Steve Jobs

La tragédie de Steve Jobs, entrepreneur de légende et piètre papa. En trois actes, le réalisateur Danny Boyle et le scénariste de Social Network, Aaron Sorkin affrontent le mythe!

Il faut se préparer au style! Birdman est passé par là: un débit de dialogues sans fin sur des longs plans séquances absolument virtuoses. Et il faut aussi s’y connaître dans l’histoire du micro-ordinateur, de l’ingénierie et les marchés financiers. En gros, il vaut mieux connaître la vie professionnelle et tumultueuse de Steve Jobs, patron des patrons, Dieu du libéralisme, Phénix qui renaît de ses cendres pour se venger de ce même libéralisme qui lui a coûté si cher!

Aaron Sorkin est le scénariste qui s’intéresse aux puissants de ce Monde. Avec A la maison Blanche, il instaure les règles de la série politique. Avec Social Network, il montre la naissance du géant du net. Avec La Stratège, il critique le monde ultra libéral du sport. Avec Steve Jobs, il continue de transformer l’histoire contemporaine en une longue tragédie humaine où l’individu doit faire face à un univers sans pitié: le capitalisme.

Mais Sorkin n’est pas un communiste: il aime le spectacle. Il confie son scénario sur le roi d’Apple à Danny Boyle, cinéaste inégal mais talentueux qui se lance ici dans une cavalcade filmique autour d’un héros qui nous fait un peu pitié. Car le directeur général d’Apple, si heureux sur une scène est un pauvre type en coulisses!

Des ambiguïtés qui ne font pas peur à Michael Fassbender, habitué aux rôles border-line. Il joue cela comme une création shakespearienne: c’est la forme à laquelle s’accrochent les deux auteurs, le scénariste et le réalisateur. Comme tout cela a lieu après l’oscarisé Birdman, sur une forme similaire, ca sent un peu la récupération!

Boyle et Sorkin sont de flamboyants seconds: on pense beaucoup trop à Birdman avec sa théâtralisation outrancière et ses histoires de famille qui se mélangent au boulot. C’est très bien fait mais tout cela a un coté opportuniste. Ce qui gâche un peu la vision du film.

Il y a tout de même plein de qualités à ce film qui raconte habilement l’évolution d’un héros du Monde moderne. Si l’aspect familial est un peu caricatural, on se plait beaucoup à observer les petites revanches de Jobs dans un univers impitoyable.

Cependant le film est trop énorme pour être totalement honnête. C’est dommage car c’est le genre d’initiatives que l’on veut soutenir. De la fiction pour comprendre un peu plus notre monde: un autre regard!

Avec Michael Fassbender, Kate Winslet, Seth Rogen et Jeff Daniels – Universal – 3 février 2016 – 2h

Auteur: Pierre Loosdregt

Partager cette chronique sur

Submit a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

? * Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.

IP Blocking Protection is enabled by IP Address Blocker from LionScripts.com.