The Walk – Rêver plus haut

La faiblesse de the Walk est claire et définie. Il concernera que les Français, toujours ravis de critiquer l’ami américain. Joseph Gordon Levitt réinvente l’accent français. Ben Kingsley tente lui aussi de relever le défi. Les deux se plantent dans les grandes largeurs. Dans la même logique, la vision de Paris en 1974 est une magnifique carte postale où s’entassent les vieux clichés. Cela fait doucement rigoler.

Et c’est quoi ce drôle de sous titre? Rêver plus haut! Il doit avoir un fan de Tina « Alles Plus Haut » Arena chez le distributeur Sony! En tout cas, il y a tout ce qu’il faut pour déclencher un incident diplomatique entre la France et les Etats Unis.

Deux pays qui ne laissent pas indifférent Philippe Petit, le funambule qui a glissé sur un fil tendu entre les deux tours du World Trade Center juste avant l’ouverture officiel des batiments. Ce Français passionné par les métiers du cirque se lance un défi impossible et va coûte que coûte réaliser son rêve… complètement fou et totalement illégal.

Robert Zemeckis (Retour vers le Futur, Forrest Gump et tout un tas de films pas loin d’être cultes),sorte de jumeau de Spielberg, sur un sujet pas plus épais qu’un fil de nylon, réussit sa version tout en hauteur de Attrape moi si tu Peux.

C’est ce que dit le rêve d’absolu à cette tête brûlée de Philippe Petit! Comme Spielberg dans son polar rétro et poli, le rêve peut tout emporter au delà de la légalité, la morale ou la mesure. Le message peut être naïf mais l’intelligence et la complexité de la mise en scène montre tout ce qu’il se passe dans la tête du farfelu funambule.

C’est la réalisation qui nourrit bel et bien le sujet, si léger. Zemeckis c’est de la réalisation poids-lourd mais il sait y faire pour nous montrer la folie du projet et la beauté du geste. Il y a bien entendu le « coup », ces minutes suspendus au dessus du vide où la 3D apporte enfin quelque chose (c’était le cas du récent Everest). Elles sont sublimes, ces images de cet homme gracieux entre deux monstres de métal au dessus de la cité la plus célèbre du Monde!

Il prend aussi habilement les règles du film de casse pour nous apprendre tous les secrets autour de ce projet. Comme Spielberg, les images et le récit sont ludiques, l’innocence est célébrée et la technique nous émerveille. Ce film parle avec douceur du rêve américain dont les tours deviennent le symbole meurtri.

Il y a de nombreuses maladresses mais Zemeckis n’aime pas le confort. A l’image de son héros, il tente des choses. Cela explique quelques longueurs et des lourdeurs. On peut aussi voir un vibrant hommage à l’art et peut être au cinéma. En tout cas, en regardant vers le haut, Zemeckis exécute une nouvelle pirouette bluffante.

Le film n’est donc pas parfait mais il a un charme considérable. C’est un spectacle pour le grand écran. Zemeckis croit en son art. The Walk marche peut être parfois sur la tête mais il nous envoie de temps en temps au septième ciel!

Avec Joseph Gordon Levitt, Charlotte Le Bon, Clément Sibony et Ben Kingsley – Sony TriStar – 28 octobre 2015 – 2h

Auteur: Pierre Loosdregt

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