Un jour avec Un jour sans

Nouvelle chronique amoureuse du cinéaste coréen Sang-soo Hong. Un type qui nous fait aimer les cuites d’un soir et les brèves rencontres. Malgré l’alcool, ce film est d’une incroyable fraîcheur romantique !

Ham Cheon-soo est cinéaste. Il vient donner une conférence sur son dernier film dans une petite ville coréenne. Il visite le château du coin et rencontre Yoon, une jeune artiste peintre. Ils sympathisent. Il lui propose un café et passeront toute la journée ensemble.

Il ne se passera rien de plus. Ils vont boire un verre de trop qui va délier les langues et révéler les vérités. En quelques plans, le cinéaste coréen Sang-soo Hong va scruter les petits mensonges et les rudes émotions sur une histoire courte et amoureuse.

Il fait cela avec sa simplicité légendaire. Son cinéma est désuet. Il tourne autour des petites choses de la vie et surtout de l’alcool. Pour lui c’est le plus gros détecteur de mensonges mais aussi la seule façon de passer un peu au-dessus des conventions. Ce n’est pas pour rien qu’il est un grand amateur du cinéma d’Eric Rhomer.

On retrouve dans son cinéma en état d’ébriété, cette légèreté absolue et ce ton presque littéraire. Au fil de ses films, il a raccourci jusqu’au dépouillement visuel son procédé pour y puiser l’essence de son cinéma : la solitude moderne et le besoin d’amour. C’est un cinéaste doux, qui prend son temps mais surtout se plait à décrire constamment les jeux de l’amour et du hasard.

Son précédent film, Hill of Freedom était jouissif car il s’amusait à déconstruire le fil du temps. Ici, roublard, il raconte deux fois la même histoire avec de petites variations qui feront le sel de l’ensemble. On pense aussi à Woody Allen dans cette volonté de jouer avec le récit. Moins misanthrope, un peu pessimiste, il filme le trouble éclat de l’existence, les petits riens qu’on réprime ou qu’on assume.

On appréciera alors le jeu malicieux des comédiens, absolument incroyables. Les deux tourtereaux vont passer par tous les états. Sans fureur. Mais avec une belle gueule de bois. Déroutant par sa mise en scène simplissime, Sang-soo Hong confirme qu’il est le digne héritier des romantiques français, ceux qui ont soif d’amour et de partage ! A votre santé !

Avec Jae-yeong Jeon, Kim Min-Hee, Yeo-jeong Yoon et Ju-Bong Gi – Les Acacias – 17 février 2016 – 2h01

Auteur: Pierre Loosdregt

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