« Vie privée » : une comédie romantique amusante mais pas désopilante.
Dans les années 30, au sortir de la crise, le rédacteur en chef d'un journal d’une presse que l'on appelait alors à scandales (et pas encore people), se livre à un chantage pour obtenir un reportage exclusif sur le second mariage de Tracy Lord, la fille d’une grande famille de Philadelphie.
Un couple de journalistes indiscrets débarque donc la veille de la noce, accompagné de l’ex-mari de Tracy, bien décidé à la reconquérir.
Tracy, à qui son ex-mari dévoile la machination, décide de jouer la parfaite mais exaspérante petite fille riche pour servir aux journalistes l'histoire qu’ils attendent. Le personnage, censé jouer la comédie, n’est pas forcément à l’aise et l’on comprend que son jeu soit un peu crispé. Ce qui étonne par contre, c’est qu’Anne Brochet (Tracy) reste sur le même registre pendant toute la pièce. Son jeu est poussif et manque de dynamisme.
Personnellement, je n’ai pas pu m’empêcher de comparer la comédienne à Ségolène Royal et son célèbre « fra-ter-ni-té… ».
C’est dommage car Anne Brochet a tout de même de vrais moments comiques.
C’est très dommage car il faut souligner la remarquable qualité de la distribution : pas moins de dix comédiens mènent agréablement cette comédie romantique. On aime surtout Julien Boisselier (dont on avait déjà pu apprécier le talent subtilement comique dans les mythiques « Portes de la gloire » au cinéma). Il est très bon en amoureux aviné et dépité, ce qui n’est pas une mince affaire, et il assène ses répliques de façon toujours drôle.
La pièce (“ The Philadelphia story ” en V.O) connut un immense succès à Broadway avant d’être portée à l’écran en 1940 par George Cukor, avec une distribution pléthorique : Katherine Hepburn, Cary Grant, James Stewart ou encore John Howard. La pièce originale et le film ont profondément marqué la comédie à l’américaine.
Si elle reste d’une actualité remarquable (la fascination/répulsion envers l’insolente richesse des nantis en pleine période de crise économique), et truffée de dialogues vraiment amusants, l’adaptation française a malgré tout tendance à manquer de rythme et, bien que le public ait applaudi généreusement, on ressort du théâtre avec un sentiment mitigé.
http://www.theatre-antoine.com/archives/Vie_Privee/presentation.html
Thibault Dablemont
© Etat-critique.com - 26/09/2009