The Good, The Bad & the Queen

Damon Albarn est un homme pressé (et engagé). Blur et Gorillaz hier. The Good, The Bad and The Queen aujourd’hui. Avec toujours la même capacité à étonner et fédérer. Chapeau !

Roulements de tambours et effet d’annonce imparable : les nouveaux Trois mousquetaires de la scène indé sont en piste pour de nouvelles aventures qui, comme chez Alexandre Dumas, pourraient s’intituler Vingt ans après !

J’ai nommé : Tony Allen (Athos) ex-batteur de Fela Kuti, Simon Tong (Porthos) ex-guitariste des Verve, Paul Simonon (Aramis) ex-bassiste des Clash et, en super-héros meneur d’hommes, Damon Albarn (d’Artagnan) ex-Blur, ex-Gorillaz… et deus ex-machina de l’expérimentation musicale du troisième millénaire.

Un premier single (Herculean) vendu seulement le 30 octobre dernier (mais en écoute sur MySpace), quelques apparitions en très petit comité et un buzz qui va bon train auront suffi à mettre sur orbite le nouveau projet de l’infatigable et prolifique Albarn. Enfin disponible dans son intégralité, l’album éponyme de ce gang de mercenaires réunis pour le meilleur ne déçoit pas une seconde, mais surprend son monde.

Musicalement moins déroutants que les premières notes de Gorillaz avaient pu l’être, les douze titres produits par Danger Mouse optent pour une peinture sombre et pessimiste de l’Angleterre d’aujourd’hui. Rien d’agressif pourtant. Aux confins du folk, de la pop et de l’electro, on reste, tout au long de titres homogènes et étroitement liés, engoncés dans un groove moelleux, presque lénifiant, qui ôterait au plus motivé toute velléité de s’en sortir.

Prisonniers des lourdes lignes de basse d’un Simonon plus militant que jamais, engourdis par la beauté fatale du mal de vivre et des peurs existentielles, on se laisse capturer sans résistance par la voix grave d’un Damon Albarn arrivé à maturité. Impression confirmée par la prodigieuse performance du groupe dans l’intimité chaleureuse du Cabaret Sauvage le 6 février dernier. Devant un public acquis, les vieux mousquetaires ont offert ce genre de performance en quasi-huis clos qui reste à jamais gravée dans les mémoires.

Proximité, virtuosité, engagement, sincérité… Il y avait ce soir-là quelque chose de la passion qui habite ces musiciens fédérés autour d’un projet ambitieux et engagé. Quelque chose qui n’a pas manqué de rappeler aux plus anciens la posture des Clash. Et Paul Simonon, planté sur scène, jambes écartées et basse à hauteur des genoux n’y était pas tout à fait étranger…

Parlophone 2007

Auteur: Joël Fompérie

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