The Lost City of Z

Film d’aventures à l’ancienne, The Lost City of Z est une antiquité remise à neuf. Et c’est sûrement le meilleur film de James Gray.

Ce dernier fut peut être surestimé par la presse française depuis son tout premier polar, Little Odessa. Depuis, il donne des suées à tout critique local avec des films âpres et souvent new-yorkais. Son petit dernier ne manque donc pas d’exotisme puisque le réalisateur de The Immigrant s’échappe en Irlande puis en Amérique du Sud.

Pas de voyous ou de flics. Pas de filles aux yeux tristes. Mais toujours une histoire de famille qui va se dilluer dans un récit d’aventures l’ancienne. Au tout début du Vingtième Siècle, le soldat Percy Fawcett se voit confier une mission au fin fond de la Bolivie, à la frontière du Brésil. Il doit diriger des travaux de cartographie mais rapidement il est convaincu que son périple pourrait le mener à une cité antique d’une richesse inouïe…

L’enfer vert donne la fièvre à tout blanc qui s’aventure dans la légendaire Amazonie. Aidé par deux fidèles amis, le militaire va consacrer sa vie à ses recherches. Au détriment de sa vie de famille et de son honneur. Car une fois de plus, Gray filme un homme à l’ambition aveuglante qui met en péril tout son entourage.

Il s’agit bien d’un film de James Gray car il est question en permanence de la famille, de l’héritage et de l’individu à l’interieur de cette cellule. Percy Fawcett, qui a réellement existé, a de la chance d’avoir une femme indulgente pour tenter redorer le blason. L’exotisme de l’Amazonie est entrecoupé par des retours en Irlande, délicat mais à la la violence plus feutrée, plus intimiste.

Elle contrebalance avec les voyages de Fawcett et ses amis. Le récit est à l’ancienne, rude et sans concession. Gray préfère développer les personnages pour que les événements prennent naturellement de l’ampleur. Pas d’effets grandiloquents. Avec quelques piranhas, un vilain explorateur et des indiens plus ou moins accueillants, le film nous plonge dans la folie qui finit par atteindre tout le clan Fawcett.

Le héros cite Kipling mais le film réveille tout ce cinéma d’un autre temps où la frontière n’est pas physique mais intérieure, où les paysages deviennent l’expression des doutes des protagonistes, où la musique nous propose de s’élever, au delà des images, où l’action reflète une profondeur plus existentielle.

Gray ne fait pas dans la citation: il retrouve une ambiance étrange, qu’adore un vrai cinéaste explorateur comme Werner Herzog. Aidé par la photo de Darius Khondji et des acteurs impliqués, James Gray signe une oeuvre vraiment à part, où l’Amazonie devient un fleuve au croisement du film d’auteur et des fantasmes hollywoodiens. L’efficacité sert un propos.

Le spectateur n’est pas baladé mais interrogé constamment par la lenteur, la beauté et l’ambiguité d’une folie filmée avec passion. Il faut donc aller très loin pour voir du vrai bon cinoche! Celui qui nous éloigne du Z, lettre maudite au cinéma!

Avec Charlie Hunnam, Robert Pattinson, Edward Ashley et Sienna Miller – StudioCanal – 15 mars 2017 – 2h21

Auteur: Pierre Loosdregt

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