AD NAUSEAM, Tania Mouraud, Exposition monographique

Tania Mouraud

 

Au MAC/VAL, AD NAUSEAM, la dernière création audiovisuelle de Tania Mouraud est un vertige d’émotions, de sensations et de réflexions.

AD NAUSEAM

Marcher le long des trois écrans

Trente-cinq mètres de destruction

Frôler des désastres

Arpenter

AD NAUSEAM

Si même les écrits ne restent pas, quelle barbarie ?

Maelstrom d’actions. Il ne faudrait utiliser que des verbes d’actions, de destruction de réduction d’élimination. D’anéantissement.

Des verbes de mouvements, des montées des descentes des diagonales des disparitions. Des verbes massifs.

AD NAUSEAM
Les tombereaux déversés, ces abondances consommées, rejetées, pilonnées. Les dents de la grue, l’heure n’est pas à la réflexion, il faut saisir, trainer ces corps de papier, les balancer dans les broyeurs, les déchiqueter, les recracher. Ça ne s’arrête pas. Écrasés, lacérés, réduits à rien. Toutes différences effacées. Il arrive que le troisième écran montre soudain une folie de déchirures blanches. Blanches comme des os.

AD NAUSEAM
De mobile notre corps est devenu immobile. Tandis que devant nous le massacre s’accomplit, tout autour, ce son, ces sons, 1500 samples de sons mécaniques. Ce son qui fait corps, qui est violence, qui diffracte les actions, qui remplit à ras bord. Des sons déchainés comme les images.

AD NAUSEAM
On tente de lire les titres des livres avant leur enlisement, de se raccrocher à quelques mots, un reste d’humanité, mais d’humanité il ne reste rien. Juste nous. Face à face avec l’Histoire.

AD NAUSEAM

Et le travail de confrontation se poursuit, machines froides, réalité implacable, le rythme ne faiblit pas, les écrans sont saturés. Entre les dents de fer disparaissent visages promesses savoirs souvenirs. Consommer oublier détruire, passer au suivant lorsque traîne sur le sol vide et souillé la mâchoire mécanique. L’animal repu.

Il faudrait crier pour s’entendre. Crier pour entendre. Passer au-delà des rumeurs, des ordres, des autorités.

AD NAUSEAM

Dehors, dans le calme relatif des façades, d’autres œuvres de Tania Mouraud, en lettres capitales, son alphabet graphique, le langage du rythme, le déchiffrement à révélations, à retardement : « CEUXQUINEPEUVENTSERAPPELERLEPASSESONTCONDAMNESALEREPETER », « MEMEPASPEUR », « IHAVEADREAM »

L’artiste nous place entre deux sens, deux voies. A nous de faire la synthèse, d’imaginer le monde dans lequel nous voulons vivre.

du 20 septembre 2014 au 25 janvier 2015

MAC/VAL

Place de la Libération
94400 Vitry-sur-Seine

 

 

 

Auteur: Perrine Le Querrec

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