Snowden

C’était le sujet pour Oliver Stone. Le roi du complot face à un lanceur d’alerte pur et dur ! Le résultat est pourtant décevant entre des faits un peu trop vite expédiés et une romance qui frise parfois le ridicule.

Si on enlève toutes les chamailleries entre un Edward Snowden angoissé et sa petite amie très libérée, le nouveau film d’Oliver Stone serait revenu à une durée plus raisonnable. Mais bon le bonhomme n’est pas un habitué de l’ellipse.

La plupart de ses films sont longs et botoxés par une réalisation prétentieuse et pourtant passionnante car le cinéaste est un pur produit de l’Amérique, hanté politiquement par l’Histoire de son pays. Il a su aussi faire quelques grands films comme Platoon, JFK ou Nixon.

Mais Stone ne fait pas les choses à moitié. Quand il plante un film, cela donne du nanar qui fait mal aux yeux et aux oreilles. Il est capable de fulgurances comme il sait aussi se saborder ! Dans Snowden, on navigue entre ses deux eaux.

Le film reprend donc le documentaire Citizen Four pour en faire la structure d’un biopic héroïque sur le plus célèbre hacker de la planète, Edward Snowden. Ce surdoué de l’informatique est devenu un espion malgré lui et surtout il a découvert toutes les dérives sécuritaires des gouvernements américains, de droite comme de gauche (si on peut dire ça pour les Américains).

C’est la partie intéressante et assez classique du film qui nous remet une couche sur notre Monde ultra-connecté et surtout flippant. Le film à dossier fut longtemps la spécialité d’Oliver Stone qui retrouve de temps en temps sa verve et sa force de frappe. C’est beaucoup mieux que ses dernières œuvres, sans grande saveur.

Ici, il filme les dialogues comme des combats. L’amateur d’action qu’il est arrive à se limiter à des scènes assez simples et bien découpés.

Mais il tente une maladroite histoire d’amour contrarié mal défendu par Joseph Gordon Levitt et Shailene Woodley. Ce qu’on aime chez le cinéaste c’est plutôt les seconds rôles tenus souvent par des Outcast ou des bannis d’Hollywood. On adore les trognes de Nicolas Cage (loin de ses nanars alimentaires) ou l’excellent Rhys Ifans en mentor ambigu.

Après 2h15 de parano informatiques, on ne sait pas trop ce qu’il faut penser de ce film. Ode à un lanceur d’alerte ou film arriviste ? Espionnage mou de genou? Oeuvre consciente du Monde qui l’entoure? Sûrement un peu de tout ca quand on connaît la personnalité d’un réalisateur toujours amusant à suivre..

Avec Joseph Gordon Levitt, Shailene Woodley, Rhys Ifans et Melissa Leo – Universal – 2 Novembre 2016 – 2h15

Auteur: Pierre Loosdregt

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