The Danish Girl

L’étrange destin d’un artiste danois qui rêvait de devenir une femme… à n’importe quel prix! Un sujet délicat pour un Hollywood qui se veut néo-classique.

Car, comme le réçent Carol, pour aborder des histoires un peu sulfureuses, les studios rivalisent de chichiteuses idées pour que l’ensemble soit présentable et abordable par le plus grand nombre. Une louable intention quand on veut que des histoires originales puissent être vus par le maximum de spectateurs.

Et la vie de Lili Elbe est pour le moins déroutante. Artiste danois, peintre prudent, Einar Wegener s’illustre dans les années 30 avec des jolis peintures. Sa femme est plus audacieuse mais les marchands d’art sont plus frileux. Jusqu’au jour où elle peint Lili, un faux modèle qu’elle imagine avec son mari. C’est lui qui se travestit en femme.

Le succès est immédiat mais l’homme connait une troublante transformation. On pourrait l’imaginer malade mais sous les yeux inquiets de son épouse, il métamorphose en femme et sa personnalité est totalement modifiée. A l’époque, la médecine conclut qu’il s’agit là de la perversion…

Le film va donc raconter le combat de cet homme qui a toujours été une femme. Il s’agit là de la première femme transgenre, reconnu par la société danoise et qui a été jusqu’à l’opération chirurgicale. Le plus troublant évidemment c’est la présence et l’accompagnement de sa femme, Gerda Wegener.

Pour ne pas choquer l’auditoire, les producteurs ont proposé le film à Tom Hooper, réalisateur oscarisé de Le Discours d’un Roi et auteur d’un inaudible Les Misérables tout en musique. Ce dernier sait s’entourer. On sera bluffé par la beauté des images. Il fait un cinéma de chiffon et de brocanteur. Tout est dans le détail. C’est justement les petits détails qu’il faut surveiller dans la douce mutation d’Einar vers Lili.

On appréciera les décors, les costumes, les petites musiques de chambre, les scènes de ménage feutrées, les confusions sexuelles chastes. Et bien entendu des comédiens épatants à commencer par la merveilleuse Alicia Vikander, découverte il y a quelques temps dans Royal Affair et qui depuis a conquis l’Amérique. Tom Hooper est un styliste qui fait néanmoins de très jolies ambiances, entre le Copenhague rugueux, un Paris bohême (tourné à Bruxelles, plus art nouveau) et la ville de Dresde, presque bucolique.

C’est un classicisme éclairé, faussement artisanal mais qui va bien à cette histoire incroyable qui ne peut pas laisser indifférente. Sauf que le scénario est paresseux et tarde sur les états d’âme. Hollywood doit tout clairement expliqué. Les zones d’ombre doivent êtres mises en lumière. Si le film est un faux théâtre de tréteaux, il y a là une vraie élégance un peu trop sage, qui ne veut froisser personne… La vieille Europe effrontée s’incline encore devant les prudes studios.

Avec Eddie Redmayne, Alicia Vikander, Matthias Schoenaerts et Ben Whishaw – Universal – 20 janvier 2016 – 2h

Auteur: Pierre Loosdregt

Partager cette chronique sur

Submit a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

? *
Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.

IP Blocking Protection is enabled by IP Address Blocker from LionScripts.com.