Un peu Beaucoup Aveuglément

Clovis Cornillac est un vieux routard du cinéma français. Il devient réalisateur pour la première fois et sa naïveté sauverait presque sa comédie.

Car il y a bien quelque chose de désuet et d’innocent dans sa démarche. Etonnant pour cette tête d’affiche qui a joué dans de grands films et des nanars coûteux. Il fait une comédie comme on n’oserait plus: tout en studio, sur un concept branlant, célébrant le romantisme! On est très loin du cynisme qui ronge l’industrie. Avec sa femme, il a eu une idée simple et fait tout pour y construire un récit.

Il sera limité car le principe de base est facile: deux personnes s’engagent dans une relation aveugle. Ils se plaisent mais une cloison fine sépare leurs appartements respectifs. Lui est un créateur de jeux ronchon. Elle est une musicienne qui a peur des concours. Les deux inadaptés vont s’apprivoiser, sans jamais se voir!

A l’heure de la communication à l’extrême, on pourrait imaginer que tout cela est hors sujet. D’autant que la base du récit ne tient pas la route sur la durée: très difficile de ne pas se voir quand on est voisin. Mais cela ne fait rien: Clovis Cornillac assume la légèreté et base tout sur son duo de charme avec Mélanie Bernier et des seconds rôles soignés.

Il nous désarme. La candeur va avec la candeur et les petites erreurs. Il convoque le vieux cinéma comique des années 50 ou 60 avec quelques grossières erreurs mais aussi une certaine élégance et un élan qui semble naturel. C’est plan plan. Ce n’est vraiment pas génial mais on devine un film personnel, ce qui est déjà pas mal du tout!

Avec Clovis Cornillac, Mélanie Bernie, Lilou Fogli et Philippe Dusquesne – Paramount – 6 mai 2015 – 1h30

Auteur: Pierre Loosdregt

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