Tu ne tueras point

Pourquoi les films réac sont ils parfois les oeuvres les plus passionnantes?

Parce qu’ils sont faits avec une Foi incroyable. Le cinéma devient le vecteur de drôles de théories mais il est un instrument de sacralisation. Mel Gibson est un cinéaste pour le moins de droite. Celle qui adore George W.Bush et Donald Trump. Acteur adulé, il est devenu un cinéaste honni car il a connu le succès avec un film gore sur Jésus Christ. Un film dérangeant qui a été le début de la fin pour le comédien, un peu trop lunatique et extremiste pour Hollywood.

Isolé, mis sur le banc, Mel Gibson a encore la passion. Elle s’exprime tout le long de son film de guerre, un genre qu’il devait aborder car ses films sont des combats, des affrontements et des expériences violentes. Vous allez donc vous prendre dans la tronche des tripes, des corps déchiquetés et des morts choquantes.

Mais on remercie Mel Gibson de montrer la guerre de manière sale mais non romanesque. Il sacralise son héros mais Gibson est finalement un fataliste. L’individu est vertueux mais le collectif n’est que déception. C’est comme ça depuis son premier film.

Comme chez John Woo ou John Milius, la guerre broie tout le monde, transforme chacun en fantôme ou en zombie. La seconde partie guerrière de Tu ne Tueras Point est éprouvante mais Gibson fait preuve d’une énergie sans concession, qu’on ne voit plus trop au cinéma.

D’ailleurs en abordant ses thèmes fétiches, la religion et la violence, Gibson ne cherche même pas à plaire. Evidemment il y a ici tout ce qu’il faut pour développer un antiaméricanisme primaire. Mais Gibson assume. La première partie du film est lente et met en place doucement un héros ordinaire, objecteur de conscience qui veut malgré tout servir dans l’armée…

Il sera une figure christique, mais Gibson en profite surtout pour faire du bon vieux cinoche à l’ancienne, avec des seconds rôles passionnants, des plans travaillés et un idéalisme à travers la grandiloquence de la mise en scène. C’est lyrique et presque hors du temps.

Fresque déroutante, ce film ne peut pas laisser de marbre. Certains vont le détester. D’autres vont l’adorer. Il y a en tout cas, une liberté qui s’exprime et une envie folle de cinéma total. Mel Gibson est sûrement fou. On est ravi de le redécouvrir!

Avec Andrew Garfield, Vince Vaughn, Sam Worthington et Teresa Palmer – Metropolitan filmexport – 9 novembre 2016 – 2h11

Auteur: Pierre Loosdregt

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