Avec Patricia Clarkson, Chris Cooper, Rachel McAdams et Pierce Brosnan Sony - 2008 - 1h30
Et ta critique ?
Etonnant portrait d'un homme qui tuerait bien sa femme par amour, The married life est une fausse comédie et une étrange chronique sur la passion.
Le héros a la tête de Chris Cooper. Militaire frustré dans American Beauty, shérif incestueux dans Lone Star, son visage buriné marque facilement les esprits. Il est devenu un second couteau exceptionnel dans l'industrie hollywoodienne qui lui donne souvent des rôles ambigus.
On est étonné de le voir dans le rôle peu physique d'un mari poli dans les années 50. Son regard perçant est caché derrière des petites lunettes rouges. Il a la classe dans son veston marié à une femme formidable sous tout rapport.
Il est Harry, un cadre heureux qui a un lourd secret: il a une liaison avec la blonde et jeune Kay. Il en parle à son ami Richard qui tombe lui aussi amoureux de la charmante jeune femme.
Harry ne veut pas faire de mal à Pat, sa fidèle épouse. Pour lui une rupture semble impossible. Il pense que le meurtre est la meilleure manière de mettre fin à leur couple.
Le film ne devient jamais ce que le script laisse entendre: ce n'est pas une comédie policière. Les envies de meurtres ne seront pas le moteur de l'intrigue.
Ira Sachs prend la tangente rapidement pour nous emmener ailleurs, un ailleurs étonnant pour du cinéma américain. Le film est finalement une chronique métaphysique sur l'amour et l'impossibilité sociale de vivre ses passions.
Harry et Pat rappellent les héros des mélos de Douglas Sirk, individus figés dans une société étouffante. Le destin est encore plus dur avec l'incorrigible Richard et la discrète mais belle Kay malgré un pseudo happy end.
Le film promet un suspense amusant autour d'une situation cocasse et meurtrière. Il n'est qu'une chronique élégante et automnale sur le coeur et la solitude. On ne s'attendait pas à cela. Il ne faut pas être déçu: on est ravi de découvrir un film intelligent et feutré.