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Vendredi 25 Mai 2012Cinéma

the ten

the ten

David WAIN

Avec Paul Rudd, John Hamm, Winona Ryder et Adam Brody - AAA - 2007

Et ta critique ?




L’Ancien Testament a nourri plusieurs comédies dans un contexte de retour aux valeurs religieuses (la série des Almighty, à l’époque). Celle-ci est différente, car les dix commandements n’inspirent qu’une satire plus ou moins bien sentie.


Il faut croire que trouver une bonne idée de scénario est suffisamment difficile pour que l’on se rabatte sur un enchaînement de courts-métrages autour d’une thématique centrale. L’intérêt de ce procédé est alors de laisser s’exprimer plusieurs réalisateurs, afin d’obtenir, à travers la multitude de points de vue, un traitement complet du sujet.

Ici, un seul metteur en scène et quelques acteurs bien connus outre-Atlantique s’attellent à donner une grille de lecture très personnelle des exigences divines en matière de comportement sociétal. À voir les transpositions capillotractées des défiances humaines à ces prérogatives, on se dit, un peu rassuré, que le fond importe beaucoup moins que la forme. Dont acte.

S’il ne faut pas chercher une quelconque morale facile (bien au contraire), le résultat est extrêmement peu catholique selon l’expression consacrée. Que l’on assiste à un dessin animé trash, aux désillusions d’une marionnettophilie, à des congrégations d’hommes nus célébrant le sabbat en écoutant de la soul ou aux atermoiements d’un Jésus en hidalgo érotomane, on ne s’inquiète plus la portée évangéliste du propos.

Non pas que les libertés prises avec la religion chrétienne ou l’esprit potache nuisent au film (Dogma avait su le faire parfaitement), mais cela n’apporte pas grand-chose en matière d’humour et ne fait que grossir un trait déjà forcé. Il ne se dégage finalement qu’un sentiment de franche camaraderie où les acteurs partent en roue libre et essayent de transformer leurs séquences respectives en one-man-show.

Faire un film à sketches est souvent une aventure périlleuse. Malgré une unité de sens et une unité de lieu (les histoires et les personnages s’entrecroisent joyeusement), la portée comique n’est pas toujours au même niveau. Au moins, il y en aura pour tous les goûts.

Difficile d’anticiper le devenir de l’exploitation d’un tel film (enfin, si, il a mis quatre années pour finir directement dans les bacs), tant il est calibré pour un public américain baigné dans une culture puritaine absurde qui donne du sens à ce long-métrage. Car le vernis religieux n’est qu’un prétexte pour explorer les perversions humaines et l’hypocrisie de ceux qui se prétendent vertueux. Mais tout ça pour ça…

 

 


Vincent Valat

© Etat-critique.com - 06/06/2011