman plus ambigus que la moyenne!

D’ailleurs pour l’occasion, le studio est allé chercher la discrète Patty Jenkins, réalisatrice de Monster, film qui avait valu un Oscar à Charlize Theron en 2003. Il y a une éternité aussi. Depuis Jenkins travaillait pour la télévision et la revoilà donc à la tête d’un blockbuster super costaud mais aussi féministe.

Ca va nous changer des gros costauds de l’espace, des monstres verts et des milliardaires mégalos robotisés. Normalement, notre super gonzesse ne va pas faire dans la virilité hypertrophiée et les blagues vaseuses face à la mort! Avons nous le droit de voir autre chose?

Pour un blockbuster, Wonder Woman commence mollement. La réalisatrice nous refait 300 (Zack Snyder produit Wonder Woman) avec des nanas menées par les magnifiques Robin Wright et Connie Nielsen. Il est certain que le Monde irait mieux avec de telles dirigeantes!

Mais sur leur île mystérieuse, elles forment les amazones pour un probable combat contre le dieu de la guerre, Arès. Elles font une place à part à la petite Diana, princesse intrépide qui va rapidement grandir pour devenir l’incroyable guerrière au ventre plat et à l’innocence touchante.

Un homme déboule dans l’île et évidemment brise le calme ambiant. A l’extérieur de ce havre de paix, la Première Guerre Mondiale fait des ravages. Un belliqueux général allemand fait encore plus de dégats que les autres. La jeune et belle Diana est prête alors à quitter son île pour botter les fesses de tous les fous de guerre!

Et le film s’améliore au fil des minutes. Le kitschissime concept de Wonder Woman, déesse au lasso de vérité s’estompe pour donner un film d’aventures, à l’ancienne, un peu comme le premier volet de Captain America, une des meilleures adapatations de super héros à l’heure actuelle.

L’humour fait son apparition aussi. Les decors sont synthétiques et peu convaincants mais le film développe des personnages attachants, au détriment de méchants un peu fadasses. On devient donc très indulgent car ce qu’il ressort de cette énième adaptation c’est la candeur humaniste de l’héroïne, pourtant arme redoutable pour mettre les vilains en pièces.

Le révisionnisme historique (c’est un peu grace à elle que le Monde stoppe la Guerre) permet une distanciation salutaire. Jenkins protège son personnnage de la laideur de Monde et célèbre la sincérité de son combat simple et binaire. A trop aimer sa super héroïne, la production a oublié de faire un film original. C’est assez classique mais le féminisme du spectacle apporte un peu de tendresse et de nouveauté à une uniformisation rampante des films de super héros, corsetés de plus en plus dans de moches costumes! Ce qui n’est pas exactement le cas ici!

Avec Gal Gadot, Chris Pine, Danny Huston et Connie Nielsen – warner bros – 7 juin 2017 – 2h20

Auteur: Pierre Loosdregt

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