Where have you been all my Life?

Est-ce bien utile de reprendre ses chansons après six petites années d’existence ? Faut être Irlandais pour avoir cette étrange idée.

Les Villagers sont un groupe d’abord sympa. Le chanteur, Conor O’Brien est le seul maître à bord. Il chante bien et sa voix est de celle qui s’installe longuement dans la mémoire. Le type pourrait vous donner la chair de poule en vous récitant la recette de l’irish stew.

Car les Villagers sont un groupe irlandais. La musique pour eux est une continuation logique de leurs vagues à l’âme et une expression naturelle de leurs pensées, incongrues ou sensibles. Ils sont à l’aise pour faire dans l’emphase ou pour nous conter de belles histoires, évidemment sombres et tristes. Ils mettent de l’âme dans leurs notes et cela a donné trois disques assez fascinants qui vous emmènent pour un sacré voyage !

Après six années d’expérience, O’Brien fait une pause en chantant. Il tire de son petit répertoire, quelques chansons pour les interpréter d’une nouvelle manière dans les conditions d’un live. Il profite d’un passage au studio RAK (là où furent enregistrés The Bends de Radiohead ou Parklife de Blur) de Londres pour s’amuser avec de belles compositions qu’il enchante de nouveau avec sa voix qui fouine dans les moindres accords et les douces harmonies du groupe.

Comme sur la pochette de l’album, on a bel et bien l’impression de grimper sur un petit sommet de la pop. On se sent tellement bien en haut. Bien accompagné par un O’Brien ravi de se rendre lui-même hommage à son écriture.

C’est fluide et délicat. Si les morceaux plus récents marquent moins, les nouvelles interprétations de Becoming a Jackal et Awayland sont magnifiques, des envolées simples au lyrisme dépouillé. Des pépites de pop à la saveur rare, qui rappelle un peu Neil Hannon, autre chanteur seul caché derrière un nom de groupe. Et qui continuent la grande aventure des bardes irlandais, si vivants et généreux auprès de leur public.

Franchement, nous les petits Français, on a là toutes les raisons d’être jaloux de cette richesse musicale, capable de se remettre en question et en musique, avec autant de justesse ! On est vraiment chanceux que ce groupe soit dans nos vies désormais !

Domino – 2016

Auteur: Pierre Loosdregt

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