Sandra Bullock dans la quatrième dimension ! Voilà un raccourci simple pour résumer ce nouveau nanar dans la filmographie de la charmante comédienne. Prémonitions vous envoie dans une dimension peu appréciée au cinéma : celle de l’ennui.
Sandra Bullock sait jouer autre chose que la romantique midinette. Prémonitions le prouve. Elle joue très bien la maman résignée, entre taches ménagères, mari désintéressé, fillettes espiègles et étendage de linges dans le jardin. Femme au foyer, son personnage, Linda, est pas loin d’être désespérée.
Heureusement, sans explication, elle va commencer à vivre les jours dans le désordre. Ainsi elle apprend que son époux va mourir dans un accident de voiture. Elle croit d’abord à un cauchemar un peu trop réel puis elle comprend qu’elle a des visions de ce qu’il va se passer. Pendant que son entourage s’inquiète pour sa santé mentale, Linda va tout faire pour que l’inévitable ne se produise pas.
La maman relève un gros défi. Dans la salle, le défi est de ne pas s’endormir. Car si la prestation de Sandra Bullock est louable, le film aurait plus sa place dans la case horaire, d’après déjeuner, sur la sixième chaîne, à la place des téléfilms tristounets.
C’est mou comme une messe de vieux durant une canicule. Le scénario ne se dépatouille jamais de son principe fantastique. Pire, le film tombe dans un moralisme qui ne réjouira personne. Prémonitions est un vrai serment de curé, ce qui gâche sacrément l’ambiance.
Par moments, le film réussit à créer une ambiance oppressante autour du personnage central, perdu dans le temps. La description du quotidien révèle des bizarreries mais au lieu d’approfondir ce décalage naissant, les auteurs du film se concentre sur le drame familial, particulièrement ennuyeux et soupçonné d’être moralisateur.
Prémonitions n’est qu’un véhicule pour la star en mal de rôle dramatique. Si elle continue comme ça, c’est sa carrière qui méritera le terme de dramatique !
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 28/08/2007