Sicario

Plongée étouffante dans une guerre silencieuse mais sanguinolente, Sicario glace le sang malgré son décor si chaud.

Le Canadien Denis Villeneuve aime bien taquiner son spectateur. Ne comptez pas sur lui pour vous bercer avec tendresse. Rappelez vous le choc Prisoners! Il fuit les facilités pour aller à l’essentiel, faire frissonner avec un maximum d’efficacité.

Cette efficacité plait à Hollywood mais il reste un cinéaste assez sombre, observant les manipulations et les faiblesses de l’Homme. Il réunit donc encore un casting quatre étoiles pour désespérer de l’Humanité et sa violence. Cette fois ci, il nous plonge sans attendre dans l’enfer de la guerre des cartels.

D’un coté, vous avez la paisible ville de Chandler au Texas. De l’autre coté de la frontière, il y a Juarez et ses gangs sans pitié. D’un coté, il y a une agent douée mais jeune qui fait une sinistre découverte. De l’autre, il y a des barbouzes qui jouent avec les lois et la morale. Les deux parties ne vont pas avoir le choix que de travailler ensemble pour arrêter un baron de la drogue surpuissant.

Cela ressemble à un thriller sec mais c’est en fait un constat froid et glaçant. Villeneuve nous perd en quelques secondes au coeur de l’horreur, d’une zone de non droit écrasée sous le soleil. Ce qu’il voit c’est un combat sans fin, où il faut s’abandonner à la violence. C’est franchement dépressif.

L’agent Kate Macer est comme nous, incapable de maîtriser tous les coups tordus qui se préparent autour d’elle. Elle subit les magouilles politiques et les grandes manoeuvres militaro-policières. Les premières minutes sont un énorme coup de poing. Puis la suite ne nous caresse jamais dans le sens du poil.

Denis Villeneuve sacrifie tout pour l’efficacité maximale. Jusqu’au dépouillement. Jusqu’à des images abstraites qui font imprimer fortement vos rétines. Pourtant le récit en subit un peu les conséquences. On est un peu trop éloigné émotionnellement des personnages. Le constat est très vite fait par le cinéaste, bien avant le final. L’intérêt se délite doucement mais sûrement. C’est dommage car l’immersion est totale et spectaculaire. Le film a tout de même de nombreuses qualités pour emporter l’adhésion. C’est un excellent film noir, tourné sous un soleil de plomb!

Avec Emily Blunt, Benicio del Toro, Josh Brolin et Jon Bernthal – Metropolitan filmexport – 7 octobre 2015 – 2h

Auteur: Pierre Loosdregt

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