War Machine

Dans son coin, sur la plateforme Netflix, Brad Pitt se fait un film à sa gloire en profitant des petitesses de l’Amérique. Drôlissime!

Bon ca ne va pas fort pour les mégastars vieillissantes en ce moment. On va faire un peu dans le people: Johnny Depp est ruiné et accusé de taper sur sa poupée qui dit non tandis que Brad Pitt est lui dans le pétrin avec Angéline Jolie dans un divorce vaseux. Bref, les héros d’hier deviennent de sacrés badboys malmenés par la presse et le grand public!

Pour se refaire une santé, le beau Brad Pitt, avec sa société de production, se consacre beaucoup aux films des autres et tente l’aventure Netflix avec un projet ambitieux qui rappelle que le comédien aime aussi se mettre en danger, sortir de sa fameuse zone de confort (expression à la mode).

Il va donc chercher le réalisateur du brutal Animal Kingdom et décide de jouer un général de l’armée américaine confronté au bourbier afghan. Face à la présidence très controversée de Donald Trump, Pitt et son équipe propose une satire corrosive!

L’armée devient une espèce de cirque géo politico stratégique où les militaires s’éloignent de plus en plus de leur métier pour tenter de se faire une place médiatique. Pitt en fait trois tonnes et demi dans le rôle d’un général réactionnaire mais volontaire.

Pourtant il faut bien voir dans le portrait de ce haut gradé, une vision crépusculaire de l’acteur face à la vieillesse. Comme Pitt, le général devine la fin de sa gloire.  Il lutte contre cela. Mais en vain. Le constat est amer mais fait avec drolerie. Michod, habitué aux films coups de poing, décrit avec espiéglerie, les affres d’un homme perdu dans un monde qu’il ne connait plus.

Le film se passe en 2009. Il tape sur le gouvernement Obama mais rien ne s’est arrangé. C’est un voyage ubuesque, grotesque et parfois inquiétant dans le monde contemporain. Les petites affaires politiques sont savoureuses car elles poussent des types compétents dans un univers totalement absurde.

Pitt s’amuse comme un petit fou et invite des copains à se moquer des autres: on reconnaît au hasard d’une scène, Ben Kingsley (hilarant), Meg Tilly (revenante), Tilda Swinton (parfaite), Topher Grace (jubilatoire), Griffin Dunne (méconnaissable) et d’autres gaillards de la génération de Pitt participent à la fête. Il y a aussi une apparition finale qui fait rire un peu plus. Car le film double son discours: il échappe au pamphlet pour aussi toucher l’intime.

Il y a de la mélancolie dans ce grand barnum et on se réjouit de voir Pitt se moquer d’abord de lui même. War Machine mériterait une sortie salle mais quand on a des choses à dire désormais, il faut se trouver une place sur les médias si nombreux et compétitifs. Comme le général et son comédien, on commence à s’y perdre!

Avec Brad Pitt, Topher Grace, Scoot McNairy et Alan Ruck – Netflix – 2017

Auteur: Pierre Loosdregt

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